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qu'exigeait le soulagement de plusieurs milliers d'indigents ; il avait besoin d’un homme attentif :{ expérimenté, sur qui il püt se reposer de cette obligation si importante de la charge pastorale, et il sembla que la Providence eût préparé de longue main un homme doué de toutes les qualités nécessaires pour remplir sagement cet emploi. Ce fut un pieux laïque, nommé Jean Blondeau, plus connu sous le nom de frère Jean de la Croix. Il avait été domestique du père Bernard dit le pauvre Prêtre, qui l'avait pris parmi les mendiants, ayant remarqué en lui un très-bon sens et une parfaite intégrité, Le frère Jean accompagnait toujours M. Olier dans les visites générales des pauvres,
Ce charitable pasteur savait se faire tout'à tous ; il écoutait avec intérêt le détail de la position de chacun, de peur de laisser un seul de ses paroissiens dans le besoin, faute de bien connaitre son état; et, dans chaque visite générale, il distribuait pour le moins quinze cents livres. Aimant les pauvres comme une mère aime ses enfants, il payait encore les mois de nourrice, plaçait les orphelius, procurait du travail aux filles qui mariquaient de pain, et, à la fin de chaque semaine, il leur faisait donner une somme réglée, par de charitables paroissiennes, chargées de veiller sur leur conduite et sur leurs nécessités. Deux jours de la semaine, il faisait donner la nourriture à un grand nombre de mendiants, qu'on a vus quelquefois jusqu'à neuf cents ; et souvent, pour les vêtir, il faisait acheter de la toile et des étoffes. Toutes ces aumônes l'obligeaient à mettre des son:mes considérables entre les mains du frère Jean, à qui ilne refusa jamais rien de ce qu'il demandait : tant il se confiait en la divine Providence. Quelquefois , à la vérité, il se voyait sans argent ; mais la foi vive avec laquelle il ‘ecourait alors à l'assistance de la très-sainte Vierge, faisait bientot arriver les secours. « La bourse du » Père des pauvres, disait il, es! inépuisable pour ceux qui » se reposent sur lui, » Il avait attaché aux sacs destinés à renfermer les sommes pour ses pauvres, une image de la
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1645. — SOIN DES PAUVRES. 199 sainte Vierge, qu'il avait établie leur avocate et la gardienne de leur trésor, et l'on à plus d'une fois admiré comment ces sacs, qu'il vidait si souvent, semblaient cependant être inépuisables, Car lorsqu'on y songeait le moins, on apportait au presbytère de quoi les remplir de nouveau.
M. Olier, uès la première année qu'il fut curé de Saint Sulpice, rétablit et perfectionna la confrérie de la Charité pour le soulagement des malades. Cette picuse institution, formée depuis plus de dix ans sur cette paroisse, par saint Vincent de Paul, n'existait déjà plus, ou était presque éteinte. Pour la ranimer, M. Olier réunit les dames de sa paroisse les plus zélées et les plus dévouées au soulagement des pau vres, et leur donna des réglements que saint Vincent de Paul lui cvait communiqués. Les ayant ensuite déterminées à aller servir elles-mêmes les malades, il crut devoir prier saint Vincent de venir les y animer encore lui-même dans une de leurs assemblées, et lui écrivit la lettre suivante : « J'ose » prendre la fiberté, pour la gloire de Jésus-Curisr et le » service de ses membres, de vous supplier , si votre com » mouité le permet, de vouloir prendre la peine de venir en » courager nos dames de la Charité, Elles s'assemblent au- » jourd'hui, pour trouver moyen d'aller servir les pauvres » elies-mûèmes, et d'accomplir le réglement de la compagnie, » auquel, jusqu'à présent, elles ne s'étaient point assujéties, » Je vous conjure, au nom de Notre-Seigneur, et de sa sainte » ère, de ne me point refuser cette grâce. »
C'était le premier jeudi de chaque mois qu'elles s'assem— blaicut, ordinairement l'après-midi, dans la salle du presbytcre, où M, Olier présidait leur réunion, Ce même jour elles assistaient à la messe du très-saint Sacrement, pour obtenir a grâce de se comporter courageusement dans l'exercice de La charité qu'elles avaient cmbrassé, demande qui devait être d'autant plus agréable à Notre-Seigneur, qu'elle lui était adressée par des personnes nourries et élevées dans le luxe et la délicatesse, presque inséparables de l'opulence. Car la
confrérie se composait des dames du faubourg Saint-Germain, du rang le plus distingué. Enfin M. Olier établit sur sa pa— roisse les filles de la Charité qu’il chargea du soin des petits enfants et de la visite des malades.
Quelque sensible que fût ce bon pasteur au sort des indigents, il était encore plus touché des désordres que la corruption des mœurs Causait dans sa paroisse. Celui qui l’affecta le plus fut la multitude des maisons qui servaient de retraite aux femmes de mauvaise vie, et de rendez-vous aux libertins; parce qu’il n’en connaissait point de plus désastreux, ni qui perdit un plus grand nombre d'àämes. Il serait impossible ue rapporter ici tout ce qu'il entreprit pour délivrer son troupeau de cette contagion. Tantôt il exhortait ses paroissiens à ne pas louer leurs maisons aux personnes vendues au libertinage, et lorsque les conseils ne suffisaient pas, il le leur défendait au nom du souverain juge, défense qu'il accompagnait des menaces les plus terribles, et qu’il appuyait des exemples les plus effrayants. Tantot pour proscrire les lieux de prostitution , aussi funestes à l'honneur et à la prospérité des familles qu’au salut des âmes, il réclamait l'appui que lui devaient les magistrats ; leur représentant avec toute la vigueur que donne le zèle apostolique, qu’à titre de protecteurs des lois, ils répondraient, au tribunal de Dieu, des scandales publics qu'ils entretiendraient par leur négligence, ou qu'ils autoriseraient par l'impunité; et ses avis eurent DORE EIRE Gp bre Heu d'en attendre.
Mais dnnoÿen plus conforme à la douceur de M. Olier, PAL qu'it emp fotai de préférence, en faveur de ces malheu-
FT Las eur l'incontinence , était d'essayer de les ga— S; pour gs rene leur salut. On le trouvait toujours
| | quoi lever le plus grand obstacle à leur coneur-profurant quelque moyen de subsister. Tantôt ‘son kefours les personnes les plus vertueuses des $ quartier de la paroisse , et les engagait à prendre 4 e la persuasion et de la douceur, pour reti-