‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 80 sur 235 · EN · texte numérisé non relu

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1640, — DÉCLARATION DU PÈRE DE CONDREN, 115 » exposai des difficultés qu'on croyait alors insurmontables, » et lui rappelai la persuasion où chacun était qu'inutilement » on travaillerait à établir des séminaires, après qu'on avait » vu depuis plus de soixante ans que ceux de Toulouse, de » Bordeaux , de Rouen, n'avaient pu réussir, nonobstant les » soins des cardinaux de Joyeuse et de Sourdis, Ime fit voir » qu'on se trompait; qu'il n'y avait rien de plus aisé que d'en » établir utilement, pourvu qu'on n'y reçûüt que des jeunes » gens avancés en âge, et dont le jugement, déjà formé, püt » faire juger, après les avoir éprouvés quelque temps, s'ils » étaient appelés au service de l'autel, I s'étendit beaucoup » là-dessus, me donnant courage pour attendre le secours » que Dieu donnerait indubitablement à cette œuvre, » ajouta même qu'il ne fallait point perdre de temps pour » commencer, parce que l'esprit malin ne manquerait pas » de faire naître des divisions et des troubles pour empêcher » de former de bons ecclésiastiques. Nous étions aiors daas » une grande tranquillité, et on ne parlait point encore de > ces opinions qui ont jeté depuis la division , avec un dom » mage extrême, dans l'Eglise. I m'avertit er. fia de ne pren- > dre aucun parti que celui du Pape, et d'éviter les combats » de paroles et les contentions, selon la recommandation de » saint Paul,

» Dix heures sonnèrent, et frere Martin, qui était son as— sistant, vint l’avertir de dire la sainte Messe ; il lui dit d'attendre encore. Le frère revint à onze heures, et le pressa un peu : alors je fus surpris d'entendre le père de Condren , cet homme si sage et si circonspect, lui faire cette réponse : Mon Frère, si vous saviez ce que je fais, vous ne me p'esseriez pas; car ce que je fais vaut mieux que ce que vous voulez que je fasse. Enfin, après avoir con— linué à me parler, jusqu’à midi, il me dit alors : Frère » Martin se fâcherait : remettons la suite à demain matin. » Il alla donc dire la sainte Messe ; je me retirai, et ne l'ai » jamais plus revu. Car , y étant retourné le lendemain,

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