IV, PART, — ORAISONS FUNÈDRES DE M. OLIER
res qu'il a remportées plus de dix mille fois, sur le vice et sur l'ignorance! Ca peut dire, aujourd'hui qu'il a quitté la terre, que c'était un homme du ciel, admirable dans la pureté de sa vie, comme dans celle de sa doctrine : on peut dire de sa doctrine, qu'elle rend témoignage aux vérités de l'Évangile; que c'est une lumière qui fait naître dans les esprits le beau jour de la piété; que c'est un guide assuré pour la conduite de la vie, et une messagère fidèle qui porte dans une âme les agréables nouvelles du bonheur de l'éternité, Ia pratiqué dans une haute perfection tout ce qu'il a enseigné aux autres, lorsque les enseignements qu'il donnait au prochain pouvaient être compatibles avec sa profession, Il à fait de sa sainte vie, la première minute ct le véritable original de tout ce qu'il nous a laissé par écrit : il a imité son ben maitre et le nôtre, il a commencé de s'expliquer par ses actions, plutôt que par ses paroles : il a refusé les premières mitres du royaume, que notre grande reine lui à offertes, par l'estime qu'elle faisait de sa rare
» piété ; et, bien que la modestie de ce parfait ecclésiastique, » dont les exemples en ce point ne sont pas tout-à-fait ordi-
LA
naires, l'ait porté à ce constant et généreux refus des plus éminentes dignités de l'Eglise, bien qu'il n'ait pas voulu monter sur les trônes du clergé, il a néanmoins conservé les troupeaux du Fils de Dieu. » L'orateur en louant le dé-
sintéressement de M. Olier, n'oublia pas le beau trait auquel il avait lui-même donné occasion, et que nous avons raconté dans cette vie : « Je connais un évêque, dit-il, en
frappant sa poitrine, ( c'était de lui-même qu'il parlait ) je
» connais un évêque, qui s'est mis à genoux devant lui, pour » le prier, les mains jointes, de recevoir son évêché, sans » que jamais il ait pu l'y faire consentir.»Peu de jours après, les membres de la conférence de Saint-Lazare , ayant parlé äes verius du serviteur de Dieu dans une de leurs réunions, saint Vincent de Paul en rendit ainsi compte à ses missionnaires : « Messieurs les ecclésiastiques qui s’assemblent ici,
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OLIER
sur le vice et qu'il a quitté la nirable dans la trine : on peut aux vérités de naitre dans les in guide assuré gère fidèle qui du bonheur de rfection tout Ce ignements qu'il patibles avec sa nière minute ct laissé par écrit :
a commencé de r ses paroles : il que notre grande faisait de sa rare it ecclésiastique, tout-à-fait ordiux refus des plus n'ait pas voulu nmoins conservé ‘en Jouant le déle beau trait au- 1e nous avons raique, dit-il, en qu'il parlait ) je devant lui, pour son évêché, sans eu de jours après, zare , ayant parlé leurs réuniobs ; te à ses missions'assemblent ici;
TOMBEAU DE M, OLIER, 387 » prirent pour sujet de leur entretien, mardi dernier , ce » que chacun d'eux avait remarqué des vertus de M. Olier , » qui était de leur compagnie ; et, entre autres choses que » l'ondit , une des plus considérables fut, que ce grand ser- » viteur de Dirv tendait ordinairement à s'avilir dans ses pa » roles, et qu'entre toutes les vertus, il s'étudiait particu- » liérement à pratiquer l'humilité, »
Comme on se proposait de faire élever, au défunt , un tombeau en marbre, en attendant, on déposa son corps dans la chapelle supérieure du séminaire, sous une représentation de bois couverte de velours noir. IH demeura de la sorte jusqu’en l'année 1684, où M. Fronson, en exécution du testament de M. de Bretonvilliers , le fit mettre en terre au milieu de la chapelle, qui fut alors pavée tout entière de marbre blanc et noir, il en usa ainsi de l'avis de l'archevêque de Paris, tant pour obvier à la difficulté de placer un tombeau dans cette chapelle, qui n'était pas grande, que pour ne pas donner occasion aux critiques qu'on aurait pu faire , s'il eût été élevé de terre; ce qui eût paru peu conforme à la simplicité et à la modestie dont le séminaire devait faire profession, Sur la tombe du défunt, on grava l'inscription suivante :
Pugnent alibi mœrores et gaucit, huc conspirant , ubi suo CarrisTus triumphat in milite ; ubi Sacerdos apostolicus jacet JOANNES-JACOBUS OLIER , pastor Sancti Sulpitii, seminarii institutor
fundator et primus superior ; quem suspexit Lutetia in animi simplicitate prudentem , in cordis humilitate magnanimum , in operationis suavitate potentem ; hoc in suburbio suis Babylonem sudoribus curavit,
388 IV, PART, — TOMBFAU DE M. OLIER, clerum suis in Gallia provocavit exemplis , novi orbis saluti suo zelo providit ; seminariorum tandem erectione , scriptis, et verbi energià ; clericalis ubique splendorem dignitatis mirificè propagavit ; tum diuturnæ morbo paralysis CHRISTO confixus cruci, dum superioris munus obiret , Parisiis obiit , anno Domini 1657, ætatis 48.
La tristesse et la joie , si opposées ailleurs , se trouvent réunies ici, où Jésus-CHRisT triomphe dans l'un de ses soldats, où repose ce prètre apostolique JEAN-JACQUES OLIER, Curé de la paroisse instituteur, fondateur et 1er supérieur du séminaire de S. Sulpice ; Paris en lui admira la prudence et la simplicité d'esprit , la magnanimité jointe à l'humilité de cœur , la force et la douceur des moyens ; Ses travaux guérirent dans ce faubourg , les maux d'une autre Babylone ;
Ses exemples excitèrent la ferveur du clergé ; Son zèle pourvut au salut du nouveau monde ; L'érection des séminaires qu'il procura, ses écrits et l'énergie de sa parole ,
augmentèrent partout , d'une manière admirable, la splendeur de l'état clérical ; Enfin, frappé d'une longue paralysie , et attaché à la croix avec JÉSUS-CHRIST, il mourut à Paris, tandis qu'il exerçait la charge de supérieur, l'année du Seigneur 4657 , de son âge la 48e.
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