‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 213 sur 235 · ORIGINE DE LA DÉVOTION A N.—D. DE CHARTRES · texte numérisé non relu

ORIGINE DE LA DÉVOTION A N.—D. DE CHARTRES

» titutionibus et ordinationibus cæteris contrariis quibus- » cumque.

» Datum Parisiis, anno Incarnat. Dominicæ 1668, idibus maii, » pontificatüs ejusdem Domini nostri Papæ, anno primo. »

L. CARDINALIS DE VENDOSME , Legatus, » C. DE LIONNE , protonotarius apostolicus datarius.

» DE BONFILS, auditor et secretarius legationis. » IMOMERT, secretarius.

» Lib. 10, fol. 94. J. RIOLAN. Sigill. Legati ex cer rubra. NOTE 11.

ORIGINE DE LA DÉVOTION A NOTRE-DAME DE CHARTRES. (Page 281.)

Jules César rapporte que , de son temps, les druides Gauloie en possession d’enscigner la religion à la jeunesse, et même de prédire l’avenir, se réunissaient tous les ans dans un lieu sacré du pays Chartrain. La tradition de cette province ajoute que, dès avant Jésus-Christ , ils avaient érigé , sur la hauteur même où fut bâtie dans la suite l’église cathédrale de Chartres, un autel dédié à la Vierge qui devait enfanter , et que, conformément à la pratique des Gaulois , de graver des inscriptions sur leurs autels, ils y avaient écrit ces mots : J'érgini parituræ, devenus depuis si célèbres. Telle est , dit-on, l’origine de ce pélerinage.

La croyance d’une vierge qui devait enfanter était généralement répandue chez les païens avant le christianisme, comme l’a démontré l’auteur de l’Or’sine prétenduc des cultes ; et de nos jours, on a publié sur Ie :.ème point des documents qu’on ne saurait contester. Pour ex;:liquer l’origine de cette opinion, on peut, outre une tradition primitive, supposer encore une révélation divine faite aux païens. Les pères de l'Eglise pensent en effet communément que Dieu leur a fait annoncer la venue de son Fiis, comme nous le savons très-certainement de Balaam, dont la prophétie était connue chez les Gentils, ainsi que semble

le montrer l'exemple des Mages. C’est aussi ce qu'out peusé beaucoup d'auteurs modernes, d’après saint Thomas; on sait que l'Eglise Romaine autorise cette opinion dans sa liturgie; e& telie est, relativement à l'autel des druides Chartrains, l’opiniom adoptée par M. Olier : « Chartres , dit-il, cette sainte et dévote » ville, première dévotion du monde pour son antiquité, puis » qu'elle à été érigée par praphétie. »

On peut penser d’ailleurs que, depuis la traduction de la Pible en grec, et la diffusion des Juifs après les conquêtes d'Alexandre, les païens ont eu connaissance de leurs livres prophétiques , et ont su du moins qu’ils attendaient un libérateur prédit. Suétone nous apprend en cffet que cette opinion ancienne et constante était universelle dans tout l'Orient, et Tacite ajoute que, d'après la persuasion commune, ces oracles étaient consignés dans les anciens livres des Juifs. Les païens ont donc pu connaitre , par la lecture même des prophètes, ou par le commerce avec les Hébreux, plusieurs particularités relatives au libérateur, et entre autres E prophétie d’saïe qui avait annoncé le prodige de Penfantement d'une vierge. Degraves auteurs pensent méme qu£ la prédiction attribuée par Virgile à la sybille de Cumes n’en est qu'une imitation (1). Mais un fait qui tend à prouver queles druides Gaulois l’onut connuc, c’est qu’au rapport de Faber, savant auteur anglais, cette prophétie u . de et celle de Balaara avaient été apportées dans la Grande-Bretagne et l'Irlande, par les druides, disciples des Mages, et originaires de la Perse. Cela étant, il est indubitable que les druîdes Gæulois en eurent auxgi connaissance , puisque César rapporte que les mystères druidiques, répandus dans les Gaules, y avaient été apportés d’Angleterre ; et que, de son temps encore , ceux qui voulaient en &cre

(1) D'après ces auteurs, le nouvel ordre de choses annoncé par la sibylle, et cet enfant qui doit venir du ciel, être Fils de Dieu, naître d'une Vierge, commander à tout l'univers, effacer les péchés des hommes, les délivrer du serpent, et ramener le bonheur pour toujours : tous ces traits ne sont qu'une imitation du prophète Isaïe. Du moins, il faut convenir, avec saint Augustin, que le Messie seul pouvait justifier le sens d'un si pompeux et si magnifique oracle : Omnino non est cui alteri preter Dominum Christum dicat genus humanum :

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