‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 158 sur 235 · SÉMINAIRE DE NANTES · texte numérisé non relu

SÉMINAIRE DE NANTES

» fants à Dieu, qui continueraient l'œuvre que nous avons » commencée pour son divin service , et dilateraient le

» royaume de Jésus-Curisr ; ce qui serait d'un fruit plus » stable et plus permanent, que n'était celui de la prédica- » tion, qui passe promptement et n'a pas tant de suite. Que, » pour cela , il désirait que je commençasse à faire un éta- » blissement dans Nantes, et à y envoyer quelques sujets, » m'assurant qu'ils seraient remplis de grâces et de béné- » dictions; pour agir dans ses intentions , et pour continuer » ses travaux en cette province de Bretagne, que Dieu a mise » sous sa protection. Et, ce qui est bien remarquable, ve- » nant après Cela à rencontrer le grand-vicaire de monsei- » gneur de Vannes, il me témoigna que, pour le bien de la » province, il serait à souhaiter qu'il y eût quelque établis- » sement à Nantes, sans me parler à l'avantage de son pro— » pre diocèse, qu'il semblait oublier, pour me confirmer » extérieurement les paroles que cet apôtre m'avait fait enten- » dre au fond du cœur. » M. Olier, étant venu de là à Nantes, trouva les principaux membres du clergé de ce diocèse tout disposés à ce dessein. Il retourna cependant à Paris, sans parler à personne de cette faveur , attendant que Dieu lui donnât des signes extérieurs et indubitables de sa volonté : ce qui ne tarda pas. Car l'évéqne de Nantes, M. de Beauveau, qui avait déjà fait, en 1642, un essai de séminaire, dans sa ville épiscopale, croyant apparemment que cette œuvre prendrait une forme stable et régulière , et que le succès en serait assuré, si M, Olier en avait la direction , vint peu après à

à Paris, et le pria avec beaucoup d'instances de l'accepter.

M. Olier se rendit à sa prière, ct lui donna plusieurs de ses

à ecclésiastiques, en se réservant néanmoins la liberté de les

envoyer ailleurs , lorsqu'ils auraient servi durant quelque temps le diocèse de Nantes.

Chaque voyage de M. Olier, outre qu'il donnait lieu à quelque établissement de ce genre , était encore, pour les ecclé-

| siastiques des villes par où il passait, une espèce de mission

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322 II, PART. — SÉMINAIRES, « Nous sommes témoins dans nos voyages, écrivait-il, des » desseins de notre maitre, er de ses volontés sur le clergé, » en toutes ces provinces. Il faut ÿ contribuer , pendant que » l’on y est, de tout ce que l'on peut en Jiésus-Curisr. Mais » hélas! c'est une merveille, de voir un bon prêtre dans des » provinces entières. Je ne puis recevoir de joie dans la dése- » lation que je souffre partout, sinon à la rencontre de quel- » ques ecclésiastiques... établis dans la solidité des vertus et > la prudence d'un zèle fervent, » Dans les villes, M. Olier faisait quelquefois des entretiens de piété au clergé; et ces discours laissaient toujours dans les cœurs les plus salutaires impressions. « O ! que vous avez beaucoup gagné dans votm p mission , lui écrivait le père Yvan, parlant de son voyage » de Provence; tous les prêtres qui entendirent votre dis » cours en ont été vivement touçhés; ils sont tous vôtres, ils » ne peuvent se rassasier d'en parler, avouant qu'ils n'oui » jamais rien ouï qui les ait plus émus. Ils l'ont écrit, ils ea » font un très-grand état, et ils eussent bien voulu vous en- » tendre davantage pour se mieux réformer. »

Ce furent apparemment ces dispositions si favorables du clergé de Provence, qui inspirèrent à M. Olier la pensée d'itablir un séminaire à Aix, où l'Université attirait grand nombre d'étudiants. Parmi les prêtres de sa communauté, & trouvait un ecclésiastique né dans ce diocèse, M. Philippe, homme docte, judicieux, d’une vertu éprouvée , et qui avan déjà donné des preuves de sa capacité et de son zèle, lui parut très-propre à l'exécution de ce dessein. M. Philippe cédant ses pressantes sollicitations , après s'être associé quelques etclésiastiques , formés comme lui par le serviteur de Dev, & rendit donc à Aix, et y acheta une maison dans le voisinäs du palais architoiscopal, où il commença le nouveau séminaire «On ne saurait rien ajouter à l'affection et au zèle qu » M. l'abbé Olier a eus pour l'établissement et le soutien &

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SÉMANAIRES D'AIX ET D'AVIGNON. 323 » pris d'y travailler que par ses ordres. J'ai täché aussi d'y » établir son esprit et ses sentiments, le mieux qu'il m'a été » possible, »

M. Olier s'étant rendu par ordre des médecins aux eaux de Bourbon, en 1672, ce voyage devint l'occasion de l'établis— sement de plusieurs séminaires. Il avait eu soin de ne faire aucune visite aux évêques des lieux par où il passait, pour nu ètre pas obligé de leur refuser des sujets, n'en ayant point alors de disponibles. Mais il reçut, étant à Bourbon , une letire par laquelle on le suppliait de se rendre dans le comtat Venaissin , pour y donner commencement au séminaire d'Avignon, Après avoir pris l'avis des médecins , il se détermina à entreprendre ce voyage , et se rendit d'abord à Viviers. Là, il apprit que l'établissement projeté pour Avignon n'était que faiblement désiré par l’archevèque de cette ville , quoique beaucoup de personnes considérables le demandassent avec instance, Il ÿ aurait contribué volontiers, y trouvant l'oecasion de témoigner son dévouement au saint siège apostolique, à qui Avignon appartenait; mais jugeant, par les dispositions du préiat, que les moments de la Providence n'étaient point encore venus, il rompitaussitot ce dessein.« Je ne m'ex- » poserai pas, écrivait-il, à entrer dans l'œuvre d'Avignon , » que Je n'ai pas vu #‘rc assez müre, Le jugeant pas encore » les moments de la Providence arrivés. LH faut marcher pas » à pas, suivant les ordres majestueux et éternels de Dieu en » toutes choses. » Cette tentative, en apparence sans succès pour Avignon , poria néanmoins son fruit dans la suite , comme M. Olier semblait l'annoncer ici. Ce fut en effet par respect pour ses premières intentions , et alin de réaliser ses désirs, que sous M. Leschassier , ses disciples acceptèrent la direction d’un séminaire dans cette ville,

Eu s'arrètant à Viviers, le serviteur de Dieu avait dessein de visiter quelques-uns de ses ecclésiastiques , entre autres M. de Quaylus, qu'il y avait déjà envoyé en 1650 , pour se— conder M, de Suze, évèque de cette ville, dans l'établisse=

ment de son séminaire diocésain, On eût dit que Dieu l'y conduisait pour allumer , dans tous les cœurs, le zèle de cette œuvre importante. « J'eus le bien , écrivait-il, de me rendre » ici par une conduite particulière de la divine providence, » l'avant veille du synode, où je vis des merveilles de la main » de Dieu, dans le cœur de monseigneur et des bons mes- » sieurs les curés, pour le séminaire, ceux-ci en disant tout » haut beaucoup de bien, et témoignant y vouloir faire leur » retraite. » Ils désirèrent de plus de contribuer aux frais de l'établissement. L'évêque, de son côté, céda , pour ce dessein, des anciens bâtiments de l'évêché, situés dans la partie haute de la ville, appelée le Château, et, au muis de juin suivant, ces bâtiments étant déjà habitables , il publia ses lettres d'établissement , le 18, dans son synode général. « Ayant plu à » Dieu, y dit-il , de faire cesser les obstacles qui avaient em- » ché jusqu'à présent de mettre notre projet à exécution , ct » lui ayant plu aussi d'inspirer à des personnes de haute pièté » et d’érudition, de s'offrir à nous pour contribuer de leurs » soins et de leurs travaux à ce saint emploi : nous ctablis- » sons, par ces présentes, un séminaire de clerc: dans notre » ville et château de Viviers, et dans notre maison épiscopale, » sous la conduite et direction de notre très-cher cousin, » M. Gabriel de Quaylus, abbé de Loc-Dieu , que nous en » instituons supérieur, pour le régir, gouverner et admi- » nistrer. » D’après sa coutume, M. Olier ne prétendait pas s'établir d’une manière fixe dans ce séminaire, quoique lui ct les siens en supportassent en partie les frais. Il est même à remarquer que, pendant plus de cinquante ans, il n'exista aucune espèce d’acte qui en assurât la conduite à la compagnit de Saint-Sulpice ; et les choses persévérèrent de la sorte jusqu'en 1706, où l’évêque et le clergé du diocèse de Viviers, craignant que ce séminaire, où l'on se rendait de plusieurs diocèses voisins , ne vint à déchcoir, si les ecclésiastiques qui l'avaient établi cessaient un jour de le conduire, désirèrent de l'unir à la compagnie de Saint-Sulpice , à perpétuité.

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