‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 141 sur 235 · PS RE · texte numérisé non relu

PS RE

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1652. — M. OLIER SE DÉMET DE SA CURE, 249 quitter si tôt un ministère dont l'Eglise avait reçu tant de consolation , et les âmes de si grands fruits, Mais sa mission publique était remplie. I savait depuis long-temps que EHEu, en l'appelant à la cure de Saint-Sulpice, avait borné à dix ans les services qu'il exigeait de lui, comme pasteur ; et luiméme avait fait part de cette circonstance à plusieurs de ses ecciésiastiques, « Etant allés un jour à la campagne prendre » l'air, rapporte M. de Bretonvilliers , un de nous lui dit : » Monsieur , voilà que les dix ans seront bientôt expirés, et » comment pourra-t-il se faire que vous quittiez votre cure, » puisqu'il n'y a nulle apparence que vous le puissiez , et » même que vous deviez le faire, quand vous le pourriez ? » — C'est à Dieu, répondit M. Olier, à vérifier ses paroles et » à accomplir ses desseins, Pour nous, nous n'avons qu'à » nous abandonner à lui, sans retour sur nous-mêmes , afin » qu'il dispose à Jamais de nous comme il voudra. »

Au mois dé mars de cette année, sa santé avait éprouvé déjà un dépérissement considérable, qui l'obligea de recourir à divers remèdes, Le principal était le repos; mais son zèle ardent ne lui permit pas d'en prendre assez pour se rétablir , ni de se dispenser d'aucun des soins attachés à la charge des âmes. Cet infatigable pasteur , toujours prêt à donner sa vie pour ses ouailles, s'employait à les servir comme s’il eût été en pleine santé, sans considérer que la multitude des soins dont il était assiégé continuellement, l'affaiblissaient toujours davantage. Enfin, au mois de juin, il fut attaqué d'une violente fièvre ; et Le mal fit bientot de si rapides progrès, qu'il ne laissa presque plus d'espoir. Les médecins ayant déclaré qu'il ne passerait pas le lendemain , dès le matin de ce jour, qui fut le 20 du même mois, il remit, par procureur, sa cure entre les mains de l'abbé Saint-Germain , sans prétendre à aucune réserve ; et l'après-midi du même jour, il fit de nouveau appeler le notaire, et lui dicta son testament.

Mais, aussitôt après sa démission, il se trouva hors de dan-

ger : comme si Dieu ne lui eût envoyé cette maladie, que pour 11°

250 11. PART. 1652, — PAROISSE, lai fournir l'occasion de se démettre de sa cure. II la possédait depuis le 25 juin 1642 , et il s'en démit le 20 du même mois 1652; de sorte qu'on vit s'accomplir à la lettre la prédiction qu'il avait faite de ne gouverner cette paroisse que l’espace de dix aus, Une nouvelle circonstance, qui frappa beaucoup les ecclésiastiques du séminaire , ce fut que le choix de l’abhbé de Saint-Germain tomba sur M. de Bretonvilliers , ainsi que le serviteur de Dieu l'avait prédit plusieurs fois, depuis ce temps, il lui avait donné la même assurance, quoiqu'il n'y eût aucune apparence à l’accomplissement de cette prédiction, dit M. de Bretonvilliers, et qu'il y eût même des raisons qui le rendent moralement impossible . M. de Bretonvilliers, fut nommé à la cure, le 27 du même mois, et en prit possession le 29.

Après sa démission , loin de considérer avec quelque complaisance le bien qu’il avait opéré dans cette paroisse, si heureusement renouvelée par ses travaux , M. Olier aimait à se remettre devant les yeux ces paroles du Sauveur, à ses disciples: Lorsque vous aurez fait tout ce qui vous élail commandé, diles : Nous sommes des servilenrs inutiles, nous avons fait ce que nous devions. Il n’osait même se rendre ce témoignage, croyant n'avoir contribué, pendant les dix années de son ministère, qu'à mettre obstacle à l'œuvre de Dieu. Quelques mois après qu'il eût quitté sa cure, passant à Lyon , lorsqu'on y faisait les exercices du Jubilé, et désirant de participer à cette grâce, il se rendit à l’église des Feuillants. Là, s'adressant au premier religieux qui se rencontra, il se mit, pour se réconcilier, dans un côté du confessionnal , en faisant placer dans l'autre un des ecclésiastiques de sa compagnie , qui voulait obtenir la même faveur ; et on tient de celui-ci que M. Olier répandit alors une si grande abondance de larmes, et s'accusa avec des sanglots et des gémissements si extraordinaires, qu'on l'eût pris pour un homme coupabie des plus grands forfaits. On l'entendait se lamenter et se confondre teut haut, de ce

que pendant dix ans il avait été curé d’une immense paroisse,

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1652. — r1, OLIEN SE DÉMET DE SA CURE, 251 sans avoir les vertus et les qualités nécessaires pour remplir dignement de si redoutables fonctions. La crainte qu'il avait de s'être rendu coupable d'une infinité de fautes grièves le rendait inconsolable ; en sorte que le confesseur, qui ne pouvait calmer ses inquiétudes , eut pesoin, pour lui rendre la paix, de lui rappeler tout ce que la foi nous enseigne de plus copsolant, sur les miséricordes du Seigneur,

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