PART. 1690.—-PÉLERINAGE DE M. OLIER A LORETTE
avec plus de liberté à l'étude, en s'éloignaut ainsi de ses ami Ce fut une conduite bien miséricordieuse sur M. Olier, qu le dessein qu'il forma de ce voyage : il allait à Rome dan l'intention d'acquérir la science qui enfle, et Dieu l'y con. duisit, comme saint Paul à Damas , pour l'abattre, le terrasser , eten faire un vase d'élection. Il ne permit point qu dans cette ville M. Olier se procurät des connaissances et de protections parmi les grands, ni qu'il fréquentât les savant et les curieux que le goût des arts y attire de toutes les parties de l'Europe. Il y était venu pour y appreudre la langu hébraïque, et Dieu voulut qu'il éprouvât, en arrivant, u affaiblissement des yeux, qui lui interdit tout à fait cett étude, et qui lui fit même craindre de perdre entièremen l'usage de la vue. Les médecins ne négligèrent rien pour | rétablir ; mais toutes les ressources de leur art furent em-
ployées inutilement, Dieu lui en réservant une plus eflicac
dans la protection de la très-sainte Vierge. Il inspira donc: M. Olier de faire vœu d'aller en pélerinage à Lorette, lie où, selon une tradition incontestable , se trouve la maisor dans laquelle s’est opéré le mystère de l’incarnation, et qu est célèbre dans tout le monde chrétien par des miracles san nombre.
Vers la fin du mois de mai 1630, il se mit en chemin , a fort des chaleurs du pays. Il se couvrit d’un habit d'hiver, par esprit de pénitence ; et commença son pélerinage à pied Un voyage de cinquante lieues pour un homme de sa condition , et déjà affaibli par les remèdes, était plus qu'il n’en fat lait pour l'épuiser dès les premières journées ; néanmoin ses entretiens avec Dieu et avec Marie le soutenaient et soulageaient, jusqu'à lui faire oublier la fatigue du corps Tantot il récitait le chapelet; tantot ilse délassait en composant, à la louange de la Reine du Ciel, de touchants et pieut cantiques. Mais lorsqu'il ne lui restait plus qu'une journ& de chemin à faire , il fut attaqué d'une violente fièvre , occa-
sionnée par la fatigue, et qui le contraignit de s'arrêter, M
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