SÉMINAIRE DU PUY
De Viviers, M. Olier se rendit au Puy, sans songer alors à y donner commencement au séminaire, dont l'établissement, projeté depuis dix ans, était toujours retardé et suspendu. L'évèque et le clergé de ce diocèse l'avaient invité plusieurs fois à jeter lui-même les fondements de cette œuvre ; mais le manque de sujets dont il pût disposer ne lui avait pas permis de l'entreprendre. Ecrivant à M. de Quaylus, quelques années auparavant, et l'engageant à passer par le Puy : « Vous ferez » espérer à Ges messieurs, lui disait-il, que, quand nous » pourrons leur donner quelques sujets pour le séminaire, » nous le ferons de tout notre cœur. Notre état présent ne » nous le permet pas : la moisson par deçà est plus grande » que jamais.» Un autre obstacle était le manque de ressources pécuniaires. Le zèle qui se réveilla dans les ecclésiastiques et dans plusieurs laïques , à la présence de M. Olier, fut apparemment le motif qui le porta à leur proposer de contribuer à ce dessein. On tint une assemblée de personnes considérables ; l'évêque Henri de Maupas, qui y présidait, l'ayant prié, au nom de la compagnie, d'exposer lui-même la nécessité de faire quelques sacrifices pour un si utile établissement, M. Olier se recueillit quelques moments , et parla ensuite avec tant de bénédiction, que dès-lors la fondation du séminaire du Puy fut arrêtée d’une manière irrévocable. M. de Maupas, l’un des orateurs de cette époque, et qui avait été plusieurs fois témoin des effets de grâce qui accompagnaïient les paroles de M. Olier, fut extrêmement surpris et frappé dans cette rencontre ; et il disait long-temps après, parlant de ce même discours, qu’il était plein, non-seulement de noblesse, de force , de lumière, mais surtout de cette chaleur de l'Esprit saint, qui échauffe les cœurs les plus glacés, et remue les âmes les plus insensibles. « La très-sainte Vierge, cette puis- » sante princesse, écrivait M. Olier lui-même, a fait, par le » moyen de son pauvre et inutile serviteur, l'œuvre excellente » de son Fils, en la vertu de sa parole touchante et efficace. » Car, dans cette octave de tous les saints, a été commencé
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l'établissement d'un séminaire qui sera , dans ce lieu de bénédiction , comme j'espère , un arsenal en la main de la Mère de Dieu, pour la destruction des hérésies, par le moyen des ouvriers qui s’y pourront former ; étant vrai que celte sainte ville fournit à tous les ordres et à toutes les communautés des àmes éminentes en sainteté et en fidélité à l'œuvre de Jésus-Curisr. J'étais venu dans ces quartiers pour me reposer el me remettre, mais notre divin Maitre et sa très-sainte Mère en ont ordonné autrement. »
Tous les obstacles étant donc levés, M. de Maupas publia
sur-le-champ son mandement de fondation, Après y avoir
rappelé les diflicultés que cette œuvre avait rencontrées jus-
qu'alors , il parle en ces termes : « À présent qu’il plait à
Dieu de susciter des personnes dont la naissance, jointe à la piété et à la doctrine, nous invitent à travailler sérieusement à cette sainte œuvre, et d’ailleurs, pleinement informés des bénédictions extraordinaires que Notre-Scigneur départ à ceux qui out été élevés sous la direction et dans les maisons des grands séminaires de Paris, qui sont comme des sources perpétuelles où grand nombre de nosseigneurs les prélats ont puisé abondamment, avec grand fruit et bénédiction, les séminaires qu'ils ont établis dans leurs diocèses, particulièrement ceux qu'ils ont pris dans cette pieuse maison de Saint-Sulpice ; sur la confiance que nous avons que la divine miséricorde daignera accompagner nos desseins des mêmes bénédictions :.... nous déclarons, par ces présentes , avoir érigé un séminaire, dont nous avons donné la direction à M. l'abbé Olier, supérieur du séminaire de Saint-Sulpice de Paris, et à ses successeurs en ladite charge, et à ceux qui nous seront envoyés de leur part, pour en être les supérieurs, gouverneurs et administrateurs sous notre autorilé. »
M. Olier, depuis ses missions d'Auvergne, avait toujours
eu ie désir de se consacrer au renouvellement du diocèse de
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