‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 154 sur 235 · APPROBATION DE L'INSTITUT DE SAINT-SULPICE · texte numérisé non relu

APPROBATION DE L'INSTITUT DE SAINT-SULPICE

précieux qu'ils soient, qu'elle ne donne très-volontiers, sans croire pour cela les avoir perdus, quand même ils se lieraient pour toujours à des églises , tant elle se voit unie étroitement au clergé, Comme donc elle ne vit que pour son

service, elle s’estimera bienheureuse, si le clergé la regarde comme sienne , et s'il veut en user pour la gloire de Dieu : seulement elle le prie d'avoir égard à sa naissance et à son bas âge , et de considérer qu'elle croitra et se rendra plus utile avec le temps. »

» Se voyant ainsi destince pour le clergé de France, la maison est dans l'obligation naturelle de prendre son approbation de cette sainte assemblée, et de recevoir par elle la bénédiction du ciel. Eile lui äemande pér grâce, qu'il lui plaise de voir toute la conduite qu'elle observe pour l'éducation de ses clercs et de ses prêtres, afin qu'elle connaisse s'ils sont élevés dans l'esprit véritable du clergé, qui résideen plénitude dans la personne de messeigneurs les prélats. Ainsi elle se présente à vous avec tout le respect des enfants envers leurs pères , toute la dépendance des serviteurs envers leurs seigneurs, toute la soumission et la docilité des disciples envers leurs maitres; elle se présente avec ses réglements à la main, qu'elle a tirés des conciles, du droit canon, des saints Pères et des institu— tions de saint Charles, pour voir s'ils seront trouvés pro— pres à ce dessein , et s'ils seront approuvés par vos bouches sacrées, qu'elle veut attendre comme les oracles du Saint- Esprit. Cette maison, qui n’a jras de secret ni de mystère pour vos saintes personnes , vous découvre tout d'un coup, non-seulement ses réglements, afin que vous connaissiez les mœurs et la conduite des serviteurs qu'elle vous forme, mais encore ses fins dans toute leur étendue. Elle vous montre ses intentions et sa conduite intéricure et extérieure, en un mot, tout ce qu'elle est et ce qu'elle pense , pour savoir si tout est conforme aux intentions et à la sainteté du clergé ; si elle peut marcher dans ses voies en

assurance, et continuer ce que jusqu'à maintenant elle a observé , comme un essai qu'elle a voulu tenter , en attendant, Messeigneurs , votre approbation générale, La maison se sentant née pour vous servir , elle continuera si elle peut mériter votre approbation; sinon elle se sent prête à tout changer , ne croant pas qu'il y ait rien de sûr pour elle, que dans la déférence à vos sacrés conseils. Les réglements qu'elle vous présente , lui sont nécessaires comme au reste des sociétés de l'Eglise, pour peuvoir se maintenir dans la pureté de l'esprit de sa vocation. Elle vous demande qu'ils soient insérés, Messcigneurs , dans vos archives, afin qu'ils nous servent de reproches, quand nous serions si malheureux que d'y manquer. Elle désire qu'ils soient entre vos mains, vous regardant comme ses juges naturels, aussi bien que comme ses tuteurs et ses conservateurs , pour le bien de l'Eglise et l'utilité de votre service.

» Ses prêtres, Messeigneurs, sont vos enfants, et vous êtes leurs pères; il sont vos serviteurs et vos disciples, vous en êtes les maitres; ils ne peuvent rien faire d'agréable à Dieu, ni d’utile à l'Eglise, que par votre agrément ; et quelque service qu'ils projettent de rendre au clergé, il sera nul et sans bénédiction , s'ils ne l'entreprennent, ne le continuent et ne l'achèvent en votre dépendance. Cette maison n'attend donc sa vie et sa grâce que de votre sainte bénédiction ; et comme dans son commencement , lors de la dédicace de la chapelle , elle lui a été donnée de votre part, par les mains de monscigneur de Vabres, elle en demande encore la continuation pour son accroissement. Elle fait comme cette bonne fille de l'Ecxiture , qui demandait à son père un champ où il y eût des caux en abondance, irriguum inferius , irriguum superius; elle demande et attend la rosée du ciel , par la bénédiction de vos mains, afin qu'elle puisse être féconde en la multiplicité de ses sujets, qui servent avec utilité et succès en

» vos saintes églises. Ayez agréable, Messeigneurs, de porter

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APPROBATION DE L'INSTITUT DE SAINT-SULPICE, 305 Lenant elle a dans vos cœurs, devant les saints autels , les enfants , les , en atten- sujets et les ministres que Dieu vous donne. Si vous les se

le, La mai- courez par vos saintes prières et vos sacrifices, ils espè rent nuera si elle | toute grâce du ciel, sachant que vous êtes toujours oufs sent prête à auprès de Dieu, pour la révérence de Jésus-Curisr vivant de sûr pour en vous, comme le saint pontife de son Eglise, tout-puiss. Les régle- sant en son amour pour elle auprès de Dieu, C'est de cette aires Comme | grandeur divine en vous, Meiseigneurs, qu'ils se disent se maintenir tous, et moi comme le moindre , les très-humbles et trisus demande : obéissants serviteurs. »

os archives , | Le évêques avaient paru prendre, la plupart , trop d'innous serions | térôt aux prémiers travaux des prêtres du séminaire de Saintqu'ils soient | Sulpice, pour dissimuler leurs sentiments dans cette occasion.

ges naturels, ) Non contents d'approuver les réglements de cette compagnie, hser valeurs ; “ ils l’acceptèrent encore pour le service de leur clergé , comme vice. ÿ un bien qui leur était propre, et , en signe de cette acceptats, el vous “ tion, lui donnèrent ie nom de Compagnie des prètres du os disciples , ; clergé de France. C'est l'origine du titre de Prétres du clergé, n faire d'a- “ que prirent M. Olier, M. de Lantages, M. Tronson et quel-

votre agré- À ques autres, dans leurs ouvrages. « La compagnie prend cæ le rendre au " » nom, dit M. Olier, parce qu’elle s'est vouée uniquemenf en

l'entrepren- N » Jésus-Cunisr, au service des prêtres et des clercs, qu’elle votre dépen- D » tâche de préparer au culte de Dieu et à l'édification de ses

sa grace que 4 » peuples, sous la conduite de messeigneurs les prélats. Elle n commen-— Ÿ oo fait profession de vivre pour eux , sans aucune distinction Ile lui a été DS » qui la sépare et la retire de la vie commune du clergé. Et scigneur de M » parce qu'elle se voit honorée de ce titre de bénédiction et

pn pour son Ë » de grâce, dont elle se sent très-indigne , elle tâchera de le le de l'Ecri- D » mériter, s’il plait à Dieu, par la fidélité à son institut et à il y eût des ‘ » sa vocation, ne désirant d’autres intérêts dans l'Église , que um superius; Fi » celui de la servir en son divin clergé, qu’elle voudrait gros-

bénédiction No» sir d'un nombre immense de sujets propres à magnifier en la multi- M » Dieu, et à répandre l'esprit chrétien dans les cœurs des fi-

t succès en N p dèles. »

rs, deporter ki Tel a été le dessein de Dieu dans la formation du séminaire

de Saint-Sulpice. Ou l'a toujours regardé comme établi pour le service de tous les diocèses de France, c'est-à-dire, nonseulement pour disposer les ecclésiastiques à la réception des saints ordres, mais encor: pour aider , par les sujets qu'il forme ou ceux qu’il donne , à établir et à conduire les séminaires dans le r°yaume, L'archevêque d'Embrun, M. de Brulart de Genis, qui pressait beaucoup M. Leschassier de lui donner des directeurs pour le sien , lui alléguait ce motif ; « Ayant été encore plus étroitement uni avec MM. les abbés » Olier et de Poussé, par les siens de l'estime et de l'amitié, » que par ceux de la nature, lui écrivait-il, j'ai lieu d'espérer » que leur succédant dans les emplois dont ils se sont si di- » gnement acquittés pour le service de tous les diocèses, vous » leur succéderez aussi dans le zèle qu'ils auraient eu pour » mor église, si j'en avais été en possession de leur vivant. » Cette considération faisait dire à l'illustre archevêque de Cambrai, qui avait en effet dans son séminaire des prêtres de cette compagnie, quoique sans engagement pour eux de s’y fixer : « La maison de Saint-Sulpice est une source de grâces pour tout le clergé.» Enfin, l'assemblée générale de 1725 et celle de 4730, dans leurs suppliques à Benoît XIII et à Clément XIT, pour solliciter la canonisation de la mère Agnès, s’exprimaient à peu près de la même sorte : « Nous souhaitons avec d’au- » tant plus d'empressement le culte de cette pieuse vierge, di- » saient les évêques en 1730, qu'elle a , si l’on peut s’expri- » mer ainsi, engendré er Natre-Seigneur cet excellent prêtre, » la gloire et l’ornement de notre clergé, et qu'en le portant à » une vie plus parfaite, on ne peut dire quel service elle a » rendu à l'Église. Car, sans parler du reste, que de fruits » abondants ne tire-t-on pas tous les jours de la fondation du » séminaire de Saint-Sulpice, qui doit sa naissance à ce très- » pieux prêtre... C’est de ce séminaire, comme d’une sorte de » citadelle de la religion, et d’une école de toutes les vertus, » que sort une multitude innombrable, soit de prélats , soit » d’ecclésiastiques de tous les rangs , puissants en paroles et

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APPROBATION DB L'INSTITUT DE SAINT-SULPICE. 307 > établi pour » en exemples, fermes dans la foi, fondés et enracinés dans la à-dire, non- » charité, et préparés à toutes sortes de bonnes œuvres. » réception des Peu de temps après que l'assemblée générale de 1651 eut s sujets qu'il L approuvé la société de Saint-Sulpice, plusieurs évêques de

ire Jes sémi- } royaumes étrangers demandérent à M. Olier des sujets, pour , M. de Bru- | Gtablir chez eux des séminaires, ou pour y travailler à la réhassier de lui k forme de leur clergé, Pensant alors qu'il était convenabie it ce motif; d'obtenir l'approbation du saint siège apostolique , avant de

M. les abbés répondre à ces nouvelles invitations, il prit la résolution d'alde l'amitié, | ler lui-même à Rome pour cet effet. Le 23 août 1652, le Roi ieu d'espérer L écrivit à M. de Valençai , son ambassadeur près le saint e sont si di- : siége, lui mandant d'appuñger de tout son crédit Ja confir-

diocèses, vous D mation de l'établissement du séminaire de Saint-Sulpice, et ent eu pour : le même jour il écrivit encore une semblable lettre au cardinal

eur vivant. » * d'Est, protecteur de laFrance à Rome {1}. Mais le voyage que êéque de Cam- ‘ rêtres de cette

| in . (1) Voici un projet de lettre de M. Olier lui-même au Pape, et des y OX? D où il expose la nature et les motifs de cette confirmation. grâces pour | 725 et cellede « Très-saint Père, Clément XII, , nai » La providence de Dieu ayant établi le séminaire de Saintlent À h À 4 PARRRURE à » Sulpice, composé d’un très-grand nombre de prètres et de s avec d'au- … > clercs, dans un lieu fort petit, exempt de la juridiction ordinaire, se vierge, di- "ct dans l'étendue duquel il n'a pas de quoi employer ses sujets , de j » ilest en état d'en fournir aux évèques et à leur clergé dans les peut s’expri- » diocèses de la France; et jusqu'à présent il a donné un grand

cellent prêtre, » nombre de curés, de chanoines, de dignités, et mème d'évèques à » en ce royaume. Ce qui à fait que messeigneurs les évêques de enleportantä LS » France, dans une assemblée générale, les ont approuvés et reservice elle a M * connus comme utiles à leur corps, et leur ont donné avec beau- ; … >» coup d'amour et de joie le nom de Prétres du Clergé. Ces ecclé-

, que de fruits siastiques s'en sont estimés très-heureux, trouvant en cette fondation du qualité l'expression de leur amour pour le clergé, et du désir

| ‘ à qu'ils ont eu dans l'établissement de leur compagnie ; et espérant

ance à ce tres en mème temps recevoir, avec la bénédiction de cette sainte

d'unesortede assemblée, la grâce qui leur était nécessaire pour travailler uti- ‘ lement sur les sujets, qui, de toutes les parties de la France, aies les vertus, 1 viennent se former dans ce séminaire, et y puiser l'esprit de e prélats , soit M » leur vocation.

4 » Cette société, qui jusqu'à maintenant n'avait été appelée qu’au

s en paroles et » service du clergé de France, se contentait de paraître devant

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M. Olier se proposait de faire n'ayant pas eu licu, sans doute parce qu'il ne jugea pas à propos d'envoyer des sujets hors du royaume, tandis que dans l'intérieur on en demandait de toutes parts : ce projet d'approbation demeura ainsi suspendu jusqu'après la formation du séminaire de Ville- Marie, dans l'ile de Montréal. Alors, sur la demande de M. de Bretonvilliers, l'établissement du séminaire de Saint- Sulpice fut approuvé et confirmé , le 3 août 1664, par lettrespatentes du cardinal Chighi, légat à latere pour la France. Toutefois cette approbation n'eut pas pour fin de l'ériger en congrégation ecclésiastique , mais simplement de le conserver tel qu’il avait été établi ; car M. Olier considérant sa compagnie comme la servante du clergé, ne voulut pas qu'elle füt

» messeigneurs les prélats de ce royaume, bien qu'avec honte de » sa bassesse et de son indignité. Elle n'osait pas se présenter aux » pieds de Votre Sainteté, quoiqu'elle y ait toujours été attachée » en esprit, et qu'elle ait pris soigneusement, dans tous ses pro- » grès, la bénédiction de monseigneur le Nonce. H a fait plusieurs » fois à la maison le bien de l'honorer de sa présence, soit pour y » célébrer particulièrement dans la bénédiction de la chapelle, » Soit aussi pour y bénir toute la maison avant qu'elle fût habitée.

» Toutefois, à présent qu'elle se voit appelée par des évèques » d'églises étrangères, pour aller les servir, (quoique fort faible- » ment et très-indignement) elle se sent obligée d’avoir recours à » Sa Sainteté pour recevoir son approbation et sa bénédiction » apostolique, afin d'y trouver la lumière, la ferveur et la force » qui lui sont nécessaires pour rendre utiles ses petits travaux. » Elle n'aurait osé paraître devant les yeux de Sa Sainteté, pauvre » et chétive qu'elle est, si l'obligation et la nécessité ne l'y avaient » contrainte ; et comme votre bonté paternelle ne, dédaigne pas le » moindre et le dernier de ses enfants, non plus qu’un autre Jacob » son Bénoni et l'enfant de douleur : ce petit corps, engendré » dans les persécutions et les traverses du siècle, ( dont monsei- » gueur le Nonce a été le témoin, et contre lesquelles il a été son » protecteur et son défenseur) espère que Votre Paternité le re- » Cevra au nombre de ses enfants. Cette société ne respire que le » respect, l'amour et l'obéissance envers Votre Sainteté , el ne » demande que d'être employée à son service, offrant incessam- » ment ses vœux au ciel, pour son honneur et pour sa gloire, et + s’estimant infiniment heureuse, si elle est tenue pour sa fidèle » et obéissante servante,

» La chétive et très-petite compagnie des Prètres du Clergé » de France. »

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