NÉCESSITÉ DE L'ÉTUDE POUR LES CLERCS
» tions de votre ordination, et de “ ‘tre obéissance à la loi du
» divin maître. Il n'agrée jamais les services de celui qui » entre de force dans sa maison , et qui n'a pas attendu son » choix et sa vocation avec respect, humilité et patience, » Cette lettre modéra l’'empressement de M. de Sève : il s'abandouna entièrement à la conduite de M. Olier, qui le fit promouvoir enfin aux saints ordres ; et la suite montra que cette longue épreuve n'avait pas été sans fruit pour celui qui eut à la subir, car personne ne respecta plus que lui l'état ecclésiastique, et n’observa plus strictement les saints canons. Après l'affermissement dans les vertus cléricales , M, Olier ne recommandait rien tant à ses disciples que l'application aux études propres de leur saint état. I s’eMforçait de leur faire comprendre que si l'Église est un corps dont les prètres sont les yeux , ils doivent l'éclairer ; si elle est un vaisseau dont ils sont les pilotes, ils doivent la conduire au port; une cité dont les clefs leur sont confites , ils doivent savoir discerner ceux qu'il y faut admettre , de ceux qu’il en faut chasser; que si elle est une académie dont ils sont les maîtres, ils doivent instruire ceux qui la fréquentent ; qu'enfin , si c'est une armée dont ils sont les capitaines, ils sont destiné, à la conduire et à la protéger, dans un lieu inconnu, et parmi des ennemis qui ne cherchent qu’à la surprendre. « C'est dans le confession- » nal, disait-il, qu’il faut rendre promptement, sans secours » etsans cousulte, des arrêts sur les matières les plus impor- » tantes qui soient jamais tombées entre les mains d'aucuns > juges, dont il n'y a poiut d'appel , et sur quoi les hommes » se fondent pour l'éternité, C'est dans les chaires, que l'on » est obligé de parler pour les savants et les ignorants, de sou- » tenir les vérités de l'Évangile, de combattre les vices, de ré- » sister au torrent de l'opiuion, de confondre l'hérésie, et de » découvrir ses détours, ses impostures ct ses fausses consé- » quences, avec des couleurs si vives et si naturelles, que les » plus grossiers puissent juger de sa malice selon toute son Ÿ étendue; ce qui suppose nécessairement une science plus
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» élevée, plus profonde et plus étendue que celle du com- » mun : une science d'une trempe plus forte que nc la donne » l'étude particulière ; une science enfin, qui ait été éprouvée » dans les écoles et dans les académies. »
Le dessein de M, Olier, en fondant le séminaire de Saint- Sulpice, n'était pas tant de former à l'esprit ecclésiastique les jeunes gens que la Providence lui envoyait , que d'instituer une compagnie vouée elle-même à l'éducation des clercs, et qui contribuât efficacement à l'établissement des séminaires dans le royaume. Voici ce qu'il en écrivait. e L'intention de » la sainte Église, manifestée par les conciles, est qu'on tra- » vaille à la réforme des peuples par la sanctification du » clergé ; ct rien n’est plus conforme à la conduite de Notre- » Seigneur. Le premier il a assemblé des apôtres ct des dis- » ciples, dont l'instruction et la sainteté ont été la lumière » etla perfection des peuples ; et qui, ayant reçu ses soins » principaux et les prémices de son esprit, ont ensuite ré- » pandu ce même esprit dans le monde. C'est ce qui nousdoit p encourager dans le dessein d’assembler des sujets destinés » au clergé, et de donner tousnos soins à la culture de ces jeu- » uesplantes. En suivant donc le plus près que nous pouvions » cetadorable exemple deJÉsus-Curisr, et aprèsavoir reconnu » qu'inutilement on travaillait surles peuples, si l’on ne son- » geait auparavant à purifier lasource de leur sanctification, » qui sontles prètres, nous nous sommes assemblés pour culti- » ver les nouvelles plantes qui nous sont tombées entre les » mains , et qui ont paru être destinées à l’utilité du clergé. » M. Olier désigne ici ceux de sesdisciples qu’on a déjà fait connaître, entre autres MM. de Poussé, de Quaylus, de Lantages, de Parlages, Hurtevent, Hudon, comme aussi MM. de Bretonvillicrs , Antoine Tronson , Couderc, du Bois , Souart et plusieurs autres, dont il sera parlé dans la suite. Quelque désir qu'il eût de servir le clergé, jamais il ne sollicita personne à entrer dans sa compagnie ; et cet abandon entier à la conduite de la divine providence lui attira, en moins de huit ou dix