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étaient longs et multipliés, plusieurs directeurs craignirent que cette assiduité ne nuisit au progrès des études, et témoignèrent le désir qu'on y renonçàt. M. Olier aurait cédé à leur avis contre sa propre persuasion +, mais l'on résolut apparemment de s'en rapporter à celui de M. Bourdoise, pour qui toute la communauté professait une singulière vénération. Du moins le serviteur de Dieu alla lui-mème le trouver à Liancourt, le 99 août 1647 ; et dès que M. Bourdoise eut connu le sujet de sa visite, il lui dit avec cette manière originale et sentencieuse qui le caractérisait en tout: Monsieur, monsieur, il faut travailler dans la hiérarchie, et non pas à côté (1), voulant dire que, pour former des ecclésiastiques destinés au service des paroisses, il devait les appliquer aux fonctions et aux emplois d'une paroisse. C'était, en effet, ce qu'on avait pratiqué jusqu'alors au séminaire. Lorsque quelqu'un avait reçu le sacerdoce, il passait à la communauté et servait de clerc aux prêtres qui administraient les sacrements dans l'église et chez les malades; et, après qu'il avait fait cette fonction pendant quelque temps, le supérieur l'employait à administrer les sacrements à son tour. et lui servait de clerc lui-même. afin de mieux le reprendre de ses fautes, et de l’instruire de ce qu'il pouvait encore ignorer (2). M. Olier avait d’ailleurs un autre motif pour maintenir cet usage: c'était la sanctification de ses paroissiens. Étant encore à
+ C'était la pratique de M. Olicr, de s'en rapporter ainsi à l'avis de ses confrères assemblés, plutôt qu'au ‘sien propre, même dans les choses que les réglements l'autorisaient à décider lui-même. Il était persuadé que Notre-Seigneur bénirait particulièrement cette conduite, et qu'étant réunis en son nom, on aurait plus d'assurance de faire sa trèssainte volonté dans les résolutions qui seraient ainsi prises par l'assemblée. Ce fût la conduite que tint aussi M. de
Bourdoise, Ms.
in-1°,p, 110.
(2) Mémoires
de M. du Ferrier, p. 189.
(3) Regist. des
assemblées du séminaire de S.-
Bretonvilliers, par respect pour l'exemple édifiant de M. Sulpice, 24 juil,
Olier, comme l'atteste M. Tronson 3).
(Rem. hist,, t1, p. 282.
Exemples remarquables de religion.M.
de Sève. Réponse au prince de Conti.
(2) Registre des sépultures du séminaire de Saint - Sulpice, 18 janv. 1674.
(3) Essai sur l'influence, etc.
(4) Vies Ms. de Grandet, 1. 1,et Lt. 1V, p. 54.
144 PARTIE II, LIVRE 111, — 1649 ct suiv.
Vaugirard, lui et les siens s'étaient dévoués, comme on l'a vu, au salut du peuple; et il désirait que le séminaire y contribuât de son côté, non-seulement en instruisant la jeunesse par les catéchismes, mais en assistant aux Offices divins, « pour rendre
visible, disait-il, l'esprit du séminaire qui autre.
ment demeurerait caché sans donner exemple i
l'Eglise, et sans mettre en pratique, pour l'édi- » fication des fidèles, les vertus et les grâces qu'on » y aurait reçues. » Il assurait que cela lui avait été dit plusieurs fois, dans son oraison, par Notre- Seigneur, contre l'opinion de quelques-uns qu eussent té d'avis d'abolir cet usage (1).
Entre autres exemples d'édification que la pitt des séminaristes offrait aux paroissiens, on remarqua surtout l'humilité d'un ancien magistrat, que M. Olier employa longtemps à remplir les fonctions d'acolyte. C'était Jean de Sève, seigneur de Mérobert (2), oncle maternel de M. Tronson, «t qui, étant devenu veuf à l'âge d'environ soixant ans, quitta sa place de Président aux enquêtes du Parlement de Paris (3), et vint s'offrir à M. Olier, pour embrasser l'état ecclésiastique. Le serviteur de Dreu l'accueillit avec bonté ; mais jugeant nécessaire d'éprouver sa vocation, il lui faisait exercer, tous les dimanches, les moindres fonctions à li Messe de paroisse. La maniere dont il s'en acquittait, montrait bien que sa vocation venait d'en haut. car cet ancien magistrat, devenu petit enfant pour Jisus-Curisr, s'estimait plus honoré de sa qualité dé simple acolyte, que de tous les titres d'honneur dont il avait été revètu autrefois (4).
L'étude des cérémonies et du chant ecclésiastique formait une partie essentielle de l'instruction qu'on recevait alors dans le séminaire; et l'usage était d'avoir un maître de chant, qui venait tous les jours y faire plusieurs lecons., L'importance qu'on attachait à cette partie de l'éducation cléricale, fit croire à plusieurs personnes que c'était la tin
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fr Victor de M, Olier Bossac, lor.
és cité par.
procédures Paul (3).
Tom. 11
ês, comirait que
k Bourdoise, in- )n-seule- un exemple remarquable de ce préjugé: Un jour #, p. 538. “chismes. que le prince de Conti, alors jeune ecclésiastique, ar rendre était venu à l'Office à Saint-Sulpice, où, sans doute, jui autre- la petitesse du lieu et l'affluence ordinaire n'avaient -xemple à pas permis de le recevoir avec la distinction due à our l'édi- une personne de son rang, il se trouva placé par ces qu'on hasard à côté d'un séminariste; et, profitant de lui avait cette rencontre, il lui fit cette question : « Monar Notre- » sieur l'abbé, faites-moi le plaisir de me dire ce uns qui » que l'on vous apprend donc au séminaire ? » Le séminariste ne répondit point. Le prince, qui e la pit croyait n'avoir pas été entendu, réitéra sa demande, on remar- sans recevoir plus de réponse. Enfin, il insista strat, que une troisième fois. « Monseigneur , répondit alors les fonc- » le séminariste, on nous apprend à garder le igneur de » silence à l'église. — Je vous suis très-reconnaisonson, tt » sant de cet avis, monsieur l'abbé, reprit le prince n soixante » de Conti, et je tâcherai de le mettre désormais aquêtes du » en pratique. »
a M. Olier, C'est surtout par ses exemples que M. Olier im- XXIL. = serviteur D primait dans les cœurs de ses disciples ces senti- Trait de re-
sant néceshit exercer.