‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 68 sur 331 · EXPICATION DES CÉRÉM. DE LA GRAND'MESSE · texte numérisé non relu

EXPICATION DES CÉRÉM. DE LA GRAND'MESSE

» en tout ce qui peut nous le représenter (1). » Tel a été le but que M. Olier s'est proposé en compo sant son Explication des cérémonies de la grand'messe de paroisse: il a voulu offrir aux ministres des autels des considérations pour aider leur esprit et pour occuper leurs cœurs, en s'acquittant de leurs fonctions diverses, sans vouloir exclure les autres explications dont on pourrait se nourrir avec un égal fruit. La manne du désert variait à l'infini, selon les dispositions et les désirs des Israélites. Il est vrai que des lecteurs peu versés dans la connaissance des auteurs de l'antiquité, trouveraient peutètre dans cet ouvrage, des explications qui leur paraîtraient forcées et arbitraires. Mais on sait combien d'allusions semblables on rencontre dans les écrits des anciens Pères ; ils n'ont pas cru s'eloigner des vues du Saint-Esprit en faisant un usage presque continuel du sens allégorique; et avec leurs lumières et leur esprit, nous serions plus modérés dans notre critique. lorsque nous lisons les auteurs modernes qui ont imité leur langage, surtout dans l'explication des cérémonies, où il est certain que tout est allégorique et mystérieux. « Les moindres cérémonies que l'Eglise

pratique, spécialement en cet auguste sacri-

fice, dit M. François de Perrochel, évèque de

Boulogne, dans l'approbation de cet ouvrage,

cachent sous leur petitesse apparente de très-

hauts mystères. C'est ce qui est dignement

exprimé dans ce livre dont la doctrine est si

solide , si sainte et si pure, que non-seulement » la foi et les mœurs chrétiennes n'y courent aucun

hasard, mais qu'elle est propre pour imprimer

dans les esprits et dans les cœurs une singulière

piété pour toutes les choses qui appartiennent à

notre sainte religion (2). » M. Charles de Bourbon, évèque de Soissons, dit pareillement dans son approbation: « Ce livre part d'un esprit si » cclairé et si pieux, et traite d'une matière si

(tournée chrétienne, partie 2° pe 47,48. 1655,

(2) Approba-

tion donnée

le

10 février 1657.

Cérémonies

la grand'messe.

Clermont - Fer rand1836.p.16.

(1) Approbation dut 5 février 1657. -Ibid. p.

(?) Vie Ms.de M. Olier, par M. de Bretonvilliers, t. 11, p.

* NOTE 3, p.

Comment M.

Olierformelcs prêtres à l'administration des sacrcments et les clercs aux cérémonies.

149 PARTIE 11!, LIVRE 111. — 1649 et suiv.

sainte et si sublime, qu'il ne doit emprunter son approbation et son crédit, que du mérite de son auteur et de la dignité de son sujet. L'auteur. bien loin de rien diminuer de la majesté de cet auguste mystère dont il explique les cérémonies, il en insinue la vénération, à mesure qu'il en donne l'intelligence. Il développe avec une nettetc ‘si rare toute l'économie de l'ancien Testament , il approfondit les mystères du nouveau avec tant de force, il applique la figure à la vérité avec tant de justesse, qu'il semble avoir renfermt dans son ouvrage toutes les raretés de l'une et de l'autre loi, de même que son sujet en contient toute.la perfection. Il n'éclaire pas seulement. mais encore il échauffe, il instruit et il édifie tout ensemble ; il délecte par la pureté du discours, il satisfait par la solidité des pensées, il convainct par la force du raisonnement, et partout il expri- » me la piété qu'il pratique (1). » Ajoutons qu'un autre avantage de cet ouvrage est de procurer l'intégrité parfaite des cérémonies, en empêchant qu'on n'en omette aucune, quelque petite qu'elle soit, à cause des significations des moindres rites. que M. Olier a eu l'attention de nous donner, et de la liaison de ces significations entre elles. Pour rendre sensible la grandeur du saint Sacrifice, et les dispositions dans lesquelles on doit l'offrir, il fit peindre un tableau qu'il aurait multiplié par la gravure et répandu parmi les ecclésiastiques, s'il n'eût été prévenu par la mort (2). Il représente le prètre, au moment de l'élévation, offrant cette victime auguste au Père éternel, dans toutes les intentions de l'Eglise, du ciel de la terre et du purgatoire*. Outre l'assistance aux exercices ordinaires des cérémonies, les séminaristes étaient employés tour à tour, au service de l'autel, tous les dimanches et fètes de l'année, et assistaient encore aux saluts le premier jeudi de chaque mois, ainsi qu'à tous les Offices, dans l'église paroissiale. Comme ces offices

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