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46%1.—INCERTITUDES DE L'ÉTABLISSEMENT DE CM, 425 Ferrier, serons-nous assez misérables pour nous écarter de ses voies ? et le discours finit ainsi.
Après le diner, M, de Foix et M. du Ferrier, touchés des paroles de M, Meyster, résolurent d'aller avec lui, chez les pères de l'Oratoire , pour les consulter. Les pères Bouchard et de Monchi furent d'avis qu'ils s'adressassent à Diet dans la prière, afin d'obtenir sa lumière et la grâce dela suivre fl“èlement ; et, en conséquence, ces Messieurs résolurent d'aller en pélerinage à Notre-Dame-des-Ardilliers à Saumur, en convenant toutefois que, durant Icur vorage, ils ne parleraient entre cux en aucune manière du sujet qui le leur faisait en reprendre. M. Olier prit aussi la route de Saumur, afin de se joindre à ses amis.
À leur retour à Chartres, il ne fut pas difMicile à M. Olier de remarquer la diversité d'opinion et de desseins qui com-— mençait déjà à diviser ses confrères, et exposait toute Ja so— ciété à une entière dissolution, « J'ai trouvé bien de la beso— p ge dans notre petite troupe, écrivait-il; car ou DrEv ou le » diable semble vouloir en éloigner un sujet qui parait de- » voir être ou trés-utile où très-nuisibie, selon les diverses » faces sous lesquelles on le voit, Priez beaucoup pour ce » sujet, et en silence ; recommandez instamment cette af- » faire à Notre-Scisneur, puisqu'elle est Ja sienne. » Peutêtre, M. Olier a-t-il voulu indiquer ici M, de Foix; car celui-ci, à son retour à Chartres, ayant témoigné à M. Amelote et aux autres l'inutilité de leur stiour dans cette viile, avis que M. Ofier partagea bientôt, la compagnie improuva ce discours, ef il parut dûs-lors qu'elle ne tarderait pas à se dissoudre, :omme en effet la chose arriva bientôt. Pendant qu'ils prenaient leurs mesures pour se retirer enfin, M, Picoté vint à Vaugirard, village aux portes de Paris, pour y aider Marie Luillier, dame de Villeneuve, dans l'établissement qu'elle y avait fait, d'après les conseils de saint François de Sales, son ancien directeur, d’une communauté de filles pour uriger les écoles dans les campagnes et les hameaux. Cette
426 1, vaut, 1644.—PROJET D'UN SÉMINAIRE À VAUGIRARD, pieuse veuve, animée dun zèle extraordinaire pour la ré.
tt mn 1'iail
forme du clergé, ] Notre-Scigneur, depuis longues années, de donner enfin des séminaires à l'église de France; Lui
entendant M, Picoté, dont elle était la péritente, ui faire le
récit de ce qui se passait à Chartres, tout-à-coup elle fui dit:
Peut-ctre Notrc-Seigneur denande-t-il que vous veniez vous
établér & Fauyirard, A. Picoté, surpris d'une teile propost-
tion, la rejeta d'abord, Madame de Villeneuve fait instance;
h ë ( , FA APE nv tone F n6 tal $ elle lui représente la facilité, les avantages de cet établisse-
mont, Ci Yens ŒU On FH
urrait prendre pour le faire !
nca nd à 11 LS H \ ‘1 } N in V'oauscrirars! N1 3 ' réussir, Elle fui témoigne que ie curé de Vaugirard, NM, Copin,
en serait ravi, qu'il leur donnerait son égise pour y faire leurs fonctions, que pour elle, elle s'engageait à les aider, à les nourrir mème s'il était nécessaire, Elle Tui fit conuaitre depuis combien Ge temps elle priait pour ce dessein, l'attrait qui la portait à en procurer l'exécution; enfin, elle fit tani que M. Picoté, après avoir recommandé cette affaire à Dirv, en écrivit à ceux de ses amis qui cuucnt euvore à Unartés , &t particulièrement à M, de Foix.
A l'ouverture de sa lettre, ils prirent cette proposition pour une pieuse réverie, persuadés que de s'établir dans un village tel que Vaugirard, afin d'y jeter les fondements üe la réforme du clergé de France, c'était un dessein contraire à la raison et au bon sens. ls s'en expliquèrent ainsi dans leur réponse. Néanmoins M. de Foix s'étant retiré à Paris, M. Picoté lui représenta de vive voix le dessein de Madame de Villonouve, d'une manière plus forte et plus étendue qu'il n'avait fait par lettres, et vint à bout d'obtenir qu'il allàt en conférer ave elle. Frappé de tout ce qu'elle lui dit, M, de Foix crut y reconnaître à son tour des signes de la volonté de Dieu; et sachant que M. du Ferrier serait assez porté à suivre son sentiment, il le pria de se rendre auprès de lui pour en conférer ensemble. M. Amelote regardait aussi ce dessein comme un£ pensée extravagante ; considérant toutelois que ces Messieurs avaient alors besoin de repos, il fut d'avis qu'ils demeurassent