‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 188 sur 235 · V. PART.—CONNAISSANCES DIS PENSÉES SECRÈTES · texte numérisé non relu

V. PART.—CONNAISSANCES DIS PENSÉES SECRÈTES

» consolation. Souvent même il m'annonçait ce qui devait » m'arriver, et les choses arrivaient en effet de la manière » qu'il m'avait dite. Un jour que je l'accompagnais, il rencon- » tra une personne qui, se mettant à lui parler, lui cachait » quelque chose, M. Olier en eut aussitôt connaissance , et la » lui découvrit telle qu'elle était, Je lui demandai ensuite » comment il avait donc pu connaitre une particularité si ca- » chée, il me répondit : C’est en Dieu qu'on voit loutes ces » choses , et beaucoup plus clairement que si on les voyait en » elles-mêmes. » M, Leschassier lui rend aussi le même témoignage : « Il a pénétré, dit-il, le fond des cœurs, et il a » déclaré plusieurs fois à des personnes qui sont encore vi- » vantes, des pensées qu'elles avaient eues , qu’elles n'avaient » communiquées à qui que ce fût, et qui étaient si singu- » lières , qu’on n’en pouvait avoir humainement aucune con- » jecture. »

On doit mettre au nombre des dons extraordinaires de M. Olier, les impressions de grâce qu'éprouvaient plusieurs saintes âmes en conversant lui, ou même seulement lorsqu'elles étaient en sa présence. Outre les exemples de Marie de Valence, du frère Claude , de Marguerite du Saint-Sacrement , de la mère de Saint-Michel, qui sont rapportés dans la grande Vie du serviteur de Dieu ; on en voit qui ne sont pas moins remarquables , dans ses Mémoires ou dans ceux que d’autres personnes ont composés sur sa vie. La mère de Saint-Gabriel, supérieure des religieuses de la Miséricorde, à Paris, rapporte d'elle-même que, presque toutes les fois qu'elle s’entretenait avec M. Olier, ou qu'elle était seulement en sa présence, elle ressentait une impression de grâce si abondarite , qu’elle en était toute pénétrée, et comme embaumée, non-seulement dans le temps de leur entretien, mais durant des mois entiers, pendant lesquels elle eût désiré d’être séparée de toute créature, pour ne s'occuper que de DtEu seul. Quelquefois cet cffet durait jusqu’à ce qu'il revint ; alors la même grâce se renouvelait encore, et avec tant d’abon-

Page 1