PREMIÈRES PRÉDICATIONS DE M. OLIER
à diocèse de Nantes, l'abbaye de Notre-Dime de Pébrat, de
l'ordre des Chanoines réguliers de saint Augustin, au diocèse de Saint-Flour.
M. Olier n'avait que dix-huit ans lorsqu'il en prit posses- “sions: ectle 11 octobre de la même année 1626, il fut élu | chanoine-comte honoraire de l'illustre chapitre de Saint- Julien de Brioude, titre d'honneur que partageaient les évè-
ques de Mende et du Puy; et les abbés de Saint-Robert de la Chaise-Dieu, et de Notre-Dame de Pébrac. Enfin ses parents obtinrent encore pour lui, le prieuré de Bazainville, au dio-
" cèse de Charires.
Se
Voulant le pousser aux honneurs, ils désirèrent qu'il exerçàt déjà son talent pour ia prédication, D'après la coutume, sa qualité d’abbé lui permettait de remplir ce ministère, quoiqu'il ne fût point prêtre, ni même dans les saints ordres; et il fut tellement goûté dans ces premiers essais, qu'on voulut bientot l'entendre du, : les meilleures chaires de la capitale. Sa mère ctait ravie des éloges qu'on donnait de toutes paris à son fils, et fondait sur lui ses plus flatteuses espéran— ces. « Elle m'aimait beaucoup, dit-il, tandis qu'elle me » voyait marcher dans la grandeur et lapplaudissement du » monde, comme , par exemple, quand j'avais du train, » que je prèchais avec gentillesse, que je composais ces beaux » sermons à la mode, tout pleins de vanité, de pointes d'é- » loquence et de curiosité ; et que je ne disais rien contre les » mœurs du monde, à savoir l’averice et la superbe. »
Ge tut, en effet, vers ce temps que M. Olier commença à fréquenter les grands, et à s'engager dans les divertissements du monde, Ses parents, pour lui frayer un chemin aux honneurs, lui prodiguèrent tous les moyens de paraitre avec éclat. Il avait un grand train, deux carrosses , une livrée nombreuse, et goutait les agréments de la société avec toute la liberté que prenaient les gentilshommes de son rang. La vivacité de son esprit, ses manières nobles, les agréments de sa personne , la considération dont jouissait sa famille,
16 1. PART, 1630.—MARIE ROUSSE' PRIE POUR M, OLIER,. alliée à tout ce qu'il y avait de plus élevé dans la magistrature: tous ces avantages le firent rechercher dans les sociétés du monde, dont la fréquentation faillit lui devenir funeste. Enfin ses parents ouvrirent les yeux, et se repentirent d’avoir voulu le sacrifier à leur vanité, en le jetant au milieu de tant de périls.
Sa mère surtout, qui avait une grande horreur du péché, fit, pour la conversion de son fils, des prières ferventes ; elle répandait chaque jour beaucoup de larmes devant Dreu, et ne cessa de gémir et de prier jusqu’à son entière conversion.
Plusieurs saintes âmes à qui Dieu inspira, vers ce temps, les mêmes sentimens de zèle et de dévouement, offraient pour lui les plus ardentes prières. L'une d'elles, qui fut l'instrument de sa conversion, quoique alors il ne la connût point, priait continuellement pour le renouvellement du clergé,et spécialement pour le faubourg Saint-Germain qu’elle habitait. C'était une ème de grâce, comblée des dons du ciel les plus extraordinaires, et favorisée des communications les plus intimes avec la mère de Du. Pour faire éclater davantage les richesses Je sa bonté, Dreu était allé la choisir dans la classe la plus obscure, et dans l’une des professions les plus avilissantes aux yeux du monde. C'était Marie de Gournay, veuve de David Rousseau, l’un des vingt-cinq marchands de vin de Paris. Nous aurons occasion d'en parler plusieurs fois dans cette histoire ; eile doit d’autant plus justement y trouver place, qu'on lui est redeveble, après Dieu, de l'établissement du Séminaire de Saint- Sulpice, comme aussi de presque toutes les œuvres de zèle et de charité auxquelles le serviteur de Dieu se livra jusqu'à la mort. Elle était destinée à obtenir, par ses prières, la première conversion de M. Olier, c'est-à-dire son établissement
dans la vie de la grâce, ainsi que celle'de plusieurs jeunes
abbés de qualité que nous ferons connaître bientôt ; et c’est sans doute cette sainte veuve que désigne un historien , en parlant ainsi de ces ecclésiastiques : « Un jour, qu'ils reve-
» naient de la foire Saint-Germain, une pauvre femme les
») aborda
) VOUS L D CCra. )» les.
ressentir Lentièremt quoique Limpuissar l» micre € 1») plusieu *» à nos!
‘» de ma
:U» laquell
L » prières L» comme
» affectiot
fi
Up J J'avais
L divertis > jours, ;
0) per! nétu .» mes fat
4 » temps
0 tièremce
… Ilétait
"dre le vo
? comme la #M. Olier 1 alors pou La conna il aspirai “ctil con en Sorb motif le d'habiles
JR M, OLIER,
magistrature; Is les sociétés venir funeste, pentirent d'at'au milieu de
eur du péché, es ferventes ; devant Dieu, re Conversion.
ce temps, les aient pour lui nstrument de t, priait con- Spécialement t. C'était une extraordinaitimes avec la chesses Je sa lus obscure, aux yeux du d Rousseau, ous aurons ire ; cile doit l'est redeve— e de Saints de zèle et à jusqu'à la es, la preablissement urs jeunes ôt ; et c'est torien , en u'ils revefemme les
1630, — VOYAGE DE M, OLIER À ROME, 17 » aborda dans la rue, et leur dit: Hélas , Messieurs, que vous me donnez de peine! Ily a long-temps que je prie » pour votre conversion, J'espère qu'un jour Dieu m’exan— » cera. » Les prières de Marie Rousseau ne furent pas inutiles. M, Olier, alors âgé de vingt ans et demi, commença à en ressentir les effets, et éprouva des désirs passagers de rompre entièrement avec le monde, et de mener une vie parfaite, quoique pendant dix-huit mois ces désirs fussent toujours *impuissants.« Je reconnais, dit-il, être redevable de ma pre- !» micre conversion à cette sainte âme; et Dieu m'a obligé L» plusieurs fois, devant que de la connaitre, de dire tout haut :» à nos Messieurs : Il y a quelque personne qui est la cause “» de ma conversion. La sainte Vierge, sous la protection de
M» laquelle j'étais né, travaillait de toutes parts, et mettait en
» prières toutes ses servantes particulières pour ce sujet. Je » commençai donc de naître alors à Dieu, par désir et par » affection légère, sans pourtant quitter tout à fait le péché. » J'avais peine à aimer le monde, et ne pouvais y trouver de » divertissement véritable; mais toutefois je retombais tou- » jours , malgré tous les attraits de Dreu, ses sollicitations » perpétuelles, les punitions journelières que je sentais après .» mes fautes, et la fréquentation des sacrements , jusqu’au .» temps que j'allai à Notre-Dame de Lorette, où je fus entièrement conçu à la grâce. »
«“ Il Gtait dans ces dispositions, lorsqu'il résolut d’entreprenà dre le voyage d'Italie, dessein qui vint assurément de Dreu , . comme la suite le fit voir , mais qui ne parut être inspiré à
4 M. Olier que par le désir d’une gloire mondaine. Passionné 1 alors pour les sciences , il ambitionnait de s’y faire un nom. La connaissance de la langue grecque n’ttait rien à ses yeux’, “il aspirait à un genre de mérite qui le distinguât de la foule , à. til conçut le dessein d'apprendre l'hébreu, pour soutenir “cn Sorbonne quelqu’une de ses thèses en cette langue. Ce motifle détermina à aller à Rome , pensant qu'il trouverait
&d'habiles maitres dans cette capitale, et qu'il s’appliquerait
genes dpiérm mea mure