‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 161 sur 235 · ÉTABLISSEMENT DE CLERMONT=LODÈVE · texte numérisé non relu

ÉTABLISSEMENT DE CLERMONT=LODÈVE

rons ici, comme un monument de son respect pour la dignité épiscopale et sa profonde hnmilité.

« Monseigneur ,

» Etant entré dans votre diocèse par le commandement de monseigneur votre prédécesseur, et M, Couderc, par qui j'avais désiré continuer mes obéissances à votre personne , ayant été agréé de vous dans les commencements, j'avais été ravi, non--sculement de Jui conserver votre ‘ienveillance, mais aussi de le faire subsister avec quelques autres sujets, pour votre plus grande satisfaction. Mais maintenant qu’il n'a pu mériter la continuation de vos gr ce. je lui ai mandé de se démettre de son bénéfice, en li faisant connaître qu'il n’était pas juste d’être dans la maison d'un maître, sans son agrément, et qu’il ne pouvait espérer aucune bénédiction que dans l'union de votre charité. C'est sur ce fondement et cette maxime qu'est établie la maison de Saint-Sulpice. Elle ne se réserve d'autres droits sur les sujets qui en sortent par la vocation de messecigneurs les prélats , que de leur faire toujours connaître la dépendance absolue où ils doivent être à leur égard , et de les reprendre de toute manière, s'ils y avaient manqué. C’est pourquoi, Monseigneur , dans la douleur que je souffre en voyant un des sujets de la maison indigr de votre affection, je ressens une véritable joie de faire le sacrifice entier de ce bénéfice, afin de témoigner par là, dans un de nos premiers établissements , que les sujets de la maison n'ont point de vie, d'intérêt, ni de conduite, que dans l'ohéissance de messeigneurs les prélats. Ils peuvent nous appeler et nous renvoyer quand ils le veulent ; et la maison fait profession de ne rien être et de ne rien posséder, que dans leur pure et simple dépendance, L'œuvre de Dieu ne doit jamais causer rien d'incommode ni de contraire à la simplicité et à

» la justice de l'Evangile ; et si je savais qu'il dût sortir ja- » mais de Saint-Sulpice quelque sujet qui choquât les ordres

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» de nosseigneurs les prélats, ou appuyät le violement de » leur respect, je demanderais que la maison füt détruite , et » devint un objet d'anathème à la face de tout l'univers.

» C'est pour ce sujet , Monsceigneur, qu'ayant appris qu'il » s'était passé quelque émotion et quelque mutinerie, dans la » ville de Clermont, contre votre obéissance, j'écris à M, Cou- » derc de se démettre de son bénéfice entre vos mains, pure- » ment et simplement, pour que vous en disposiez en faveur » de qui il vous plaira. Nous ne devons ni violer le respect » dû aux saints prélats, ni approuver ceux qui le violent, on » souffrir qu'à notre occasion , il arrive rien de pareil dans » les lieux où nous sommes présénts. Si propler nos exorta est » lempeslas, dejiciamur in mare : il vaut bien mieux qu'on p ne nous voie jamais, et qu'on n'entende plus parler de » nous, que s’il était dit qu'à notre occasion , il se soit passé » rien de semblable, ou que même nous ne l'aÿons pas dés- » approuvé, lorsque nous le pouvions. Je suis bien aise qu'on » voie l'horreur que nous avons d’une pareille conduite , ct » que, pour cela, nous ne voulons point qu’il reste rien de » nous dans ces lieux , afin d’obliger les violateurs de vos res- » pects à penser à leur faute. Bien loin d'entrer dans leur » parti, nous le détestons , et s’il y avait quelque chose au- » delà de l’anathême et de l’exécration , j'en userais pour dé- » tester et condamner une si indigne conduite. Du moins, » Monseigneur, devons-nous faire tout ce que nous pouvons, » pour vous témoigner combien nous honorons la dignile » épiscopale, en votre personne et en tous nosseigneurs les p fréiats, Il me suflit qu'en la présence de Dieu, et à vos » pieds, je reçoive, avec ceux qui ont déférence à ma voix, » votre sainte bénédiction , et que j'aie la satisfaction de vous » avoir témoigné nos respects et nos obéissances. Si nous eus- » sions eu l’houneur de recevoir vos ordres , et qu'il vous eil » plu, par un mot de lettre, ou par quelqu'un des vôtres, » nous faire savoir ce que vous désiriez de nous, je vous au- » rais témoigné ponctuellement mon obéissance , qui est tell

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