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204 1. PART, 1646. — PAROISSE, tant d’ardeur pour entendre la parole de Drru, une foul aussi nombreuse autour des tribunaux de la pénitence. Enfin pour répondre au saint empressement de ses paroissiens , M. Olier se vit contraint d'augmenter le nombre des ouvriers évangéliques, et d'inviter plusieurs ecclésiastiques des provinces, à venir prendre part à ses travaux. Ses vœux furent promptement exaucés : il reçut dans sa communauté d’excellents prêtres, pleins de zèle, de désintéressement et de ferveur ; ct, avec leur secours, ilétendit et perfectionna le bien qu'il avait si heureusement commencé dans sa paroisse, Bientot l'église ne put contenir la foule du peuple; depuis son entrée dans la cure de Saint-Sulpice, M. Olier avait formé le dessein de construire un vaisseau proportionné à i'immense population du faubourg , et qui répondit mieux au bel ordre qu'il avait mis dans les cérémonies , ainsi qu’au nombre de ses ecclésiastiques. Après diverses assemblées qu'il tint à ce sujet, il résolut de concert avec ses fabriciens, le jour de l’Assomption 1645, de reconstruire son église paroissiale, et chargea de l'exécution Chrystophe Gamard, célèbre architecte de ce temps. Lorsque tous les préparatifs eurent été disposés, il invita la Reine régente à poser la première pierre du nou vel édifice : cérémonie qui fut fixée au mardi 20 février 1646. La Reine vint à l'église, accompagnée de la princesse de Condé, de la duchesse d'Aiguillon , et d’un grand nombre d'autre, personnes de marque. Elle y fut reçue par M. Alain de Solminihac, alors évêque de Cahors, et par M. Olier, à la tête du nombreux clergé de sa paroiss», Après que la Reine eût été conduite dans le chœur , et qu’elle eût prié Dieu quelque temps, devant le maitre autel, elle fut conduite processionnellement à l'endroit désigné pour l'autel principal de l'édifice projeté. L'Evéque bénit la première pierre, et la princesse la posa et la maçonna. M. Olier lui présenta le plan de l'église ; elle désira que l’une des chapelles les plus voisines de celle de la sainte Vierge, fût dédiée sous l’invocation de sainte Anne , sa patronne , et l’autre sous celle de saint Louis,
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1647. — NOUVELLE ÉGLISE DE SAINT-SULPICE, 205 patron du jeune Roi, et elle promit une somme considérable.
Après que M. Olier eût jeté les fondements du chœur , il voulut commencer les constructions par la chapelle de la sainte Vierge , comme pour en offrir les prémices à cette auguste Reine, et mettre ces immenses travaux sous sa protec— tion. On ne rapportera pas ici tout ce que son zèle lui inspira pour accélérer ce grand ouvrage. [l'aurait eu sans doute la consolation d'en élever une partie considérable avant sa mort, saus les troubles politiques dont la capitale fut le théâtre, et qui réduisirent le peuple à la plus affreuse extrémité. Malgré ses soins et son zèle, il ne put qu'achever les murs de la chapelle de la sainte Vierge, qui, l'année de sa mort , étaient élevés à la hauteur qu'ils ont maintenant.
Lorsqu'il en jetait les fordements, son âme fut noyée dans la plus amère douleur, à l’occasion d’un événement qui lui fit verser des torrents de larmes et qui donna lieu d'admirer combien la piété avait déjà jeté de profondes racines dans les cœurs de ses paroissiens. Dans la nuit du 28 juillet 1648, vers deux heures du matin , des voleurs entrèrent par une fenêtre dans l’église de Saint-Sulpice, enfoncèrent le tabernacle de l'autel de la sainte Vierge , et prirent le saint c.boire , dont ils vidèrent les sacrées hosties sur l’accoudoir du confessionnal.
Dès que les paroissiens apprirent la nouvelle de cet horrible attentat , ils en furent consternés ; les divertissements cessèrent aussitôt dans le faubourg, et chacun se mit en devoir d’appaiser la justice divine. On ne vit que prières, qu'œuvres de piété et de mortification , depuis les plus grands jusqu'aux plus petits, tous s'efforçant, autant qu'il leur était possible . d'effacer par leur pénitence ce crime dont ils attribuaient la cause à leurs propres péchés. La baronne de Neuvillette se condamna à ne manger plus que du pain bis, et à ne boire que de l’eau, et plusieurs , prenant pour un signe de la colère de Dieu, la patience avec laquelle il voulait souffrir des impiétés si horribles , s’attendaient aux derniers mal-
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heurs. Aussi, lorsque le dimanche suivant, M. Joly, prêtre de la communauté, voulut exposer au peuple les circonstances de ce sacrilége, des larmes d'attendrissement et de doulcur coulérent de tous les venx.
Personne n'en conçut une douleur si profonde que M. Oiicr, Ce zélé pasteur, toujours brülant pour la gloire de son Dieu, et le salut de ses ouailles, après avoir gémi amérement au pied de l'autel où le crime venait d'être commis, résolut de le ré parer par une cérémonie éclatante, Du consentement de l'abbé de Saint-Germain, il publia au prone l’ordre qu'on suivrait, etannonça que pendant trois jours on ferait abstinence dans la paroisse avec jeûne : ce qui fut rigoureusement observé, Le lundi, 3 du mois d'août, dès que le son lugubre des cloches se fit entendre, le peuple, en habit de deuil, se porta en fouie à l'église, sans que la pluie, qui tombait continuellement, arrètàt personne, pas même les dames de la plus haute condition ; et de là on se rendit en chantant des psaumes, dans lEglise de l'abbaye Saint-Germain, où on célébra une messe haute pro remissione peccalorum, les ministres de f'autel étant revêtus d'ornements violets.
Les jeudi, vendredi et samedi suivants, le saint Sacrement fut exposé dans la paroisse , avec une magnificence sans exemple. Toute ia cour voulut y contribuer , en faisant servir à cette cérémonie ce que chacun avait de plus rare eu tapisseries , tableaux , cristaux , chandeliers , lustres d’er et d'argent. La marquise de Palaiseau, sachant qu'on avait dessein de mettre au-dessus du saint Saciement un lit à la romaine , pour y former une espèce de dôme, offrit le sien qui avait coûté vingt mille livres; et comme on le refusait , parce qu'il devait recevoir la vapeur de plus de trois cents cicrges, elle demanda avec prières, que ce lit fait par vanité, füt sc crifié à la gloire de Jésus-Curisr. On se rendit à ses pieu:es instances, et quand la cérémonie fut achevée, il ne se trouva gâté ni terni en aucune façon. M. Olier avait fait tendre la nef d'une tapisserie brodée d’or ; et le chœur , d’une autre de
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