‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 201 sur 235 · SUR LA SAINTE MAISON DE LORETTE · texte numérisé non relu

SUR LA SAINTE MAISON DE LORETTE

Cette nouvelle translation fit tant de bruit dans la chrétienté, qu’il vint de presque toute l’Europe une maltitude innombrable de pélerins à Recanati , afin d'honorer la maison dite depuis de Lorette. Pour constater de plus en plus la vérité de cet événement, les habitants de la province envoyèrent d’abord en Dal. imatie , et ensuite à Nazareth, scize personnes des plus qualifiées, qui firent sur les lieux de nouvelles enquêtes. Mais DIEU daigna en montrer lui-même la certitude, en renouvelant deux fois, coup sur coup, dans le territoire même de Recanati le prodige de Ia translation. Car, au bout de huit mois, la forêt de Lorette Se trouvant infestée d’assassins qui arrêtaient les pélerins, la maison fut transportée à u.: mille plus avant, et se ploça sur une petite hauteur qui appartenait à deux frères de la famille des Antici;et enfin ceux-ci ayant pris les armes Pun contrel'autre pour partaser les offrandes des pélerins, La maison de Lorette fut transférée dans un endroit peu éloigné, ct au milieu du chemin public, où elle est restée , et où a été bâtie depuis la ville appelée Lorette.

La translation miraculeuse de cette maison étant incontestablement démontrée , les souverains Pontifes ont établi une fête pour en célébrer la mémoire.

On lit dans le Martyrologe Romain , au 10 décembre : Laureti in PicenoTranslatio sacræ dumis Dei genitricis Marie , in qu& Verbum caro factum est; et,dans la sixième leçon delOffice, ces paroles qui y furent ajoutées sous le pontiticat d'Innocent XII : «a Ipsius autem Virginis natalis domus, divinis mysteriis conse- » crata, ab infidelium potestate in Dalinatiam priüs, deindè in + agrum Laurctanum Picenæ provinciæ translata fuit, sedente » sancto Cœlestino V, tandemque ipsam esse in qua l’erbum » caro factum est, et habitavit in nobis, tum pontificiis diplo- » matibus et celeberrimà totius orbis vencratione, tum continu » miraculorum virtute, et cœlestium ber,-ficiorum gratià coms probatur. Quibus permotus Innocentius XIT, qud ferventiüs * erga Matris amplissimæ cultum fidelium memoria excitaretur, » ejusdem sanctæ domûs translationem anniversarià solemnitate

*in tote Piceni provincia veneratam, Missa et Officio proprio » celebrari præcepit. »

Cette addition ne fut faite qu'après l'examen le plus sévère,

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dans la congrégaticn des Rites, en 1699. La fête, établie d'abord dans toute la Toscane, fut ensuite célébrée, par l'autorité de Benoît XIII, dans l’État de Rome, la république de Venise, et cofin dans tout le royaime d'Espagne et les Etats catholiques

qui en dépendaicnt,

Benoît XIV ( De Festis B. Mariæ Virg., cap. XVI. De Festo Translationis sanctæ domûs Lauretanæ) fait voir que la vérité de cette histoire est appuyée sur les fondements les plus solides, et prouve invinciblement qu’on ne peut la révoquer en doute Les preuves principales sont :

1 Les constitutions de Paul Il, de Léon X, de Paul HE, de Paul IV et de Sixte V.

20 Les miracles presque sans nombre qui se sont opérés et s'opèrent encore tous les jours dans la sainte chapelle de Lorette. « De miraculis autem quæ quotidie in sacra illa domo contin- » gunt, probantque locum illum enmdem esse in quo ineffabile » Incarnationis Verbi mysterium impietum cest, ca sunt propé

> innumera, ibique continuè succedentia, atque ita nota, ut de » jis diccre hominis sit abutentis otio suo. » Zbid. n. 2.

30 Les témoignages des écrivains les pius remarquables, comme Canisiès, Baronius , Rainaldus, Tursellinus, Turrianus, Benzonius, Angelita , etc., et surtout Martorellus, qui rapporte, das son Theatrum sanctæ domüs Lauretaneæ , les paroles des témoins qui, dans un examen solennel , attestent tenir de leurs ancêtres qu’ils avaient vu de leurs propres yeux la sainte maison portée dans les airs, et venir se placer au lieu où on la voit actucllement.

4o Le rapport des trois commissaires envoyés par Clément VIT, pour comparer les dimensions de la sainte maison de Lorette avec celles des lieux où elle était située auparavant, soit en Dalmatie , soit en Galilée , et qui les trouvèrent parfaitement conformes,

Benoit XIV, après avoir cité ct adopté ces autorités différentes, ajoute : « Sed temperare nobis ipsi non possumus, quin nonnihil » dicamus de eo quod quidam , ut eruditi acrisque ingenii sibi » famam parent, semihianti ore mussitant, sapientioribus ma- » gnique nominis criticis hujus non probari veritatem historiæ.» I oppose à ces faux critiques, Bollandus, Papcbrock son conti-

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nuateur , le P, Alexandre, Théophile Raynaud, Baillet lui-même, le P. Honoré de Sainte-Marie, Graveson , Guido-Grandus , Calmet, Muratori, etc., qui tous admettent comme incontestable la vérité de cette histoire. :

C’est sur le modèle de la sainte maison de Lorcette , renfermée dans la magnifique église du même nom, qu’a été construite la chapelle dite de Lorette, qu'on voit à Issy, dans la maison de campagne du séminaire de Saint-Sulpice

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