‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 76 sur 331 · NÉCESSITÉ DE L'ÉTUDE POUR LES CLERCS · texte numérisé non relu

NÉCESSITÉ DE L'ÉTUDE POUR LES CLERCS

» manque de ce qui peut servir à l'instruction des » clercs, soit dans la doctrine, soit en ce qui regar- » de la piété. La société s'efforcera donc d'instruire » chacun selon sa portée, dans la philosophie, la » théologie scolastique, morale et positive, et aussi » dans les controverses, afin qu'ils soient toujours » prèts à rendre raison de leur foi. » Mais il déclare, en même temps, que le grand et principal objet de la sollicitude des directeurs sera de former de saints prêtres, des hommes appliqués à l'oraison, qui est, dit-il, la source et la vie des vertus. et l'exercice absolument nécessaire pour arriver à la perfection sacerdotale. II veut enfin que l'étude soit un nouveau moyen d'acquérir les vertus, en sorte qu'on devienne plus vertueux à mesure qu'on devient aussi plus savant; et, pour ne rien laisser à désirer sur une matière si pratique et si importante, nous rapporterons ici les principaux avis qu'il donnait sur ce sujet.

« Parmi tant de personnes qui s'adonnent à l'é- » tude, hélas! qu'il y en a peu qui en retirent » beaucoup de fruit! La science, qui devrait aug- » menter l'amour de Dieu dans les cœurs, y est un » des plus grands obstacles à ses grâces, parceque » dans l'étude on n'a point en vue JÉSUS-CHRIST » seul, Si vous n'étudiez pas par principe de piété. » toutes vos connaissances ne serviront qu'à vous » rendre plus vains, plus remplis de vous-mèmes, » plus opiniâtres et plus attachés à votre propre » jugement ; en un mot, d'autant plus desséchés » dans la dévotion, que vous acquerrez plus de » science (1). La science sans enflure est un mira- » cle: Scientia inflat. Oui, c'est un miracle que de » voir un homme savant qui ne s’estime point » quelque chose. Le premier ange ne s'en défendit » point, et ne put pas se soutenir sur ce pas glissant: {n veritate non stetit. C'est là la grande » science de savoir qu'on n'est rien, et de bien » discerner son néant au milieu de ses dons: Qui

NXIX.

Avis de M. Olier sur les dangers de la

science.

(1) Esprit de M.

Olier, t.

it, p.

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(1) Discours sur M. de Sales, l'° partie.

En quoi consiste la science des chré-

tiens, d'après ?

se existimat aliquid esse, cm nihil sit, ipse se sedu- » cit: voilà une vraie science et un grand discer- * nement. Car c'est une vanité très-dangereuse, et la superbe la plus venimeuse et la plus mortelle que celle de l'esprit, celle surtout qui est tirée de la science. Oh qu'il y a peu de savants chrétiens! » c'est-à-dire, qui demeurent dans l'anéantissement avec leur science; oh qu'il y en a peu! Cette va-

» nité est celle de laquelle on ne revient quasi ja-

mais, parce que la science va croissant avec l'âge et l'expérience (1).

» Le grand mal, c'est qu'on n'étudie point dans * un esprit chrétien. Pour entendre ceci, il faut savoir qu'il y a trois sortes de sciences: la première est purement humaine; la seconde, divine simplement ; et la dernière, divine et humaine » tout ensemble. La science purement humaine était celle des païens, qui n'étudiaient que dans un principe humain, et par le seul effort de leu propre puissance. Ils n'étudiaient non plus que pour une fin purement naturelle, telle que la satisfaction de leur propre esprit. la vue de leur * propre perfection, et enfin l'estime et la louange > humaine: et il n'ya que trop de chrétiens qui » étudient de la sorte. La science infuse et pure- . ment divine est mise au rang des dons du Saint: Esprit. C'est celle que Dreu a donnée autrefois aux Apôtres et à quantité d'autres Saints. qui n'avaient ni le temps pour étudier, ni les dispositions pour acquérir les sciences nécessaires à

» leurs ministères. La troisième est humaine et

divine tout ensemble; c'est proprement la vraie » science des chrétiens, et celle dont parle le Sage, » lorsqu'il dit: Dedit illi scientiam Sanctorum, complevit labores illius. Celle-ci n'est point donnée » par infusion et sans travail : elle participe de l'un et de l’autre. Ce n'est pas une science comme était celle d'Adam: elle est de la nature de la grâce et des vertus chrétiennes. qui s’acquièrent

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