‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 34 sur 235 · PART. 4633. — M. OLIER RECOIT LE SACERDOCE · texte numérisé non relu

PART. 4633. — M. OLIER RECOIT LE SACERDOCE

La fête du sai

vit même réduit à manquer presque de toute nourriture, ef à

n'avoir d'autre lieu de repos qu'une écurie, Enfin, il se vou: L tère de la pré

avec tant de zèle au salut des pauvres de la campagne, depuis serts l'espace

sa retraite au Ccollége des Bons-Enfants jusqu'à sa promotion brer sa premi

à la prétrise, qu'il procura, à ses dépens, des missions et de Bussy, sa

des retraites non-scuiement dans les terres où il possédait du Carmélites, €

bien ecclésiastique, comme à Bazainville, à Clisson, et du était redevabl

bier patrimonial, comme à Verneuil, mais encore dans plu- le sacrifice d'

sieurs paroisses des environs de Paris. préparait à Of

Après un an consacré tout entier à ce ministère, M. Olier révocablemet

se retira chez les prêtres de la Mission, pour se pr'parer j'ro- qui l'avait ar

chainement à recevoir le sacerdoce, Ses alarmes sur le :trême fonde religior

distance qu'il croyait toujours voir entre ce qu'il était et ce messe avec lc

que doit être un ministre des saints autels, furent pour saint Dans ce dess

Vincent de Paul, qui lui tenait la place de Du, le rayon habile dans s

de lumière le plus propre à l'éclairer Iui-même, et à le diri- une chasuble

ger sur ce qu'il devait prescrire à son pénitent, À peine saint alors très-cor

Vincent lui eut-il fait connaître que Dieu lappelait au sacer- pondit à l’atti

doce, que montrant toute la docilité d'un enfant, M. Olier ne Nativité de s

peusa plus qu'à exécuter les ordres du ciel, Aux frayeurs qui mière fois l'ai

avaient agité longtemps son esprit, succéda un calme parfait, et parences da un désir ardent de recevoir, avec lonction sacerdotale , un sa- Champs, au crement dont il espérait que la vertu achèverait de former en même, le di lui un vrai ministre et une hostie de jisus-Cnrisr. sussy. La d Ce fut le 21 mars de l'année 1633 qu'il reçut la prêtrise, nouveaux act dans la chapelle de larchevêéché de Paris, des mains de M. Etienne Puget, évêque de Dardanie, Il s'y était disposé

par une retraite ; mais ne croyant pas celte préparation sufli-

promotion à à cette augt gràce, il ne :

sante pour céiébrer les saints mystères aussitôt après son or-

dination, il voulut, selon la coutume des plus saints prêtres (4) On rapp cour d’ornen du travail ; e:

c'est que Lou qu'elle servit

Marie-Louise

transporter à de Saint-Sulp

de ce sièclé® employer encore un temps considérable à orner le sanctuaire intérieur où il devait, pour la première fois, offrir l'agneau sans tache. Il consacra trois mois entiers aux exercices spirituels, et suspendit toutes ses autres œuvres, pour ne s'occuper que du grand ouvrage de sa sanctification.

DCE,

iture, ef à il se voua ne, depuis xromotion issions cet ssédait du on, et du dans plu-

M. Olier YarCr jrOl'e:trème était et ce pour sain!

, le rayon à le dirieine saint au Sacer- . Olier ne \veurs qui parfait, el le, un saformer en

prêtrise, mains de ait disposé ition sufliès Son Orits prêtres ble à orner iière fois, ntiers aux œuvres, tification.

1633. — M. OLIER CELEPRE SA PREMIÈRES MESSE, 39 La fête du saint Précurseur, qui n'avait commencé le miinis-

tère de la prédication Qu aprés avoir vécu caché dans les dé-

à serts l'espace de trente ans, fut le jour qu'il choisit pour célé-

brer sa première messe. C'était aussi le jour où mademoiselle

de Bussy, sa cousine, entrée deux ans auparavant chez les

Carmélites, devait être admise à la profession. Comme elle

© Gtait redevable de son bonheur à M. Olier, elle désira d'unir

le sacrifice d'elle-même à celui de Fagneau sans tache qu'il se préparait à offrir pour la première fois, et d'être consacrée ir révocablement au service de Dieu par le ministère de celui qui l'avait arrachée au monde, Par un sentiment de sa profonde religion, M. Olier avait désiré de célébrer sa première messe avec l'ornement le plus riche qu'i, pourrait se procurer Dans ce dessein, il avait chargé un ouvrier étranger, fort habile dans son art, et qui se trouvait à Paris, de lui broder une chasuble. Elle coûta plus de douze cents écus, somme alors très-considérable pour un ouvrage de ce genre, et répondit à l'attente de M. Olier (4), £e 24 juin 1633, jour de la Nativité de saint Jean-Baptiste, il offrit done pour la premire fois l'auguste sacrifice de l'autel , et, selon toutes les an parences dans l'église des Carmélites de Notre-Danie des Champs, aujourd'hui rue d'Enfer, où il prècha ce jour-là même, le discours d'entrée en religion de mademoiselle de sussy. La dévotion envers Marie sembla prendre encore de nouveaux accroissements dans le cœur de M. Olier depuis sa promotion au sacerdoce, Convaincu qu'il devait après D'EU, à cette auguste reine, tout ce qu'il était dans l'ordre de la grâce, il ne voulut plus user qu’en son nom de tout ce qu'il

(4) On rapporte , en effet, qu'il n'y avait point à Paris ni à la cour d'ornement blanc comparable pour la beauté et la finesse du travail ; et ce qui peut donner une juste idée de sa richesse, c'est que Louis XEV en ayant entendu parler, désira, en 1679, qu'elle servit pour la cérémonie du mariage de la reine d'Espagne Marie-Louise, avec Charles IE, et, dans ce dessein , il la fit transporter à Fontainebleau. On la conserve encore au séminaire de Saint-Sulpice.

40 1, PART. 14633.—IL FAIT VOEU DE SERVITUDE À LA ste V. 1638

possédait. Il lui voua, dans ce dessein, une perpétuelle servi- #e Jour de leur tude; et, en signe de cet esclavage, qui, au reste, ne le rete- "nt des mat nait captif auprès de la reine du ciel, que pour mieux dilater ppocncement, à son cœur et l'embrâser du pur amour, il porta dès lors une Mrédictions, oA incent de Pe

petite chaine d'argent attachée à son cou, sclon la pieuse pra- M rent d'abord,

que autorisée depuis par l'Eglise, et qui a été interdite dans M ces derniers temps. Depuis qu'il cut fait ce vœu, il ne refusa MprouvCaux Men sur ce modèle Depuis sa p ‘vangéliser le

rien à ceux qui lui demandaient quelque chose au nom de

Marie. « Je souffre une grande peine, dit-il, quand je ne puis

» rien donner à un pauvre qui nomme la sainte Vierge, où

#0 1 ),' , a. . Vbbbaye de Pc » qui en parle en me demandant laumone. Si je n'ai point #8 ppaÿe 0 , . dpi s'était forme, 1 » d'argent, je donne pour l'ordinaire quelque autre chose, ; fe Le : a! “Murent M. def » comme un mouchoir, un livre, une médaille; car pour

“one, qui joigui

» pouvoir les refuser, il faut absolument que je n’'aie rien, t FR at She pe dd) : pauvres; M.

» que je ne puisse rien emprunter, ni les conduire à la mai- "M Fe - ….. lee nom; M. R » son; enfin ce nom m'est si auguste et en si grande véné- M ; ; 4 Re Mccux-ci plusit

» ration, que tuut en moi cède à cela. Je ne sais comment on

\ 4 + a plupart n’av » peut refuser quelque chose à cette sainte maîtresse. Les piul ;

= Fr Ar I. Olier pria £ » personnes qui font profession de l’honorer, ou qui lui ap- Den arti Su DS . . MmissiOnNaires ] » partiennent, Gnt un si grand pouvoir sur moi, que je n'ai : : ‘ . “posé sa pelile | » jamais osé penser de leur rien refuser. Elles sont à la grande ] | P Te , son départ , pl » maitresse, C est assez. »

ae ra. l'homme de D M. Olier et quelques ecclésiastiques de qualité, dirigés 6 Hjours.

Rte

comme lui par saint Vincent de Paul, désirant conserver ! les fruits de leur ordination, prièrent leur saint directeur de ! leur indiquer les moyens de mener une vie vraiment sacer- }

Commele r inccessaire au

RARES 4 désira qu'il g dotale. Saint Vincent goûta ce projet, et, étant allé trouver , , ET ‘ te : méme ses réct chacun d'eux en particulier, il les invita à venir en conférer ER PE . ; , . . ñ remarquer €e

avec Jui à Saint-Lazare. Dans cette réunion, il leur déclara M 3 SRE Lin Li. , i convenable à ] que, pour satisfaire jusqu'à la fin de leur vie aux devoirs de cs à os : ecucillemen leur vocation , ils n'étaient pas obligés de quitter la maison

de leurs parents, mais qu'il leur suffirait d'observer fidélement un réglement de vie qu’ils se traceraient; et chacun applaudit avec joie à cette proposition. S'étant réunis le 9 juillet suivant, ils déterminèrent le mardi de chaque semaine pour

voies surnatui met les Ames di \oriser de ses savant cardine

— CONFÉRENCES DE SAINT-LAZARE, 4 LA ste v. 1633, CONFÉRENCES DE SAINT—LAZARE 1

1elle servi- e jour de leur assemblée, et telle fut l'occasion de la conféne le rete- "pence des mardi ou de Saint-Lazare, peu nombreuse au com eux dilater 4 mencement, et qui s'accrut et se multiplia avec tant de béès lors une | nédictions, dans la suite. M. Olier, que les historiens de saint ieuse pra- 4 incent de Paul nomment le premier de ceux qui y entrè-

rent d'abord, contribua encore à son progrès en y attirant de

De

erdite dans nouveaux membres, et surtout en formant d'autres réunions

ii ne refusa sur ce modèle, comme nous le dirons dans la suite.

Depuis sa promotion à la prêtrise, il avait résolu d'aller ivangéliser les paroisses d'Auvergne dépendantes de son

au nom de dje ne puis Vierge, ou

: …Combbaye de Pébrac. Ne pouvant remplir seul le plan qu’il > H al POINt }

tré chose s'était formé, il s'associa plusieurs de ses amis ; de ce nombre 4 / t . +9

: car pour Murent M. de Perrochel, son cousin, depuis évêque de Bouloone, qui joignait à une haute piété un grand amour pour les auvres ; M. de Barrault, neveu de l’archevèque d'Arles de e nom; M. Renar, que nous avons déjà nommé, et avec ceux-ci plusieurs autres ecclésiastiques de qualité. Comme a plupart n'avaient point encore travaillé dans les missions , 1. Olier pria saint Vincent de Paul de lui donner l’un de ses nissionnaires pour diriger les exercices ; et, lorsqu'il eut comfposé sa petite compagnie , il se retira à Saint-Lazare, avant son départ, pour y vaquer de nouveau, sous la conduite de D'homme de Dieu, aux exercices spirituels l’espace de dix Mjours.

n'aic rien, e à la maiande vénéomment on »

tresse, Les qui lui apque je n'ai À à la grande

té, dirigés conserver !

irecteur de À nent sacer-

Comme le recueillement des sens est la disposition la plus nécessaire au succès d’une retraite, saint Vincent de Paul " “ Ldésira qu'il gardat le silence le plus profond, et qu'il prit lé trouver D ” © A7 Er HS VE REPRISE RIRES . Mméme ses récréations seul et à l'écart, Il n’est pas inutile de n conférer

remarquer cette circonstance, comme une préparation très— ur déclara » prépi

dvoita di: | {convenable à la grâce que M. Olier allait recevoir ; ce parfait

la maison ‘ver fidèlehacun aple 9 juillet

naine pour

recucillement , d'après les maitres les plus éclairés dans les A voies surnaturelles , étant la disposition ordinaire où Dieu

met les âmes éminentes , lorsqu'il est sur le point de les fa- Li \oriser de ses plus hautes communications. Ainsi le pieux et {savant cardinal Bona remarque de sainte Thérèse, que c'était

eaussitôt. «

42 1. PART. 163# — APPARITION DE LA MÈRE AGNÈS. après de longues et ferventes oraisons, et lorsqu'elle était sé rarée du commerce et de la vue de ses sœurs, qu'elle avait #49 âme revint ut

des visions célestes. Etant donc dans cette solitude profonde, confirmer da

et n'ayant de commerce qu'avec Dieu seul, M. Olier fat favo. à que si je la ve

risé d'une grâce des plus extraordinaires : la mère Agnès de "lement le cos

Langeac, dont nous avons parlé, lui apparut corporellement: "parue, firent «

et voici comment il rappelle lui-même le fait dans ses Mé- Mvait prise d'al moires. ieuse de l'or

«Un jour étant en la retraite où je me disposais à entre- d prouva, dès ce » prendre le premier voyage de la mission d'Auvergne, j'étaiMghe pour savoi

» dans ma chambre en oraison , lorsque je vis , cette sainte! Momme il lui t

» âme venir à moi, avec une grantte majesté. Elle tenait d'une Pébrac, et qu » main un crucifix et un chapelet de l'autre. Son ange gardien, » parfaitement beau, portait l'extrémité de son manteau de

» chœur, etde l'autre main, un mouchoir pour recevoir les lar-

de voulut pas près sa retrai e jour du dér M. Olier. « Ju:

» sonnes de qu ) bon maître ] 2p de moi pou ) condition , q D vergne, po ) gue., »

» mes dont elle était baignée. Me montrant un visage pénitent » et affligé, elle me dit ces paroles:Jepleure pour toi; cequime » donna beaucoup au cœur, me rempiit d’une douce tristesse. » Durant ce temps , je me tenais en esprit à genoux devant! » elle, quoique je fusse effectivement ass:s. Cela passé, je les » dis aussitôt à mon directeur, qui ne me répondit rien , si-4

» non quelles étaient les paroles qu'elle m'avait dites ; je ne!

» pus les lui rapporter, n'y ayant point fait réflexion, et néan-! # On conçoit à eudant toute Juoique M. O our connaitre

» moins je m'en souviens fort bien. Je crus sur l'heure qu

» c'était la sainte Vierge, à cause de la sainte gravité et dek

» douce majesté avec lesquelles elle m'apparut , et à cause dr

» l'ange qui lui rendait les mêmes offices qu'un serviteur rend ne laissait pas

» à sa dame, D'ailleurs, je ne sentais , en ce temps-là, que hi ÆSsans se douter

» dévotion à la très-sainte Vicrge. Je crus aussi qu'ean auprés de la p

» présentant Île crucifix et le chapelet, elle voulait m'ap- Sangeac, où ét

» prendre que la croix et la dévotion à la très-sainte Vier qu'à deux lieu:

» seraient les instruments de mon salut, et la conduite de mi Mrentre de la m

» vie. » ne, éloignée «

Mais , comme si cette faveur n'eût pas fait une assez vive e la nière Ag

nant qu'elle ét

impress eo. sur M, Olier, Dieu voulut la renouveler pres- #

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