M. DE SÈVE
» de ses charges, lui-même impose le silence à » son Église, et empêche d'y appeler ceux qu'il ne voit pas assez fondés pour y être promus.
» Anéantissez-vous devant Dieu, vivez en pa- » tience, et attendez en paix la voix de votre Maï- » tre, qui disait à ses disciples : Zn patientia vestra » possidebitis animas vestras. Il parlera bientôt ; » mais laissez-le parler, et que l’'humble sentiinent » de votre cœur, qui se voit si éloigné des parfaites » vertus de l'Ordre où vous aspirez, vous fasse » trembler. de peur d'être promu sans être aussi » établi que votre divin Maître le désire en tout » c qu'il demande de vous. Travaillez encore avec » courage jusqu'aux Quatre-temps de septembre.
> ou toute l'Église, par la pénitence et le jeûne. ) » demandera le supplément des vertus nécessaires
» aux ministres qui se présenteront à l'onction. » Tout le bien et toute la bénédiction de vos jours » dépendent des saintes dispositions de votre ordi- » nation, et de votre obéissance à la loi du divin
L» maître. Il n'agrée jamais les services de celui qui
» entre de force dans sa maïson, et qui n'a pas » attendu son choix et sa vocation avec respect . » humilité et patience (1). »
Cette lettre modéra l'empressement de M. de
: Seve : il s'abandonna entièrement à la conduite de
M. Olier, qui le fit promouvoir enfin aux saints Ordres. La suite montra que cette longue épreuve n'avait pas été sans fruit pour celui qui eut à la subir ; Car personne ne respecta plus que lui l'état ecclésiastique, et n'observa plus strictement les saints canons. Lorsqu'il eut été élevé au diaconat.
à on voulut lui dédier une thèse en Sorbonne. Com- } me on vint lui demander la série de ses titres pour
les mettre au haut, il ne voulut point en prendre d'autre que celui de diacre; et quelques instances qu'on lui fit, il exigea que la thèse parût avec ce titre: Joanni de Sève Diacono (2). M. Bourdoise lut si charmé de cette haute estime pour l'état
(1) Lettres spirituelles de M.
Olier. Lett. vi, p. 16 et suiv.
Exactitude de M. de Sève à observer les rubriques et les canons.
(2) Gradet, 1, Let t. 1V, ;. 54, et après lui l'auteur de lEssai sur l'influence,
ete. 1.1, p. 335, l'appellent Pier re au lieu de Jean.
2 2 VO am 7 D 2 RO 25 Amine +2 > Copa gi ct ère di ,
Bourdoise,in-4°, p. 416,
2) Généalogies des Maitres des requêtes, Ms. de la Bibliothèque de l'Arse: al.
(3) Grandel, Vics Ms. Ibid.
* NUTE 4, p.
Zele pour l'instruction chrétienne de la jeunesse.
Association pour demander à Duru de saints maitres d'écoles.
ecclésiastique, qu'il vint exprès en féliciter M. de Sève, et qu'il envoya à l'abbé de Val-Richer six exemplaires de cette thèse en lui disant: « Elle est » dédiée à un diacre qui a préféré cette qualité à » celle de président, à laquelie il a renoncé pour » donner tout entier au Seigneur et au service de » l'Église (1). » L'esprit de mortification et de pinitence dont M. de Sève fit profession le reste de ses jours, ne l'empêchait point d'avoir une conversation très-agréable, et d'y mêler toujours quelques mots enjoués. Fidèle à toutes les règles de la discipline ecclésiastique, il portait toujours les cheveu courts, observant à la lettre le canon Pateant aures. ce qu'il appelait en riant: avoir ses patentes. Un jour que l'abbé de Sève, son neveu, depuis évèque d'Arras (2), se présenta devant lui avec des che veux assez longs: « Eh quoi! lui dit-il, vous r': » vez donc pas vos patentes? » Il voulait qu'on observât scrupuleusement coutes les rubriques, & il pouvait être proposé lui-mème comme un modik de cette parfaite ponctualité. Voyant un jour un prètre qui s'habillait pour aller dire la sainte mes se, et qui se contentait de mettre l'amict sur «s épaules, sans l'avoir mis sur sa tête auparavant « Comment peut-il donc se faire, Monsieur, lui » dit-il, qu'avant de célébrer le saint Sacrifice. » vous ne vous fassiez point scrupule de mentir: » Vous dites à Dieu d'imposer cet amict sur votre » tête, et vous ne le mettez que sur vos épaules ? » M. Olier estimait singulièrement un ecclésiastique si ztlé pour le culte de Dieu; en toute occasion | lui témoignait l'affection la plus tendre et la plus sincère, et, lorsque le bâtiment du séminaire eut été construit, il v fit percer une porte de commurnication pour donner à M. de Sève, qui demeurait dans une maison contiguë, la facilité d'y venir frcquemment (3)°.
L'un des exercices les plus utiles aux séminaristes de Saint-Sulpice, ct les plus propres à dévelop-
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