Olier était
{amel, esprit
s un homme
PÉNITENCES PUBLIQUES DES JANSÉNISTES, 243 propre à servir avantageusement le parti, depuis surtout qu'il eut fait ses preuves, en rétablissant, selon les principes d'Arpauld , la pénitence publique, dans une paroisse du diocèse de Sens, où il était curé On chercha à le produire sur un plus graud théâtre, et on le mit à la tête de la paroisse de Saint- Merri, à Paris. On vit alors cette paroisse affecter une sorte de rivalité avec celle de Saint-Sulpice , et se déclarer en tout san émule, M. du Hamel s'étant mis en communauté avec ses ecclésiastiques, leur fit des conférences réglées, où, sous prétexte de leur exposer les devoirs de leur état, il disputait sur les matières de la grâce; etces réunions furent bientot toutes cemposées de laïques, et même de personnes de qualité, qui y venaient fort assiduement et secachaient dans la foule, On voue lutinettre aussi en honneur l'exercice du catéchisme ; les personnes àgées y éleient toujours en beaucoup plus grand nombre que les enfants : c'était un empressement incroyable pour % pénétrer, I! faut joindre à cela les prônes de M. du Hamel, qui ne faisaient pas moins de bruit; et, enfin, la vogue extraordinaire de ce nouveau directeur parmi les dames de la paroisse, dont il était continuellement assiégé. Fout cela avait le nom spécieux de réforme. Mais c'était surtout par la pénitence publique qu'on prétendait faire revivre, dans la paroisse de Saint-Merri,,la pureté des premiers temps. Les femmes se livrèrent aux nouvelles pratiques de pénitence avec tant d’emportement, que plusieurs en moururent, et que d’autres en devinrent folles, Les plus zélées quittaient les villes pour s'ensévelir dans les déserts. Les exils volontaires à Port-Royaldes-Champs étaient devenus fort à la mode, On y voyait aecourir à l'envi des personnes de tout état, et même des plus distinguées du royaume. Les ducs de Luynes etde Liancourt, paroissiens de Saint-Sulpice, y avaient fait construire de vastes et beaux ermilages pour s'y retirer de temps en temps ; et de tels exemples devaient accréditer rapidement , dans les classes inférieures, l'amour des nouveautés, I était aisé , en effet, de remarquer les fâcheux résultats qu'il produisait cha-
PO bé en me i
Le ns ed
a te
Es .
Me mé
on “
que jour dans la paroisse. « Je ne puis sans douleur et sans » la rius profonde désolation, écrivait M. Olier, à cause de la » fidélité que je dois à mon ministère , voir des ouailles que » Dieu m'a données, fréquenter des assemblées que le Roi » même devrait défendre. Plusieurs personnes de ma paroisse, » et dont je dois répondre à Dre , entrent dans cette tenta- » tion malgré nes conseils, et joignent à la désobéissance » formelle à leur supérieur naturel , le mal d’entrer de cœur » et d'esprit dans toute l'étendue de ces nouvelles opinions, » autant qu'ils en peuvent comprendre , et cela contre leur » état, leur condition et l'humilité chrétienne. » Ce fut pour M. Olier une sorte de nécessité d'élever enfin la voix, et de signaler publiquement le venin de ces perfides pratiques. Comme elles.semblaient tirer toute leur force du crédit et de la qualité de ceux qui les propageaient , il voulut les flétrir du haut de la chaire, en présence d’un nombreux et imposant auditoire ,espérant en inspirer plus d'horreur par l'approbation tacite que cette assemblée donnerait à son discours. Il choisit, en effet, le jour même de la fête de Saint-- Sulpice, et l'auditoire fut des plus augustes qu’on y eût jamais vus; car, outre la Reine et sa cour , on y remarqua des archevêques, des évêques, des génér.::1 d'ordres , et beaucoup d’autres personnes, séculiers et ecclesiastiques de haute distinction. Les erreurs qu'il s'efforça de réfuter dans cette action solennelle, furent la nécessité de la pénitence publique pour tousles pécheurs, et l'inutilité de l'absolution lorsqu'elle n’est point précédée de la satisfaction et de la contrition parfaite. La première, toute déraisonnable qu'elle parait d’abord, était cependant si accréditée, que la Sorbonne avait eu dessein d'en demander la condamnation au saint siége. M. Olier en fit voir la fausseté par ces paroles du Sauveur : St vous ne faites pénilenc,, vous périrez tous : il montra d'abord que des termes si universe; qui embrassent tous les hommes, ne devaient point s'entendre de cette pénitence extérieure qui les aurait condamnés, comme le prétendaient
Le —
RG PEL &
VLC Sat.
les
pu pot ter peu sair con
» cl
» O1 » sa » de » sa » fra » ex!
» ac » nis » ma » pat » glis » à PQ Ce licu de Le do Pome un em en plei d'avoir
Mépris
montra
Ouvrag de Rem dont il |
r et sans use de la ailles que que le Roi
| paroisse, tte tentaobéissance
r de cœur opinions; ontre leur
» Ce fut
r enfin la es perfides ir force du |, il voulut ombreux ef horreur par it à son diste de Sainton y eût jamarqua des s, et beau— ues de haute r dans cette ice publique n lorsqu'elle itrition parrait d'abord, ait eu dessein
du Sauveur :
! montra d'a sent tous es
initenee tte penitent
» prétendaient
« Re LES NE AE rs 2
HICHE CONTRE LES PÉNIT®NCES PUBLIQUES. 245 les novateurs, à se retirer dans les solitudes et les déserts, puisqu'elle romprait presque tous les iiens de la société civile, pour laquelle cependant les hommes sont destinés sur la terre. Montrant ensuite que ces mêmes paroles du Sauveur ne peuvent non plus s'entendre de la contrition parfaite , néces— saire pour être justifié hors du sacrement de pénitence, il conclut en ces termes : « Chrétiens , je demande de vous ce » que Notme-Seigneur a voulu rendre plus facile, qui est la » pénitence sacramentelle. Celle-ci n'oblige pas de nécessité à » une disposition si pure. Les âmes qui n'ont pas la parfaite » charité, n'ayant encore que le principe de l'amour, comme » on l'exige des adultes , pour les baptiser, reçoivent par le » sacrement de Pénitence la participation à la parfaite charité » de Jésus-Curisr mourant pour nous sur la croix. Car ce » sacrement est une seconde table pour se délivrer du nau- » frage. Il faut donc tenir le milieu, et n'aller ni dans une » extrémité ni dans une autre , si vous ne voulez périr. Ily » a de l'abus dans l'indulgence et la facilité de plusieurs mi- » nistres, et il y a de l'excès dans la rigueur des autres. Le » malin fait semblant de vouloir bannir l'abus de quelques » particuliers, et il veut ou abolir les sacrements dans l'E- » glise, ou les porter à des extrémités excessives, contraires
» à l'esprit de JÉsus-Carisr. »
Ce discours irrita violemment les Jansénistes, rt leur donna lieu de se répandre en invectives contre le serviteur de Diet. Le docteur de Sainte-Beuve en envoya une étrange relation à Rome, à Louis de Saint-Amour, son ami; et Arnauld , dans un emportement de colère, accusa M. Olier d’avoir déchiré, en pleine chaire, son livre de la Fréquente communion , et d'avoir osé faire des déclamations contre la pénitence, au mépris de la doctrine des saints docteurs. Mais personne ne montra moins de modération que le père des Mares, dans un ouvrage anonyme qu il fitimprimer en cachette, sous le titre de Remontrance cnretenne et charitable à M. l'abbé Olier , et
dont il inonda tout l:r15, Peu de temps après le sermon dont
Le RD a diffé
on a parlé, M. Olier étant tombé dans la paralysie, qui le conduisit lentement au tombeau, quelques Jansénistes en vinrent méme jusqu'à regaruer cette infirmité comme un châtiment visible de la justice divine. « J'ai appris de M. de Sainte-Beuve, » ditle Janséniste des Lions, que tous ceux qui ont choquéla » vérité, ont perdu l'esprit, le bon sens et l'honneur ; sont » morts imbéciles , sans réputation, et dans l'opprobre: » témoin... M. l'abbé Olier, qui fut quatre ans paralytique » et maléficié depuis ce fameux sermon contre Port-Royal. » Le serviteur de Dieu laissa répandre toutes ces calomnies, sans y opposer d'autres armes que son silence et sa douceur ; il ne fit non plus aucune réponse à la Remontrance du père des Mares, aimant mieux laisser à Dieu le soin de sa défense, et donner en mème temps à ses disciples un rare exemple de confiance et d'humilité. Il souffrit même avec joie les affronts dont on le chargeait, sachant qu’ils avaient pour motif principal son attachement à la doctrine et aux sentiments du père de Condren, son ancien maitre. « Cette Remontrance, écri- » vait-il à l’un de ses amis , est un effet de la haine qu’ils ont » conçue contre moi, comme héritier des sentiments de œæ » saint personnage, dont la mémoire est odieuse aux Arnaut- » distes, parce qu'il a été le grand adversaire de leur pa- » triarche, M. l’abbe de Saint-Cyran. »
Mais s’il supporta avec tant de patience et de douceur ces outrages et beaucoup d'autres qui n'attaquaient que sa personne, il ne diminua jamais rien de l’ardeur de son zèle à défendre contre les novateurs le dépôt sacré de la foi. Sachant que le duc et la ducuesse de Liancourt s'étaient déclarés pour la nouvelle hérésie ci l'accréditaient dans sa paroisse, il leur proposa, après avoir essayé en vain de les ramener par les voies de la persuasion, une conférence réglée, qui eut beaucoup d'éciat. I lui était aisé de prévoir qu'elle produirait peu d'effet sur ces espr, ; raisonneurs et enclins par système à la dispute; mais semblable à un médecin qui ne laisse pas de donner toujours des remèdes à un malade quoiqu'ave: bien
peu rien rer li com d'alle
aun trouv mand son Z dessei bre dé obteni les mu Ne po gés dé Vince en Ital s'étant tion, quelle ets'yc où sou:
unique ment même mettre fut sup archevé ces nou Aprè core su Du, €
conçue critique
qui le conen vinrent châtiment nte-Beuve, it choqué la eur ; Sont ’opprobre :
paralytique rt-Royal. »
calomnies , a douceur ; nce du père sa défense, exemple de les affronts motif prinnts du père france, écrine qu’ils ont ments de Œœæ aux Arnaulde leur pa-
douceur ces que sa per- » son zèle à à foi. Sachant éclarés pour oisse , il leur ener par Îles ui eut beau- ‘oduirait peu système à la laisse pas de qu'avec bien
CRRAS SRE S
PT ne Le PSE ETES
JANSÉNISTES, 247 peu d'espérance de succès, il eut recours à ce moyen pour ne rien omettre des devoirs qu'impose la charge pastorale.
Il fut l’un de ceux qui montrérent le plus de zèle à prreurer la condamnation de cette hérésie. Tout porte à croire qu’au commencement des démélés qu'elle excita, il était résolu d'aller lui-même à Rome pour en solliciter la condamnation, au nom de la faculté de théologie. Mais les évêques qui se trouvaient à Paris ayant jugé plus expédient, que cette demande fut faite par tout le corps épiscopal ; il signala encore son zèle, en contribuant autant qu’il peut à l'exécution de ce dessein. Les Jansénistes l'ont même accusé d'avoir été du nombre des solliciteurs qui employèrent jusqu'aux menaces pour obtenir la signature des évêques absents, et de mendier par les mêmes moyens d'autres suffrages dans les monastères. Ne pouvant accompagner alors en personne les docteurs chargés de cette négociation , il fournit , de concert avec saint Vincent de Paul, aux frais de leur voyage et de leur séjour en Italie. Enfin, les Jansénistes après leur condamnation, s'étant emparés des premiers postes d’une pieuse association, qui étendait ses relations dans toute la France, laquelle était connue sous le nom de Propagation de la Foi ; et s’y considérant comme dans un retranchement inviolable , où sous prétexte de travailler à la conversion des protestants, unique fin de cette compagnie, ils pourraient répandre librement leurs erreurs ; M. Olier , pour les déjouer , entra luimême dans cette congrégation , et ayant trouvé l'occasion de
mettre leur dessein à découvert , il fut cause que la société
fut supprimée par l'ordre de la Reine, malgré M. de Gondy ,
archevêque de Paris , de qui elle dépendait , et qui favorisait
ces nouveaux sectaires.
Après tout ce qu'on vient de dire , et tout ce qu'on lit en-— core sur le même sujet , dans la grande vie du serviteur de
Dieu, on conçoit assez quelle opinion les Jansénistes avaient conçue de lui, et que les écrivains de ce parti, accoutumés à critiquer avec amertume leurs adversaires , n'ont pas dû le
SR En
ménager dans leurs productions. Nicole, quoique l'un des plus
modérés, attribuant la condamnation des Janséristes aux in— trigues des Jésuites et à celles d'un certain grand directeur ,
qui est M. Olier, et de ses prêtres, compare les premiers aux démons, et appelle ironiquement les seconds des âmes angéliques ; puis, citant quelques passages isolés des écrits de M. Olier, pour le taxer de visionnaire, il dit au père Quesnel et à Arnauld, à qui il adresse cette épitre fort connue : « Je » vous envoic cet extrait, afin que vous sachiez que les per- » sonnes que vous aimez n'ont pas eu seulement pour ad- » versaires des âmes achérontiques , mais ces sortes d'âmes » angéliques, et que leur ruine est arrivée par la conspira- » tion de ces deux sortes d’anges. » C’est cependant cette lettre de Nicole, ou plutôt cette fantaisie, comme il l'appelle lui-même, qui a formé, sur le caractère de M. Olier, l'opinion de presque tous les écrivains du parti.
On ne saurait trop reconnaître :e bonheur qu’eut la paroisse de Saint-Sulpice d'être gouvernée, dans ces temps difficiles, par un pasteur si vigilant et si ferme dans la foi. Tandis que la plupart des autres paroisses de Paris se virent infectées de \2 contagion , celle de M. Olier se conserva pure et sans tache ; et c'est sans doute aux impressions salutaires que ce sage et zélé pasteur laissa dans les cœurs de ses paroissiens et de tous ses ecclésiastiques, qu'il faut attribuer l'attachement constant et inviolable à la foi , dont ils ont toujours fait la profession la plus sincère et la plus ouverte.
Nous avons montré jusqu'ici quelle a été la conduite du serviteur de Dieu dans le gouvernement de sa paroisse. Avant de passer à des récits d'un genre différent , et de le considérer comme supérieur du séminaire et de la société de Saint-Sr:1pice, il nous reste à parler de la maladie qui le contraignit à se démettre de sa cure; et ce sera par ce trait que nous terminerons cette seconde partie.
L'année 1652 était la dixième depuis qu'il gouvernait sa paroisse. Un serviteur aussi fidèle ne devait pas , ce semble,
qui con pul en ans méêt ecci » | » M » Co » pt » mi , ; ) — À » à 4 | » no » qu i At ! un «le D ven | ne lui à se dis 1 Cet in il ses ou pleine dont i davant À violent ( ne lais quiln Lt :. à F qui fut
entre | aucune veau af
Mais, ger* col
des plus ; AUX in
recteur , aiers aux s angéliécrits de e Quesnel ue : « Je e les perpour adtes d'âmes conspira— at cette letil l'appelle r, l'opinion
eut la pa— temps difdans la foi.
is se virent nserva pure \s salutaires » ses paroisbuer l'attant toujours
onduite du oisse. Avant e considérer Saint-Srlontraignit à nous termi-
ouvernait Sa
, ce semble ;
a us mer ve dd