‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 209 sur 235 · PRÉCIS DE LA RETRAITE QUE FIT OLIER · texte numérisé non relu

PRÉCIS DE LA RETRAITE QUE FIT OLIER

bon maître envers son à ère ,et d'être comme es lampes dont j'ai si souvent envié le sort, afin de consumer ma vie pour !a gloire de DIEU et de JÉSUS-CHRIST son fils.

» Ce matin, me préparant rour dire {a sainte Messe, je sentais dans mon cœur un désir ardent d’être en autant d’en-

» droits qu'il y a d’hosties dans le monde, afin de glorifier

DIEU partout : ce qui est encore une disposition de mon JÉsus , hostie de Dieu. Comme j'allais célébrer Ie sainte Messe en l’honneur du grand saint Dominique , répandu partout dans son ordre, et comme multiplié, depuis tant de siècles , autant de fois qu’il y a de bons religieux dans sa famille , qui ust um vase de feu brûlant et consumant les hérésies , et ral-

. Jumant la tiédeur des chrétiens; je demandaïs à DIEU qu'it

pût donner à toutes les cures, et à tous les endroits où reposé notre maître, des pasteurs excellents qui veillassent à honorer et à conserver ce divin et adorable trésor, et qui sussent le dispenser d’une manière digne de sa sainteté infinie. Seigneur JÉSUS, vrai pasteur de PEglise universelle, apportez un prompt remède à ses besoins, suscitez quelques personnes qui renouvellent l'ordre divin de saint Picrre, celui des pasteurs, avec autant d'amour et de zèle que saint Dominique a établi le sien dans votre Eglise. Embrâsez du feu de votre amour et de votre religion des hommes qui le portent ensuite et le répandent par tout le monde, Si je n’étais si misérable, si superbe ; si je n'étais le cloaque de toute ordure et de toute infection , que je me présenterais volontiers à vous pour servir à tout ce qui vous plairait dans votre Eglise ; que je m'offrirais de bon cœur et m’abandonnerais, comme je le fais dès à présent , comme un vase perdu pour devenir tout ce qu’il vous plairait. Je suis à vous sans réserve. Je suis votre esclave, à mon Jésus! Je vous ai voué une entière servitude, c'est irrévocablement que je l'ai fait; je me livre maintenant tout de nouveau et pour jamais , Sans me réserver aucun droit. de pouvoir révoquer le don que je vous fais de moi-même. Vous disposerez de moi selon votre bon plaisir, comme un maitre et un Seigneur absolu dispose d’un serviteur et d’un esrluve, Je ne puis rien, Seigneur, vous seul, comme toutpuissan!, pouvez produire quelque chose de mia misère.

» Le second jour de ma retraite, j’eus pour sujet de ma mé- » ditation cette vérité : Il faut être un JÉSUS-CHRIST en terre. » Notre-Scigneur n’a montré que je devais faire du fruit dans » les âmes par l'exemple; qu’il ne fallait pas les gouverner en » commandant , mais én touchant leurs cœurs par toutes les

» vertus apostoliques , et surtout par la douceur et l'humilité ; » que je devais être le plus humble de toute la paroisse, en » étant Ie plus grand pécheur; étant d’ailleurs chargé des pé- » chés sans nombre de tout le peuple. Ce bon maître me disposa » hier, dans la lecture du souper, à cette dernière pensée dont » je parle : appliquant mon esprit au commandement que DIEU » fit à saint Picrre, pasteur universel de l'Eglise, de manger » toutes les bêtes venimeuses qui étaient dans le Jinceul mys- » térieux. Il apprit de là, que, participant aux péchés de toute » l'Eglise, il devait en faire pénitence pour elle, et en pleurer » les péchés comme les siens propres, en qualité de son époux, » puisque l'époux entre en communauté des dettes, comme des » commodités et des biens. Aussi est-il remarqué que ce saint » apôtre pleurait incessamment, non-sculement pour son pro- » pre péché, mais encare pour les péchés de son épouse, dont il » voulait obtenir le pardon, et à laquelle il donnait l’exemple » de la pénitence, afin qu’elle l'imitât en pleurant elle-même » ses propres péchés : l'épouse, lorsqu'elle est légitime, entre » toujours dans les sentiments de son époux.

» J'ai eicore appris que Notre-Seigneur, se voyant chargé des » péchés de tout le monde, avait refusé de prendre des consola- » tions pendant sa vie voyagère, et n'avait pas même ri, au » point que les conversions de sa sainte Mère ne pouvaient le » distraire de cette continuelle affliction. Il marchait sans cesse corne accablé par le poids des torrents impétueux de nos » crimes qui lenvironnaient de toutes parts, pleurait conti- » nucliement dans son cœur, faisait pénitence pour ses peuples, » et demandait perpétuellement pardon pour eux dans ses orai- » sons. Car quoiqu'il eût d’autres sentiments, par exemple, » d'amour et de louange pour son Père; qu’il fût rempli de re- » connaissance pour les biens accordés aux hommes, il ne quit- » tait pourtant jamais la vue de nos péchés : ce qui le tenait » toujours plongé dans l'affliction. M’entretenant de ces pen-

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