‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 133 sur 235 · LE DUC D'ORLÉANS · texte numérisé non relu

LE DUC D'ORLÉANS

Ce fut ainsi que la divine Providence se servit du zèle de M. Olier pour donner naissance à un changement si utile à la religion et à l'Etat. « Nous pouvons assurer, dit M. de » Bretonvilliers, parlant du duel, que M. Olier a donné au- » tant d’âmes à Dieu, et ravi autant de proies au démon, » qu'il a retiré de personnes de ce fâcheux désastre. Il est » vrai qu’il ne les en a pas retirés par lui-même. Nous pou- » vons toutefois assurer qu'il en a la récompense , et qu'ils lui » en sont obligés, puisqu'il a été le premier qui a eu ce des- » sein et a contribué à le mettre en vigueur. »

Les princes et les personnes du plus haut rang éprouvèrent aussi le zèle et la charité de ce pasteur infatigable. La haute opinion de sa sainteté les porta souvent à recourir à ses conseils ; et, dans toutes ces occasions, :l s’efforça de leur inspirer les vrais sentiments que le christianisme exige des grands du monde. Dans les cérémonies ecclésiastiques, telles que l’a doration de la croix, la distribution des cierges bénits ou des rameaux, il régla que tous les membres du clergé auraient le pas sur les paroissiens , de quelque rang qu'ils fussent, même sur les princes du saug : tous applaudirent à ce réglement, et les princes eux-mêmes furent les premiers à l'appuyer de leur suffrage. On aurait peine à concevoir le grand ascendant que sa vertu lui donnait sur eux. Un jour que le duc d'Orléans assistait aux vépres, M. Olier, par un motif que nous ignorons, n’alla point l’encenser, contre la pratique comrune, qui déféraitcet honneur aux princes. Il se rendit néan— moins chez le duc pour lui porter des excuses ; mais celui-ci, le voyant entrer , lui dit avec l'expression de la bienveillance la plus respectueuse : « Je n’ai point de satisfaction à rece- » voir , puisque c’est vous, Monsieur, qui en avez usé de la » sorte ; » et, en même temps, il commanda qu'on lui remit une somme d'argent, en le priant de l’accepter pour les pauvres de sa paroisse.

Enfin les travaux de M. Olier, pour la sanctification des diverses classes dont se composait sa paroisse, fructifièrent

d'une manière si étonnante, qu'en peu d'années elle offrit comme une image de la société des premiere :brétiens. « Je

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