SÉMINAIRE DE VAUGIRARD
môues que cette pieuse veuve leur envoyait, « Nous allâmes
DOM TARRISSE,
» tous trois à Vaugirard, sans domestique, dit M, du Ferrier, » et nous y vivions fort petitement, Madame de Villeneuve, » qui faisait l'oflice de Marthe et pourvoyail à tout, nous en- » voyait pour notre diner, dans un petit chaudron , du potage » et du bouilli, et le soir uu peu de mouton rot, Nous étions » dans une satisfaction singulière, » Les occupations de ces pieux solitaires étaient la prière, la lecture de l'Écriture sainte, l'étude ; ils récitaient l'oraison du très-saint Sacrement, avant leurs conférences, et leur dévotion pour Jésus-Cmusr, résidant dars cet adorable mystère, les portait même à passer à ses pieds une partie du temps de leurs récréations,
« Nous ne comprenions encore rien à ce que Dieu voulait » de nous. dit M. du Ferrier ; le père de Condren avait tou- » jours dit qu'il le mettrait par écrit, et il était mort sans » l'avoir fait; mais nous étions persuadés que Dieu agréait » notre séjour à Vaugirard, par les témoignages sensilles » qu'il nous donnait de son assistance, et doucement nous » attendions qu'il nous manifestàt ce qu'il désirait de nous. » Dieu ne tarda pas à le leur faire connaitre. Depuis la mort du père de Condren, ils n'avaient pas de directeur, à proprement parler ; peu de jours après leur arrivée à Vaugirard, ils s'a— dressèrent de concert à Dom Grégoire Tarrisse, supéricur général des Bénédictins de la congrégation de Saint-Maur, dont le père de Condren leur avait parlé autrefois, comme d'un saint personnage , et qui passait, en cffet, pour l’un des hommes de ce temps les plus recommandables pour sa haute vertu et la sagesse de ses conseils. Il n'eut pas plus tôt connu les nouveaux solitaires de Vaugirard , et le motif de leur réu-— nion, qu'il les confirma dans leur dessein , les assurant, avec toute la confiance et la fermeté que donne l'Esprit de Du, qu'ils étaient appelés à former des ministres à l'Eglise.
« Je ne puis assez admirer la conduite de Dieu sur moi, dit » M, Olier, voyaat le soin particulier qu'ilena pris. Lorsqu'il » à voulu m'appliquer au dehors, dans i'emploi extérieur des