‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 173 sur 235 · V. PART. — CONVERSION DE LA VILLE DE PRIVAS · texte numérisé non relu

V. PART. — CONVERSION DE LA VILLE DE PRIVAS

A peine se virent-ils à portée d'exercer leur zèle dans Privas, qu'ils tentèrent tous les moyens de retirer des voies de la perdition leurs frères égarés depuis si long-temps : instructions publiques, conférences particulières, ' douceur et charité envers tous , l'exemple d'une. vie irrépréhensible , et la pratique de toutes les vertus qu'ils préchaient dans la chaire de vérité , tel fut le genre d'attaque qu'ils livrèrent à l'hérésie et à ceux qui s'étaient rangés sous ses étendards. Avec le secours de la grâce et cette confiance en Dieu qui triomphe du monde et de ses erreurs, ils eurent bientôt soumis un grand nombre d'hérétiques au joug de la foi. On comptait à peine dans Privas quarante catholiques , lorsqu'ils y commencèrent leur mission , et quelque temps après, ils étaient plus de trois cents. Dès-lors Notre-Seigneur, exilé de cette ville depuis tant d'années, fut remis sur son trône , et commença de reposer dans son tabernacle , en faveur de ceux qui croyaient la vérité du mystère de l'autel. Lorsqu'on vit les esprits assez calmes pour n'avoir plus à craindre ni profanations ni scandales, on rendit au très-saint Sacrement les hommages solennels qui lui sont dus ; et le jour de la Fète-Dieu on le porta en triomphe dans les rues et dans les places , avec toute la pompe et tout l'appareil que permettaient les conjonctures. Cette pompe frappa beaucoup par sa nouveauté les habitants de Privas; car, de mémoire d'homme, on n'avait vu dans cette ville ni processions ni autres cérémonies publiques. Les catholiques ne purent être témoins d’un si consolant spectacle , sans verser des larmes de joie. il attira des lieux voisins plus de cinq mille personnes, qui assistèrent religieusement à la solennité; et depuis cette heureuse époque elle se renouvela sans trouble, tous les ans, et sans aucune insulte de la part de ceux qui demeurèrent attachés à l’hérésie des Sacramentaires.

Les prêtres envoyés par M. Olier eurent la joie de voir l'église de Privas fréquentée , l'ignorance de la doctrine catholique bannie de cette ville, les sacrements de Pénitence ct d'Eucharistie devenus aussi chers aux paroissiens nouvelle-

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