SUR L'ÉTABLISSEMENT DES SÉMINAIRES EN FRANCE
ranthon, qui même l'établit dans la maison des prêtres de la Mission , et leur en donna à perpétuité la conduite.
On lit encore que, en 1638, M. Alain de Solminihac, évêque de Cahors, institua, dans son premier synode, un séminaire pour de jeunes clercs, conformément au décret du saint concile de Trente. Mais contraint d'abandonner ce dessein, par défaut de prêtres capables de le conduire , il er chargea, en 1643, ceux de la Mission ; et encore ne les obtigea-t-il qu'à faire la retraite de dix jours aux aspirants aux ordres sacrés, et à garder avec eux trois Séminaristes.
On à écrit aussi que le séminaire de Valence, fondé en 1639, par Jacques de Leberon, évêque de cette ville, fut le premier grand séminaire, proprement dit, établi dans le royaume. Outre que cette assertion d’un auteur beaucoup trop récent est démentie, comme on Fa vu, par des témoignages contemporains , les renseignements qu'on nous a donnés à Valence même, sembient supposer que ce séminaire ne fut d'abord qu’un séminaire-collége, comme étaient alors ceux que dirigeaient les 0 ‘atoriens: du moins le collége de Valence, avant été établi en 1643, fut annexé à perpétuité au séminaire, et tixé dans la mème maison, par acte consulaire du 14 octobre, il est encore à remarquer que les directeurs da séminaire étaient appelés du nom de régents : ce qui avait lieu dans les séminaires-coiléges. Hs conservèrent ce titre jusqu’à la révolution.
PRÉCIS DE LA RETRAITE QUE FIT M. OLIER POUR SE DISPOSER À ENTRER DANS LA CHARGE CURIALE.(page 165.)
« Le quatre du mois d'août, fête de saint Dominique, mon di- » recteur me donna pour sujet de ma méditation, l'importance
4e secourir les âmes , et le zèle que je devais avoir pour ieur » salut, conformément à l'exemple que le Fils de DIEU a laissé » à tous les pasteurs de son Eglise. Entrant donc en oraison, j'ai » vuquece grand amour deNotre-Seigneur pour Les âmes, procé- » dait de celui qu'il portait à son Père. Que la gloire de son » Père est son grand et unique désir, et que voyant des âmes
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, qui pourraient le glorifier éternellement , 11 tes « aimé es par
ce motif; il est sorti si volontiers du seiu d' sun Fire, ila quitté sa propre gloire, et s'est avili jusqu'au point de converser avec ics hommes , sans dédaigner de partager leur pauvreté. Que pour les rendre capable d’honorer et de glorilier DIEU, son Père, il a enduré tant de travaux, tant de veilles, tant de souffrances , et enfin la mort iguominieuse de la croix. Que cette mort devant introduire dans le ciel une multitude d’ânies qui rendraient à DIEU une gloire inimortelle, il eût donné cent mille vies, s’il eût pu, et eût souffert cent mille morts. Bien plus, que sa mort ne lui paraissant rien en comparaison de cette gloire, il ne trouvait ni assez de jeines ni assez de tourments pour satisfaire au désir immense qu’il éprouvait de la procurer. »
» Pendant que j'étais occupé de ces penséés, ila plu à la bonté de JÉSUS, mon unique maitre, de me communiquer quelque chose de ces sentiments ; en sorte que je sentais mon cœur tout en feu , et que j’éprouvais des désirs tout enflammés de donner miile vies à mon DIEU, et cent mille millions de vies, si je le pouvais, pour lui procurer quelque gioire. Cette communication, qui m'a été faite tout-à-coup, a duré
, environ tout le temps de mon oräison : je n'ai rien vu, daps la
vie et la mort de mon maitre, ‘que je raie désiré d’imiter de point en point,et au je aie résolu de pratiquer avec l'approbation de mon direc'eu:. Mon Sauveur n'avait pas seulement le désir de mourir mille fois pour son Eglise ; il voulait encore se donner à elle en nourriture, ce qu'il accomplit tous les
jours au très-saint Sactement. C'est aussi le sentiment que sa
bonté na fait éprouver. Si je n’ai pas le bonheur de répandre mon sang pour l'Eglise, au moins je serai comme son hostic vivante, qui servira pour la nourrir ; je ne dois rien avoir qui ne soit à elle, surtout mon bien, qui servira à la nourriture des pauvres de cette grande paroisse. Je désirerais en outre, après avoir passé le jour dans le travail, de passer encore les
- nuits en prières devant le très-saint Sacrement, Je covujure
mon directeur de m'accorder cette faveur, après laquelle je soupire depuis si long-temps; au moins de ne pas me la re: fuser quelquefois. Je désire d’imiter en cela la religion de mon
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