FERVEUR DU SÉMINAIRE
instituteur des Frères des écoles chrétiennes, vint puiser le zèle ardent qu'il sut communiquer à sa société. Quoiqu'il n'eût pas connu M. Olier, il éprouvait pour lui une si grande confiance et une affection si filiale, qu'il ne l’appelait pas autrement que son père (1). À son exemple, il alla jeter d'abord à Vaugirard les fondements de sa communauté ; l'ayant ensuite transférée près du séminaire de Saint-Sulpice, il tenta, mais sans succés, de l'agréger à cette maison. La diversité d'esprit et de fonctions de ces deux sociètés ne permit pas apparemment qu’on lui donnât cette sagisfaction qu'il demandait avec beaucoup d'instances (2). Le vénérable Grignon de Montfort, que le souvenir de la sainte vie de M. Olier avait attiré au séminaire (3), et qui y déploya tant de zèle pour la sanctification des e1fants du faubourg Saint-Germain (4), puisa pare‘ilement à cette école, Fesprit qui subsiste encore dans les Sœurs de la Sagesse, l'une des congrégations les plus nombreuses qui existent en France, et qui est répandue principalement dans les province; de l'Ouest (5). Nous devons en dire autant de M. Démia. Quoiqu'il n’eùt pas connu le serviteur de Dieu , il l'invoquait comme un saint ; et, après être sorti du séminaire, il se livra tout entier à la sanctification de la jeunesse, principalement à Lyon, où il institua une société de maîtres d'écoles et une autre de pieuses maîtresses, connues encore aujourd'hui sous le nom de Sœurs de Saint-Charles, et répandues surtout dans le Midi (6).
Sous la direction de M. Olier, le séminaire de Saint-Sulpice ne le cédait en rien, pour la régularité, aux plus saintes communautés de la capitale : et chacun des nouveaux membres qui venaient s'y incorporer, croyait y retrouver la société des premiers disciples du Sauveur. L'amour du monde en tait tellement banni, que chacun aurait eu de grands remords de conscience d'en parler avec la
(1) Remarques Ristoriques, 1, 1, p. 96.
(2) Lettres de M. Leschassier, t. vi, Lyon, p.
537, 11 novembre 1706.
(3) Vie du vénérable serviteur de Dieu GrignondeMontfort, in-8°,1838, n. 28.
(4) Vie du méme, par Picot de Clorivière,p.10.
5) Essai sur l'influence, t. 1, p. 434.
Démia, instituteur des Sœurs de Saint-Charles, :n-8°.— Essai sur l'influence, etc. {. lu, p. 327.
Ferveur du séminaire de St-Sulpice.
DR - Hey
(1) Mémoires de M.Baudrand, p. 61.
(2) La manière dont on se comporlait auséminaire de Saint- Sulpice, in-32, 1837,p,#ets.
154 PARTIE f11. LIVRE Hi.
moindre estime, et eût fait aux autres une pein très-sensible d'en parler ainsi. S'il en était question, c'était pour le décrier à l'envi. Par amour pour la pauvreté, on faisait gloire en tout de ce qui ctait le plus pauvre. On avait un saint empressesement pour tous les emplois humiliants, ou dans lesquels il y avait de la peine , et l'on demandait avec ardeur de les remplir. La charité fraternelle qui tait regardée comme le caractère particulier de la maison, semblait ne faire de tous qu'un cœur et qu'une âme. Personne ne possédait rien qui ne füt à ses configres : il fallut même donner des bornes à ce grand désir de rendre service au prochain Quoique le séminaire fût composé d'ecclésiastique de diverses provinces, chacun en y entrant renonçait à toutes les attaches du pays, de la parenté: et entiérement abandonné à la volonté du supérieur. dans qui on reconnaissait Dieu lui-même. on serait allé au bout du monde sur son simple conseil. Plusieurs poussaient si loin l'obéissance, que le suptrieur Ctait obligé d'apporter une particulière attention à toutes ses paroles, afin de ne rien dire qu pût être pris pour un ordre de faire quelque chos nuisible à leur santé (1). En toute occasion, on témoignait la dévotion la plus tendre envers la trèssainte Vierge, surtout en ne faisant ou n'entreprenant rien sans lui en demander auparavant la permission. Chacun saluait son image en entrant dans sa chambre ou dans celle de son directeur, et aussi en en sortant; on parlait souvent de la dévotion envers Marie et de ses pratiques. comme de jeûner. et faire quelques mortifications la veille de ses fêtes On parlait aussi très-souvent de l'union à Notre- Seigneur ; et c'était une pratique générale de porter toujours sur soi un crucifix et une image de Mari. afin de s'en rappeler plus fréquemment le souvenir (9).
D'aprés le désir de M. Olier, chacun avait un où deux moniteurs qui l'aveitissaient de ses fautes.
Au pre vraient se rega les deg luait s0 une sin spiritue dans de qu'ils y frait. D douceu autres , répugn personn qu'on s'( sations trouvait une do ctranger que M.
quemm venait t eût fo la pein voler c cette 1 élevée jusqu:
» ami:
peintu solide On pet la cure d moyens ment de chrétien:
au sémi dans la stes qui
une peine tait quesar amour de ce qui mpresseou dans lemandait ‘aternelle, Jarticulier \'un cœur ien qui ne r des borprochain siastique:
nt renonarenté ; et supérieur.
. on serait nseil. Plu- > le suptère attenn dire qui que chose on, on térs la très- ‘entreprent la perrant dans r, et aussi dévotion de jeüner.
ses fêtes à Notrede porter de Marie.
le souve-
ait un où s fautes.