PÉLERINAGE DE NOTRE=DAME DE LIESSE
PÊLERINAGE DE NOTRE-DUME-DE-LIESSE. ( page 33. )
Le pélerinage de Notre-Dame-de-Liesse, aujourd’hui diocèse de Soissons , a toujours été, depuis son origine , un des lieux de dévotion les plus célèbres de la France ; et c’est peut-être sa grande renommée qui à fait regarder comme inutile à nos anciens historiographes de transmettre à la postérité les circonstances de son établissement. Ii est arrivé de là, que nous n’en connaissons plus aujourd’hui le détail avec une entière certitude , quoique le fond en soit assuré. Tel est aussi le sort de plusieurs semblables dévotions, dont l’origine, quoique évidemment miraculeuse, s’est trouvée dans Ja suite enveloppée d’obscurité par manque de monuments écrits. Mais l’histoire de Notre-Dame-de-Liesse a en sa faveur d’autres monuments nom moins décisifs : le concours non interrompu des pélerins de tout rang et de tout état, depuis son origine, qui ne remonte pas au-delà du XII siècle , et l’existence même du bourg de Licsse, à qui ce concours a donné lieu ; deux effets qui seraient tout-à fait inexplicables, s'ils n'avaient eu pour canse, comme la tradition Je rapporte , quelque événement merveilleux.
Voici ce qu’elle nous en apprend : Trois frères du pays Laonais, les chevaliers d'Heppes , étant allés à la croisade et combattant pour la délivrance des lieux saints, furent faits captifs par lc soudan d'Egypte, qui employa toutes sortes de moyens afin de les faire renoncer à la foi chrétienne. 11 se servit même, pour y réussir, d’Ismérie, sa fille, qui alla plusieurs fois les visiter dans leur prison ; mais tout le contraire arriva. Cette
princesse, vivement touchée des récits que les chevaliers lui firent sur la mère de Dieu, désira de voir quelqu’une de ses images. On ajoute que les captifs en trouvèrent une dans la prison le lendemain à leur réveil ; et lorsque Ismérie revint les voir, la vue de cette statue tit tant d'impression sur elle qu’elle résolut d'embrasser le christianisme. Dans ce dessein, elle sortit secrètement de la ville durant la nuit, passa le Nil accompagnée des trois chevaliers, et marcha en grande diligence pour éviter les émissaires du soudan , jasqu’à ce qu’enfin, accablée de fatirs, lle s'endormit ainsi que les chevaliers , ayant toujours “rec eux ‘image miraculeuse. À leur réveil, leur surprise ne fut pas petite, car ils se trouvèrent, non plus sur les bords du Nil, mais transportés miraculeusement en France, auprès de Laon et du château de Marchais, où les chevaliers avaient pris naissance ; et es transports de leur joie en devinrent même si excessifs, que ce lieu prit de là le nom de Ziesse , qui lui est resté depuis. En mémoire de ce prodige , les chevaliers firent construire dans le lieu même une chapelle où ils déposèrent l'image miraculeuse de Marie, qui fut, dès-lors, pour les provinces voisines et pour toute la France, l’objet d’une singulière vénération. Ismérie reçut Ie baptême des mains de Barthélemyde-Vir , évêque de Laon, se consacra à Dieu le reste de sa vie, et , après son décès , fut inhumé, dit-on, dans l’église de Saint- Vincent , hors des murs de la ville de Laon, où l’on croit que les trois chevaliers reçurent pareillement la sépulture.
CERTITUDE DE L'APPARITION DE LA MËÊRE AGNÉS A M. OLIER. ( Page 46 ).
Le fait de cette apparition est certainement un grand miracle; et il est d’autant plus permis de demander les preuves de sa certitude , qu’il est pius étonnant : car, d’après les procédures faites pour la béatii cation de la mère Agnès, ce fut par une apparition réelle et corporelle, que cette grande servante de DIEU; éloignée de plus de cent lieues de Paris, se.rendit deux fois visible à M. Olier , dans la maison de Saint-Lazare.
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