‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 156 sur 235 · NES · texte numérisé non relu

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MÉMOIRE SUR LES SÉMINAIRES. 311 » qui puissent les aider utilement , et travailler sous eux avec » fidélité, vertu, capacité et dépendance. Si ce petit Projet » {c'est le titre de l'ouvrage) pouvait contribuer en quelque » chose à faciliter ce dessein , et à seconder la ferveur et la » sainteté du zèle de messeigneurs les prélats (pour l'établis- » sement des séminaires), il croirait avoir employé heureuse- » ment ses jours, disant avec l'apôtre : Libentissimé impen- » dam, el superimpendar : il donnera sa vie avec plaisir, et » la consommera avec joie à leur service et à celui de leur » clergé. »

Lorsque cet écrit eut été imprimé, l'un des prêtres du séminaire de Sair.-Suipice fut introduit , le lundi 13 mars 1651, dans l'assemblée du clergé, par Isaac Habert, évèque de Vabres, et en présenta un exemplaire d'abord au président Georges d’Aubusson, archevêque d'Embrun , ensuite à chacun des prélats et des députés du sccond ordre. L'archevèque le remercia , et témoigna publiquement « l'estime que la com- » pagnie faisait de leur zèle. » Ce petit ouvrage est un aperçu des vues sublimes que Dieu avait données à M. Olier, sur l'esprit de ces saintes maisons; nous ne saurions nous dispenser d’en rappeler ici les principaux traits.

«Les séminaires de messeigneurs les évêques, dit-il, sont » des lieux destinés pour y donner les semences et les prémices » de l'esprit ecclésiastique à tous les sujets d'un clergé. » Comme chaque ordre religieux a son esprit particulier, qui » se répand en abondance dans les novices, ainsi cet ordre » magnifique du saint clergé, qui seul est chargé de rendre » à Dieu tous les devoirs intérieurs et extérieurs de la religion » de Jésus-Cunisr, a sur soi l'esprit universel de la religion » de ce souverain prêtre, qui jette les semences de sa vie avec » abondance dans les maisons sacrées des séminaires, pour y » former tous les ministres de l'Eglise. C’est ce qui fait con- » naître la raison de la grâce permanente et de l'abondance » de lumière et d'esprit que Dieu y verse. Ces maisons de re- » traite et de bénédiction, remplies de l'esprit cet de la grâce

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» des saints prélats, attirent avec suavité, par l'odeur de leurs » parfums, les colombes de leurs diocèses. On y voit fondre » les oiscaux de l'Eglise, qui sont les véritables prêtres, avec » vttesse et ardeur non pareilles, priant et attendant, en toute » humilité et confiance , d’être reçus , par la bonté de leurs » prélats, dans ces lieux de grâce.

» Le vrai et unique supérieur du séminaire est monsei- » gneur l'évêque, qui, contenant en soi la plénitude de l’es- » prit et de la grace destinée à être répandue dans son clergé, » peut seul lui donner son esprit et sa vie. Ce que le chef est » dans un corps naturel, le saint prélat le doit être dans le » corps mysticue de son clergé ; et c'est travailler en vain, » que de tenter un autre moyen pour sanctifier les ‘olléges » des clercs. Quelque excellente que soit la sainteté de ces » grands personnages d'éminente vertu , qui se icouvent ré- » pandus çà et là dans les diocèses (comme la providence de » Dieu en a suscité partout pour réveiller le zèle du clergé), » n'ayant point en eux cette grâce capitale, cet esprit de chef, » attaché au divin caractère des prélats, on n'en saurait at- » tendre cette plénitude d'esprit et de vie, capable de remplir » et de vivifier le corps du clergé ; puisque , selon saint Paul, » elle doit s'écouler du chef dans les membres par ses join- » tures naturelles, par ses ligarnents, ses veines, ses nerfs, » préparés à la distribution des esprits et à la communication » de la vie, Ces canaux adaptés et ajustés à l'embouhcure de » la source , ce sont les prêtres liés au saint prélat, selon que » Jésus-Curisr l’a réglé dans la première formation du clergé. » Il a donné aux uns de recevoir la vie, aux autres de la dis- » tribuer et de la répandre partout ; et cela par un ordre de » parties assorties et liées ensemble dans une structure ad- » mirable, qui ne peut être remplacée par aucune invention, » sans perdre et ruiner toute l'Eglise, à laquelle toutefois » Dieu a promis d’être toujours présent, pour la conduire » et la vivifier par les ordres sacrés de sa divine hiérarchie. » Ce qui viendra d’ailleurs et d’une autre manière, fera ie

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MÉMOIRE SUR LES SÉMINAIRES. 313 » même effet dans le clergé, que ferait une chaleur extérieure » ct étrangère qu'on voudrait introduire dans un corps lan » guissant.

» Mais comme messeigueurs les évêques sont souvent ap—

pelés ailleurs , et qu'ils ne peuvent vaquer assiduement à » la direction et à l'instruction de leurs clercs, ils doivent » avoir entre leurs mains des prêtres qu'ils établissent , à leur » défaut, pour diriger le séminaire , et auxquels ils donnent » de leur esprit et de leur gràce, comme fit autrefois Moïse » aux soixante-dix vieillards, afin de vivifier et de nourrir » leur clergé. Ils satisfont ainsi à l'obligation la plus impor- » tante de l'épiscopat, qui est de jeter la semence de la vie » divine dans les cœurs des principaux sujets de leurs Eglises, » qui doivent, à leur tour, remplir les chapitres de leur re- » ligion; les autels, de leur saintnté; les chaires, de leur » doctrine et de leur piété, les tribunaux, de leur justice j'et » tous les cœurs des peuples , du feu sacré de leur amour. » Car c'est en cela principalement que consiste l'éminente » fonction de la dignité hiérarchique, c'est-à-dire, dans la communication de l'esprit et de la vie de Dieu, O admi-— » rable commission que celle des bons prêtres qui entrent en » part de cet esprit, afin de le distribuer aux plus nobles et » aux plus saintes parties de l'Eglise. Ils doivent être des bas- » sins très-profonds et très-vastes, pour recevoir l'abon- »

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dance de la grâce nécessaire à ce saint emploi. Il faut qu'ils aient, par vertu, ce dui est donné au saint prélat par la » grandeur de son caractère, et que remplis de sa lumière,

| » de son esprit et de sa grâce, ils puissent la distribuer à tous 1 » les membres du clergé, la partageant à chacun selon ses 2 » besoins. Il faut qu'ils aient un extérieur humain, mais

» qu'ils soient tout divins dans leur fond, et qu'ils n'aient de » vie humaine, que pour porter la vie de Dieu parmi les

À » hommes ; qu'ils portent l'intérieur admirable de l'évèqu & : » sous l'extérieur une vie commune ; en s’efforçant de trans ! » former les élèves du sanctuaire en eux-mêmes , comme ils

» seront déjà eux-mêmes transformés en l'intérieur du saint » prélat.

» Le Fils de Dieu préparant ses apôtres et ses disciples à » l'esprit de leur vocation , les garda trois ans auprès de soi, » les portant toujours à l'anéantissement de toute propre vo- » lonté, et au dépouillement des biens grossiers du monde. » Ce sont les mêmes préparations que l'Eglise de Jésus- » Cnnisr, dépositaire de ses secrets, demande de tous les » prêtres, surtout de ceux que messeigneurs les prélats, vrais » successeurs des apôtres , appellent à eux pour prendre la » conduite du séminaire, et le remplir de leur esprit. Il fau: » donc que ces bons prêtres, qui, dans leur vie commune, » doivent être le modèle du saint troupeau, renouvellent en » eux tout ce que l'Eglise à jamais désiré de plus pur, de pius » saint, pour la perfection du sacerdoce, et soient anéantis » et sacrifiés en leur propre volonté, étant certain que le vide » d'eux-mêmes sera l'unique disposition pour attirer l'esprit » de Jésus-Cuatsr, incompatible avec l'esprit propre, et que, » s'ils ne cèdent entièrement la place à ce divin esprit, ils ne » lui donneront jamais le moyen de faire éclater en eux , ni » dans les autres, des effets excellents de la grâce apostolique. » Je croirais aussi que ces mêmes sujets devraient renouveler, » entre les mains du saint prélat, le renoncement qu'ils ont p déjà fait à tous les biens du monde, lorsqu'ils sont entrés » dans la cléricature, en prenant Dieu pour leur partage, ct » les richesses du ciel pour leur unique bien, Saint Augus- » tin, et avant lui saint Basile, dont Notre-Seigneur se servit » pour renouveler la sainteté de l'état clérical, n’eurent pas » d'autre moyen, que d’y faire revivre le respect, l'amour ct » la fidélité aux conseils de JÉsus-Cunrisr et aux lois de l'i- » glise, uniques voies que la sagesse de Dieu avait prè- » parées pour sa perfection. Il faudrait même que des sujets » siimportants à tout l'évêché renonçassent aux béné- » ficeés, ct ne fussent point tirés de leur emploi, qui, » étant universel et public, est aussi plus étendu et

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