ÉTUDES ECCLÉSIASTIQUES
Au premier son de la cloche, toutes les portes s'ouvraient; on observait:un rigoureux silence; on ne se regardait pas, même dans les corridors, ni sur les degrés ; et lorsqu'on se rencontrait, on se saluait souvent sans se connaître. Chacun témoignait une singulière affection pour le bon ordre et le bien spirituel de la maison; la plupart même ctaient dans de grands sentiments de reconnaissance de ce qu'ils y avaient té reçus, et de ce qu'on les y souffrait. Dans les récréations, on s'entretenait avec douceur, honnêteté et déférence les uns pour les autres, chacun se faisant un plaisir de vaincre les répugnances qu'il pouvait ressentir pour certaines personnes et de leur témoigner plus d'amitié. Quoiqu'on s'entretint de matières de piété, les conversations étaient toujours gaies et agréables ; et l'on trouvait dans toutes les personnes de la maison une douceur et une affabilité qui charmaient les etrangers (1).ÈM. de Lantages," pendant le temps que M. Olier Cprouva sa vocation, se rendait frèquemment aux récréations du séminaire, et en revenait toujours singulièrement édifié. « Quoiqu'il y » eût fort loin du logis où j'étais, dit-il lui-même, » la peine ne m'était rien, et il me semblait plutôt » voler que marcher; tant j'avais de joie d'aller dans » cette maison. J'y découvrais une perfection si » clevée au-dessus de ce que nous avions pratiqué » jusqu'alors, qu'étant de retour, je disais à un » ami: Vraiment, nous ne sommes dévots qu'en » peinture. fc'est au séminaire que l'on pratique la » solide dévotion (2). »
On peut se rappeler que quand M. Olier accepta la cure de Saint-Sulpice, il avait compris qu'un des moyens pour travailler efficacement au renouvellement de la piété serait de pénétrer des maximes chrétiennes les docteurs qui viendraient se former ai séminaire, et d'accréditer ces mêmes maximes dans la Sorbonne par le moyen des séminaristes quiiraient y prendre leurs leçons. Mais, en
(4) La manière dont on se conduisait, etc.
de l antages, in- 89, liv. 1, n. x, p. 14.
Combien M.
Olier recommandait l'étude à ses ecclé-
siastiques.
(1) La gloire du tiers-ordre de Süuint François, 2° partie, p. 259 et suiv.
donnant à la piété la prééminence sur la science. il ne cessait pas de recommander à ses disciples l'application aux études propres de leur état. Dans les entretiens qu'il leur adressait, il s'efforçait de leur persuader que si l'Eglise est un corps dont les prètres sont les yeux, ils doivent l'éclairer ; si elle est un vaisseau dont ils sont les pilotes, ils doivent la conduire au port; une cité dont les clefs leur sont confites, ils doivent savoir discerner ceux qu'il y faut admettre de ceux qu'il en faut chasser: que si elle est une académie dont ils sont les maitres, ils doivent instruire ceux qui la fréquentent: qu'enfin, si c'est une armée dont ils sont les capitaines, il sont destinés à la conduire et à la proté. ger, dans un lieu inconnu et parmi des ennemi qui ne cherchent qu'à les surprendre. « C'est dans le confessionnal, disait-il, qu'il faut rendre promptement, sans secours et sans consulte, des arrêts sur les matières les plus importantes qui soient jamais tombées entre les mains d'aucun: juges, dont il n'y a point d'appel, et sur quoi les hommes se fondent pour l'éternité. C'est dans les chaires que l'on est obligé de parler pour les savants et les ignoranis, de soutenir les vérités de l'Evangile, de combattre les vices, de résister au torrent de l'opinion, de confondre l’hérésie et de découvrir ses détours, ses impostures et ses fausses conséquences, avec des couleurs si vives et si naturelles, que les plus grossiers puissent juger de sa malice selon toute son étendue ; ce qui suppose nécessairement une science plus élevée. plus profonde et plus fténdue que celle du commun: une science d'une trempe plus forte que ne la donne l'étude particulière : une science, enfin. qui ait été éprouvée dans les écoles et dans les académies (1). »
En conséquence, M. Olier, exposant dans un petit écrit la fin du séminaire de Saint-Sulpice, s'exprime ainsi sur les études : « On aura soin que rien ne
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