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1642. — ESPRIT DE LA COMMUNAUTÉ. 175 jour, il se présentait un grand nombre de questions, les plus difficiles qu'on püt imaginer ; et ii est certain, ajoute M, du Ferrier, que cette conversation se faisait avec un grand profit des assistants, et valait une grande étude, Un autre avantage précieux de ces conférences, c'est qu'elles tendaient à introduire, parmi les membres de la communauté, les mêmes maximes pour la conduite des âmes. Afin qu'ils n'eussent tous, en effet, qu’un mème esprit, M. Olier arrêta , de concert avec eux, un certain nombre de principes généraux, qui devaient servir de base à leurs décisions, et auxquelles tous promirent de se conformer. Il voulut, d'après le vœu du père de Condren , qu'ils suivissent pour règie les Instructions de saint Charles Borromée aux confesseurs deson diocèse ; et afin de ramener tous les esprits aux sages principes de ce grand cardinal, il fit imprimer, pour la première fois en France, les Actes de l'église de Milan.
M. Olier comprit que le moyen d'attirer tous ces ecclésias— tiques à une vie fervente et apostolique , était de se conduire lui-même si parfaitement qu'il pût servir de modèle à tous. I se fit donc une loi de vivre en commun avec eux, et de suivre les mêmes exercices. « Notre-Seigneur m'a montré, » écrivait-il, qu’il ne fallait pas gouverner en commandant , » mais en donnant l'exemple surtout de la douceur et de l’hu- » milité; etque c'était le moyen pour faire profiter les âmes.» Il n’ignorait pas non plus qu'un véritable pasteur, et un digne chef de communauté, doit être toujours prèt à sacrifier ses biens , sa santé et sa vie pour ceux dont il a la conduite ; aussi voulut-il commencer l'exercice de sa nouvelle charge en faisant vœu de servitude à tous les chrétiens. IIs'obligeait, par ce vœu, à les considérer comme les maitres de son temps, de ses biens e: de sa personne, dont ils avaient tous droit d'user selon leurs besoins ; et quelque difficile que paraisse un tel engagement dans la pratique, il ne lui causa jamais la moindre inqui‘ ‘ude : preuve incontestable qu'il avait Dreu pour auteur. Convaincu enfin que, en sa qualité de pasteur de sa pa-
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roisse et de chef de sa communauté, il ne pouvait donner des exemples d'une perfection trop sublime , il fit encore le vœu de pratiquer, le reste de ses jours , tout ce qu'il croirait être le plus parfait.
Le dessein de M. Olier, en donnant tous ses soins à la formation de cette communauté, n'était pas seulement de procurer par là le renouvellement de sa paroisse : il avait surtout en vue de montrer à tous les pasteurs les moyens de réformer leurs troupeaux , en <e réformant eux-inêmes. Le rétablisse— ment de l’ordre sacerdotal était, en effet, le désir le plus ardent , et le vœu continuel de son cœur : et nous rapporterons ici quelque chose des beaux sentiments qu'il a laissés par écrit sur cette matière, « Seigneur, si nous voyons maintenant re— » fleurir les Ordres de vos saints, si nous voyons l'oraison » régner parmi les Carmes ; le zèle du prochain , parmi les » Jacobins ; chez les Augustins, l'amour de Dieu ; jermi les » Bénédictins, la retraite du siècle et la mort entière au » monde; enfin si rous voyons réformer tous les Ordres , le » votre, Seigneur, sera-t-il donc seul délaissé ? Ne voulez- » vous pas relever votre maison tombée en ruine ? Seigneur, » vous en êtes le chef, vous en êtes le fondateur : les autres » Ordres ont des hommes pour patrons, et ils sont tous re- » nouvelés ; laisserez-vous à jamais périr le vôtre ?
» Seigneur Jésus, vrai pasteur de l'Eglise universelle , ap— » portez un prompt remède à ses besoins ; suscitez quelques » personnes qui renouvellent l’ordre divin des pasteurs avec » autant d'amour et de zèle que saint Dominique a établi le «sien dans votre Eglise. Embrasez du feu de votre amour et » de votre religion des hommes qui le portent ensuite et le » répandent partout le monde ; si je n'étais si misérable , si » superbe, si je n'étais le cloaque de toute ordure et de toute
» infection , que je me présenterais volontiers à vous, pour » servir à tout ce qu’il vous plairait dans votre Eglise ; qu® » je m'offrirais de bon cœur, et m'abandonnerais comme je le » fais dès à présent, comme un vase perdu ! Je vous ai voué
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