I. PART, 1640, — EPREUVES DE M. OLIER
» doit m'éloigner des affaires, que de mon peu d'intelligence » pour les déméler, comme aussi de la perte de temps qu’elles » occasionnent , et de la paix de Fame qu'elles interrompent, » surtout dans les commencements ; et je demandai à Dieu de » changer ces peines extérieures en des peines intérieures qui » me purifieraient davantage. La seconde demande que je lui » fis, fut d'ôter de l'esprit des hommes la bonne estime qu'ils » avaient conçue de moi sans fondement , et de la leur don- » ner aussi mauvaise qu'elle avait été bonne jusqu'alors. Peu » de temps après, il plut à Dieu de m'accorder l’une et l’autre, » par son infinie miséricorde : je ne puis assez l'en remercier » pour les grands biens que mon àme en a ressentis (1). » Voulant donc me purifier des motifs de superbe dont » j'étais attaqué, il commença par me montrer au doigt que » notre corps n'était point en notre disposition, que nous ne » pouvions vivre, subsister, ni nous mouvoir que par lui et » par son assistance , et laissa mon âme dans des langueurs, » des stupidités et des hébé'‘ements , qui ne peuvent se com- » prendre que par ceux qui les ont éprouvés. Mon bon maitre » m'a fait cette grâce fort long-temps : mon esprit était alors » enveloppé d’une telle obscurité, que je ne me ressouvenais » de rien; je ne pouvais rien apprendre, et il y avait tant de » confusion et de ténèbres dans mon intelligence, que je ne » voyais absolument rien ; je ne savais même ce que je di- » sais; j'entendais parler ie monde, comme ferait un sourd,
(4) Ceux qui n'ont jamais considéré la conduite de Dre, à l'égard de quelques âmes choisies qu'il a voulu élever à une grande perfection, auront lieu d'être surpris , peut-être même scandalisés du genre d'épreuves extraordinaires que nous allons décrire. Les autres n'y verront rien qu'ils n'aient déjà lu dan plusieurs bons auteurs, entre autres dans le père Surin , qu
a approuvé le Catéchisme. Ce recit , fait par M. Olier , et étroitement lié à toute la suite de sa vie, mettra d'ailleurs la vérité de ces sortes d'épreuves dans un plus grand jour. et en sera lui-
même une nouvelle preuve contre l'excès de ceux qui se persuaden & qu'elles sont imaginaires , ou en tout cas purement humaines , COMNE RE
l'observe l'évèque de Meaux.
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