‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 90 sur 235 · M. OLIER EST DÉLIVRÉ DE SES PEINES · texte numérisé non relu

M. OLIER EST DÉLIVRÉ DE SES PEINES

Le changement extraordinaire qui s'était opéré dans lui, pouvait passer d'ailleurs pour une nouvelle marque de Fapprobation que Dieu donnait à cette entreprise. Car dès son arrivée à Vaugirard, non-seulement il fut délivré tout-à-fait de ses peines , mais encore il se vit comblé des plus singulières faveurs. La principale, dont ses grandes épreuves n'avaient été que le prélude, fut cette sorte d'union extraordinaire avec Jisus-Curisr, où ilsemble que l'homme extérienr, aussi bien que l'homme intérieur, n'ait plus d'autre vie que celle de ce divin chef, sans que l'âme puisse reconnaitre en soi d'autre principe de ses actions et de ses sentiments, que Jésus-Cunisr vivant ct agissant en elle ; faveur insigne, réservée seulement à quelques âmes, qui s'y sout disposées, par une totale abnégation., « Depuis mes grandes désolations , dit M. Olier, je ne » puis douter que l'esprit de mon maitre n'habite en moi. » Pour des ténèbres si épaisses, j'ai maintenant tant de lu- » mières; pour la confusion de ion esprit, tant de netteté » dans mes pensées ; pour mes bégaiements précédents, tant » de liberté de parler ; nour les sécheresses désolantes que j’é- » prouvais et que je causais aux autres, tant de bons effets de » la parole; pour cette maudite et malheureuse occupation sur » moi-même, tant de sentiments d'amour et d'élévation vers » Dieu! Je suis contraint de le confesser : c'est le divin Es- » prit qui me remplit ainsi et me possède. Je me souviens que » c'était là le sujet de ma consolation dans mes peines ; dans » l'impuissance totale où je me voyais, je me disais à moi- » même : Si jamais le bon Dieu voulait se servir de moi {ce » que je ne pouvais pas croire), au moins on connaîtrait visi- » blement alors celui qui agirait en moi. Mes délaissements » passés m'ont appris que ces biens sont de Dieu seul, et que » leur privation est mon fond propre. Ce que je possède main- » tenant n'est point un bien personnel, et qui soit attaché à » mon âme : c'est une grâce, une miséricorde que je n'atten- » dais pas, dont j'étais entièrement indigne ; j'étais alors délaissé de tout conseil intérieur et presque extérieur, pour ma

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