‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 78 sur 331 · DISPOSITIONS POUR L'ÉTUDE · texte numérisé non relu

DISPOSITIONS POUR L'ÉTUDE

devenir plus capable de servir l'Eglise. « Pour cela, » disait-il, n'étudiez que par dépendance de votre directeur, non seulement pour le choix de vos études. mais aussi pour le temps que vous devez y donner. Si vous vous tloignez de sa volonté, ce n'est plus l'Esprit de Notre-Seigneur qui vous porte à l'étude, c'est l'esprit propre qui veut satisfaire sa curiosité. Gardez-vous bien de retrancher aucun des exercices spirituels pour donner plus de temps à l'étude: vous devez au contraire. être d'autant plus assidu à vos exercices, que » vous avez plus à craindre, dans vos études, la vanité et l'attache à votre propre jugement (1). Renoncez ainsi à toute curiosité, vous arrêtant un peu pour vous élever à Dreu quand vous rémäiquez trop d'activité et d'ardeur. Sou- » pirez de temps en temps après la parfaite posses- » son de Dieu, où nous trouverons la connais- » sance entière de ce que nous ne connaîtrons » jamais ici-bas que très-imparfaitement (2). »

On conçoit qu'un homnmie aussi ennemi du propre jugement que l'était M. Olier, devait avoir en horreur les contentioris et les disputes qu'il engendre si souvent. Il disait aux siens que le jugement propre est le plus grand obstacle à la lumière de Du, et par conséquent aux progrès dans les sciences : que c'était un Goliath terrible que l'humilité seule pouvait abattre et terrasser, l'appui de la superbe, la source ordinaire des troubles, des inquiétudes, l'origine des divisions, des schismes, des hérèsies et des plus grands scandales dans l'Eglise (3). Ce n'est pas qu'il condamnût les disputes usitées dans les écoles et parmi les gens de lettres: nous avons vu qu'au contraire il en avait ctabli au séminaire de Saint-Sulpice : mais ce qu'il condamnait, c'étaient les dérèglements de l'amourpropre, qui, lorsqu'il préside à ces exercices, les change en contentions toutes profanes, et y blesse i la fois toutes les vertus. Voici les avis qu'il don-

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(1) Esprit de M. Olier, 1. in, p. »88.

(2) Ibid. page

M. Olier baunit du séminaire les disputes et les contentions.

(3) Esprit de M. Olier, t. im, p.511, 593, 594.

Sentiments de M. Olier sur la manière d'argumenter et de répondre dans les exercices publics.

(1) Divers écrits de M. Olier, t1, p. 233 — Recueil, ibid, 3° avis, fol. 17,18.

— Esprit de M.

Olier, t. 11, p.

nait à ses disciples pour les prémunir contre ces

dangers.

» Ne disputez jamais par vanité et pour faire paraître votre science. mais seulement pour rechercher la vérité si vous l'ignorez encore. où pour vous y affermir davantage si vous la connaissez déja. Celui qui dispute par vanité fait profession de ne point céder : il cherche dans sa propre force ét dans sa vigueur naturelle de quoi soutenir ses raisons ct s'opposer à sa partie adverse, ce qui oblige celle-ci à s'élever et à se fortifier de son côté dans l'abondance de son propre sens. Dans tout cela, on ne trouve pas un brin de foi, d'esprit de sacrifice. d'anéantissement; on n'y voit que désir de la gloire, de s'établir juge. maitre et roi sur tous ; ce qui est la place du démon. C'est faire le métier de Lucifer. qui contestait pour avoir un trône élevé dans le ciei par-dessus toutes chos:s. On peut bien proposer ses difficultés pour éclaireir ses doutes par l'exercice, mais lorsqu'on nous a satisfaits, il ne faut pas contester davantage. Dans cette simple et ingénue confession de notre ignorance et de la capacité des autres. se manifeste la candeur des humbles, mais c'est le supplice des orgueilleux (1).

» On fera profession au séminaire de ne disputer jamais qu'avec simplicité. dégagement et humilité; adorant Jiésus-Cnrisr au milieu des docteurs. Quoique le Fils de Dieu eût en lui tous les trésors de la science et de la sagesse de son Pere. toutefois il était au milieu des docteurs, Les écoutant et les interrogeant; et c'est l'action d'une personne qui semble ignorer les choses et qui veut s'en instruire. Voila la règle que vous uvez suivre dans vos disputes. Afin donc d'imiter cette humilité profonde du Fils de Dieu, gardevous bien de faire les maîtres en disputant, mais comportez-vous de telle sorte qu'il paraisse que

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