‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 207 sur 235 · SUR L'ÉTABLISSEMENT DES SÉMINAIRES EN FRANCE · texte numérisé non relu

SUR L'ÉTABLISSEMENT DES SÉMINAIRES EN FRANCE

» prirent le nom de caudataires, » On avait essayé de rétablir ce séminaire en 1625 ; mais il était entièrement déchu , lorsque, en 1641, M. de Valencé fut transféré de lévéché de Chartres à l’'archevéché de Reims. Celui de Bordeaux, malgré le zèle du cardinal de Sourdis , n'avait pas non plus réussi, n'étant également qu'un séminaire-collége. H faut en dire autant des autres séminaires institués jusqu'alors dans le royaume. Nous ne pouvons entrer dans la discussion des faits, qui serait la matière d’un ouvrage considérable; mais, pour nous Eorner à ceux qui concernent lOratoire, nous ferons observer que le séminaire que M. Tabar:ud suppose avoir été fondé à Lyon, par le cardinal de Marquemont, dans la maison destinée à l'éducation des jeunes Oratoriens, ne fut point un séminaire proprement dit, mais seulement une maison dont les cours de théologie pouvaient être ouverts aux ecclésiastiques du dehors, comme ceux des universités. Il paraît même qu'il n’y avait point encore, à Lyon, de véritable séminaire deux ans après la mort de M. Olicr, lorsque M, Hurtevent y établit celui de Saint-Irénée, quoique les 4anales des Oratoriens fixent à l'année 1653 Pétablissement &e leur séminaire à Lyon.

20 Nous remarquerons aussi, en passant, que les réunions d’ecclésiastiques , formées par M. Bourdoise à Arles, à Laon, à Châlons-sur-Marne, Senlis, Angoulême, Cahors , Coutances, Séez , Noyou, Nantes, Lyon, Bourges, et que l’auteur de sa F'ie appelle du som de séminaireg, ne furent que des communautés de paroisse, ou des colléges de jeunes écoliers. M. Bourdoise donnait même le nom de séminaires aux petites écoles , et nous verrons qu’elles sont en effet désignées sous ce nom dans le projet d’établissement de Montréal. Il paraît que M. Collet a été induit en erreur par cet écrivain : « Saint Vincent de Paul, ditil, voyant que ces séminaires ne réussissaient pas, y ajouta quelque chose , en établissant avec M. Bourdoise des séminaires sur le même pied où ils sont encore aujourd’hui, » Du moins, il est inexact, s’il veut parler ici de ceux que M. Bourdoise établit avant 1642. Au reste, l’historien de ce dernier rapporte que ce qu'il appelle le Séminaire de Chälons-sur- Marne, auquel M. Bourdoise avait essayé de donner commencement en 1624, ne réussit pas, et que ce ne fut qu'en 1642 que M.Félix Vialar forma

le séminaire de son diocèse; on doit en dire autant de toutes les autres réunions d’ecclésiastiques formées par M. Bourdoise,

30 Il est vrai qu'avant cette année les prêtres de la Mission avaient déjà introduit l'usage de la retraite pour les ordinands, dans plusieurs villes où ils étaient établis, comme à Anneci, à Saintes, à Alet, à Richelieu, à Troyes, à Créci; mais sans y avoir formé pour cela des séminaires : car celui d’Anneci ne fut fondé qu’en 1663, par M. d’Aranthon d'Alex; celui de Saintes, en 164%, à condition que les prêtres de la Mission y entretiendraient deux clercs, et y feraient faire les exercices de dix jours à tous ceux du diocèse. Ces exercices avaient été établis à Richelieu , en 1638, en faveur des ecclésiastiques du diocèse de Poitiers; et ce ne fut qu’en 1681 que M. de la Hoguette fonda le séminaire de ce diocèse, dont il donna Ïs conduite aux prêtres de la Mission. Il faut dire la même chose du séminaire de Meaux, établi en 1615, quatre ans après la fondation des exercicee des ordinands à Créci, pour les clercs de ce diocèse. Enfin l’évêque de Troyes , en fondant le sien en 1662, déclare expressément que les exercices des ordinands , établis en 1638 par M de Rreslay, son prédécesseur, étaient insuffisants pour former ses ecclésiastiques.

Un écrivain italien dit cependant que le séminaire d’Anneci est le premier qui ait été étabii au-delà des Alpes , pour les personnes déjà un peu avancées en âge. Z! me semble , ajoute avec raison M. Collet, que ce point souffre difficulte. Nous lisons , en effet, dans les actes originaux, que le commandeur de Sillery, après avoir fondé les prêtres de la Mission dans cette ville, en 1639, ie: obligea , l’année suivante, à employer le surplus de leur revenu à rrceroir et à instruire les ordinands du diocèse de Genève , en tel nombre que la somme le pourrait porter; mais on n’y reçut guère que les retraitants. En 1647, lorsqu'il existait déjà plusieurs séminaires en France , les prêtres de la Mission d’Anreci ,au rapport de saint Vincent, n'avaient encore que huit sujets, et M. de Maupas , en 1660, appelait leur établissement : un séminaire pour examen des ordinands , ce qui semble montrer que ce n’était point alors un séminaire proprement dit; puisque, d’ailleurs, le séminaire d’Anneci ne fut fondé, comme on l’a dit, que trois ans plus tard par M. d'A-

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