‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 77 sur 331 · DANGER DE LA SCIENCE · texte numérisé non relu

DANGER DE LA SCIENCE

» avec travail. Chacun sait que, par le péché ori- > ginel, l'homme a perdu le droit à la science et » aux vertus dont il était revêtu avec l'innocence : » JÉSUS-CHRIST par ses mérites nous a donné le » droit et la capacité d'acquérir. mais avec travail, » la science et les vertus. De mèmeu'on acquiert » la nourriture du corps au prix de ses sueurs. > après avoir perdu le droit à la vie: /n sudore vul- » tûs tui vesceris pane tuo; ainsi en est-il de la » nourriture de l'esprit, qui consiste dans les ver- » tus et la science (1). »

M. Olier concluait de là que, pour étudier chrétiennement, nous devions entrer dans des dispositions d'humilité, étant convaincus de notre impuissance, si JÉSUS-CHRIST ne nous éclaire ; dans des dispositions de pénitence, surmontant avec courage les peines inséparables du travail; enfin de zèle pour la gloire de Dieu, qui doit être la fin de toute étude chrétienne.

Pour s'établir dans la première disposition, il vouhit qu'après s'être convaincu qu'on n'est rien par soi-même, qu'on ne vaut rien, qu'on ne peut rien, qu'on ne sait rien, on allât chercher la science en JÉsUS-CHRisT, où Dieu le Pére l’a renfermée pour la répandre de là sur l'Eglise : et qu'on regardât les livres comme des réservoirs où JÉSUS-CHRIST l'a mise pour nous (2). Il désira mème, afin de renouveler frèquemment le souvenir de cette vérité, qu'on plaçât dans la bibliothèque du séminaire la statue du Sauveur, comme étant la sagesse éternelle et la lumière des docteurs, avec cette inscription au-dessous: Quæcumque audivi à Patre, nota feci vobis (3). Voici quelques-uns des sentiments qu'il suggcrait à ses disciples pour entrer dans cet esprit. et qui se trouvent dans le recueil des Actes intérieurs qu'il avait composés pour leur usage : « Souf- » frez, à JÉsus, que je sois à vos pieds durant cette » ctude, afin de recevoir de vous quelque rayon ‘qui vienne m'éclairer. Je ne suis qu'un chaos

(1) Discours sur M. de Sales, 1 partie.

Étudier avec humilité, en esprit de pénitence, et pour la gloire de Dieu.

(1) Esprit de M. Olier, t. mi, p. 590. — Actes intérieurs, élu:

des.

Olier, par M. de Bretonvilliers,t.

*NÔTE 5.p.179.

re

res

(1) Actes interieurs, étude.— Journée chrétienne. Actes devant l'étude, 1655, p. 2h. 29,

(1) Actes inté-

rieurs,elc. p.25, 26. — Esprit de M. Olier, t. 1, p. 591,

que pour procurer par là la gloire de Dareu, €t

d'ignorance et de confusion, et je confesse que je n'en puis sortir que par un saint commendement qui fasse en moi ce qui fut fait dans ke chaos du monde: Fiat lux ; et alors je serai hor: de la confusion et des ténèbres de la nuit. Verbe divin, qui v@us êtes incarné pour être notre Maitre, je vous conjure de vouloir ouvrir mon esprit à votre vérité. Dans l'ignorance où je me trouve, et dans l'aveuglement d'où je confesse , mon Du, ne pouvoir sortir que par votre lumière.

si jamais j'avais la présomption d'être devenu savant par moi-même, ne serais-je pas bien malheureux? Je serais alors plus aveugle encor que je ne le suis maintenant (1).

» Je dois être privé de toute lumière naturelle et divine, à cause de mon premier péché, et à cause de ceux que j'ai commis après le saint Baptème J'avais alors une sainte lumière que j'ai perdue par mon péché : je sais bien, mon Seigneur. que je suis indigne de cette grâce; mais au moins que je pleure à vos pieds l'aveuglement où ma réduit le péché de mon âme. Vous voulez qu'on souffre et qu'on endure, qu'on veille, qu'on soupire, et qu'on acquière avec travail cette viande intérieure qui nourrit notre âme: vous voulez que la science se rachète par la peine, de même qu'on se prépare la nourriture du corps par li sueur de son visage: mon Drev, j'en suis content Vous avez mis cette douce substance de la sagesse dans des épines très-aigues : vous avez mis cet aliment sous des écorces amères, qu'il faut goûter avec affliction : c'est afin de nous faire gtmir, mon Du, auprès de vous pour nos péchés c'est pour nous faire souvenir d'où nous sommes déchus, et pour nous obliger à demander la grâce de recouvrer, par votre Fils, la science et la lumière que nous avions perdues (2). »

M. Olier désirait enfin que l'on n'étudiàt jamuis

devenir » disait » direct » étude:

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