PART, 1692,—RÉFLEXIONS SUR LE SONGE DE M. OLIER
en parlät d'une manière dubitative, H avoue même que le sens A lui en était tout à fait inconnu avant la proposition qu'on lui M fit de la cure de Saint-Sulpice, et c'est ce qui arrive quelquefois dans les songes divins, d'après la remarque de Benoft XIV, Ce savant pape cite à Fappui de son opinion l'exemple de saint Pierre, à qui la signification du voile rempli d'animaux immondes , figure des gentils, ne devint mani-
feste que iorsqu'il se trouva dans la maison de Corneille, K fait encore observer , d'après le cardinal Bona, que si Dit ne donne pas toujours l'intelligence du songe dont il est l'au- M teur, toujours il en imprime dans l'âme un souvenir inefla- 1 cable, accompagné de la ferme conviction que ce songe vient Ms de lui : deux circonstances qui se rencontrent dans celui dont 1 nous parlons. « Quoique je n'en comprisse point alors le sens, » ajoute M. Olier, et que je n’y lisse nulle attention sur » l'heure, ni pendant plus de six années qui suivirent ; ce » songe m'est toujours demeuré présent à la mémoire, et » aussi distinct que si la chose se passait maintenant ; et pour- » tant les effets en furent assez sensibles ; car cela me laissa : » au fond du cœur un éloignement entier du désir d’être re-
» ligieux ; d'où il arriva que, sans y penser, allant ce jour-là » même à Vépres, à mon ordinaire, dans la maison des Char- » treux, je sentis un tel dégoût de cette vocation, que je ne » pus y peuser davantage, quoique dans mon cœur j'aie un » très-grand respect pour ces religieux, et que je me sente É » heureux de les visiter , ou d'assister à leurs offices, pour m'unir à leurs prières, et tâcher de participer à leur esprit. » Les dispositions de M. Olier pour l’état religieux étant donc changées , il ne songea plus qu’à se disposer à recevoir les saints ordres. Les prêtres de la Mission, quoique nouvelleji ment établis, étaient regardés avec raison comme les hommes || les plus propres à communiquer l'esprit ecclésiastique; cette considération seule aurait attiré M. Olier auprès d’eux, s'il n'y eût été déterminé d'uilleurs par une ordonnance de l'ar-
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1632, — $, VINCENT DE PAUL DIRIGÉE M, OLIER, 97 chevécue de Paris, rendue l'année précédente, qui obligeait tous les ordinands de son diocèse à faire, sous la conduite de ces prêtres, dix jours de retraite avant l'ordination, S'étant done endu au colléce des Bons-Enfants, il eut le bonheur de {are l'un des premiers, et sous les yeux de saint Vincent de Paul, ces exercices, avant de recevoir le sous-diaconat ; et cette circonstance parut avoir été ménagée par la Providence pour le faire passer sous la conduite du saint instituteur de la Mission, qu'il prit en effet dès ce moment pour son confesseur et son guide,
Dans les entretiens de saint Vincent, dont la conduite lui offrait un si parfait modèle des vertus apostoliques , le zèle de \, Olier prit de nouveaux accroissements, Au lieu de pour— suivre ses études de théologie qu'il avait abandonnées depuis son départ 5our Fltalie, il éprouvait un désir ardent d'aller travailler dans les campagnes au salut des pauvres, et de prècher dans les villages et les hameaux ; dispositions tout à fait couformes à l'esprit des réformateurs du clergé, et particulièreinçut à celui du saint instituteur de la Mission, Saint Vincent applaudit au zèle de M, Olier, le dirigea dans ce nouveart geure de ministère, dont il avait acquis lui-même une si grande expérience , et voulut encore l'associer à ses mission— naires , sans être cependant de leur corps. M. Olier, quoiqu'il ne fût encore que sous-diacre, commença donc à travailler sous leur conduite, faisant assidûment le catéchisme, et annonçant avec un zèle infatigable la parole de Dieu. Tout épuisé qu'il était, et, après avoir passé les jours entiers à précher ou à faire d’autres bonnes œuvres, s'il rencontrait un pauvre, il s'arrétait pour l'instruire et lui parler de Dieu. Quand il voyageait dans la campagne, il se détournait de son chemin pour aborder les laboureurs et ieur adResser quelques paroles de salut, quoique cet exercice de charité le retardät beaucoup, et lui fit quelquefois souffrir des incommodités considérables. Dans plusieurs de ces occasions, il fut Surpris par la nuit et contraint de s'arrêter en chemin ; il se