P. 1642. —- FORMATION DE LA SOCIÉTÉ
» conduite : maintenant la bonté de Dieu me donne, avecune » bénédiction non pareille, tous les conseils que je puis souhai- » ter. Si deux choses se présentaient à faire, je ne savais pas » prendre la moindre résolution, je n'avais aucun mouve- » ment pour me déterminer : maintenant j° nesuis presque » jamais en peine, Intérieurement je suis guidé comme un en- » fant qui en tout serait conduit par un père très-sage et » d'une bonté parfaite. Cela se fait dans le fond de l’âme par » une opération divine extrémement délicate et que le démon » ne peut contrefaire. Quelquefois, c'est un mouvement, » d'autres fois un sentiment sans parole, qui se fait entendre » bien plus distinctement que la parole. Car Dieu qui est pa- » role, se rend bien plus sensible à nos àmes que les hommes » par la parole articulée. Divine substance, qui êtes parole, » lumière, puissance, amour; être divin , soyez loué , exalté » et béni pour jamais ! » Par ces effets sensibles que M. Olier éprouvait, Dieu voulait lui rendre comme palpable la vérité de la doctrine du père de Condren, ou plutôt de saint Paul lui-même, sur la résidence et les opérations de Jésus-Cnrisr dans les âmes; afin qu'ayant à former une multitude de prètres, il les portàt à tendre, chacun selon la mesure de sa grâce, quoique d’une manière plus simple et plus commune, à l'union avec le Sauveur.
Les trois solitaires de Vaugirard ne doutant pas que Dieu lui-même ne les eût conduits dans le lieu de leur retraite, résolurent de se lier de concert à son service et de se former en compagnie, Comme la fin qu'ils se proposaient était de procurer la gloire de la très-sainte Trinité , par le moyen des prêtres , ils voulurent prendre pour modèle de leur société celle des trois divines Personnes , et couvinrent qu’elle n'aurait d'autre lieu que le nœud sacré et indissoluble de ces Personnes adorables, l’amour divin, qui forme entre elles une si parfaite unité. C'était l’ordre que le père de Condren leur avait donné, leur recommandant , comme on a vu, de ne se lier ensemble par aucun vœu. Pour exécuter ce dessein, ils
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1642.— PROTESTATION DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ, 135 résolurent d'aller tous les trois en pélerinage à Montmartre, et de s’y consacrer à la très-sainte Trinité , avec promesse de demeurer uuis de la sorte et de travailler à l'instruction et à la sanctification du clergé. Voici les termes dans lesquels ils firent cette consécration, que le père Bataille approuva : « Trois prètres se trouvant appelés dans l'unité d'esprit au » service de Dieu et de la sainte Eglise, pour lui former des » ministres qui servent dignement sa grandeur , qui hono- « rent son fils Jésus-Curisr notre Seigneur , et qui aiment » ses membres ; ont cru qu’en l'honneur de la société divine » des trois Personnes , inséparables par l'unité de leur es- » sence et de leur saint amour , ils devaient s'unir par une » sainte promesse de ne se quitter jamais, ni de se départir » du dessein qu'il a plu à Dieu de leur manifester, et même » leur confirmer par quantité de témoignages. Si quelqu'un » d'eux se croyait appelé par la bonté de Dieu à le servir sé- » parément des autres, il ne pourra le faire qu'avec leur » agrément et leur consentement mutuel. C'est ce qu’ils dési- » rent promettre au premier jour, en la présence des trois » martyrs saint Denis, saint Rustique et saint Eleuthère, pour » se vouer et se consacrer à leur imitation , comme des hos- » ties vivantes, à l'honneur de la très-sainteTrinité, à la » gloire de Jisrs-Curisr, et à l'honneur de son Église ».
On eût dit que, pour confirmer ce pieux dessein , la Providence eût voulu que la compagnie , à sa naissance, ne se composât que de trois membres : et ce rapprochement fut pour M. Olier le sujet d'une douce consolation. « Nous » ne fümes d’abord que trois personnes dans l'établissement » du séminaire, dit-il; elles avaient été demandées à Dieu » par un de ses plus fidèles serviteurs , à l'honneur des » trois Personnes divines : si bien que, quand nous fûmes » ainsi unis, je leur offrais cette petite compagnie en l’hon- » neur de leur société adorable , et nos petitès conversations » en hommages des doux et ineffables entretiens qu’elles » ont ensemble dans l'éternité. »
436 1. PART. 1642.— SÉMINAIRE DE VAUG. M, BOURDOISE. » donna di
Ce fidèle serviteur, dont parle ici M. Olier , et qui avait
PER ‘ » les régies demandé à Dieu trois prêtres pour faire honorer la très- D é ni A RS le FE © Hli » DIEU sur sainte Trinité, était apparemment M, Bourdoise, toujours é pdens ta » Mais noi dévoré de zèle pour la réformation de l'ordre sacerdotal, lite » lité, »
À peine ce grand serviteur de Dieu eut-il appris la retraite NE 7 Er À 'ersC de ces messieurs, à Vaugirard, qu’il leur écrivit la lettre tde] à d'A : ci - sement de suivante : « O! si Dieu donnait trois hommes fidèles qui ; veuve Davit » ne se proposassent que son service et à sa facon , Comme
; ; ; : , mec, et qi » 1 est bien raisonnable! que ce serait une grande bé- PT à . . 9 : » que cetle » nédiction ! quel fruit ne feraient-ils pas ? O : que ce serait # , À > naissance » une chose très-excellente, s'il se trouvait trois prètres 8 rfrae » nommer , | » assez remplis de l'amour de FEclise, pour vouloir la croire OS EN = à es » sonnes d:
» dans les réglements que le Saint-Esprit lui a dictés, : » àmes les ]
» et se déclarer pour elle contre le monde et contre ses couà | à ; » elles-mûôm
» tumes ; trois prêtres qui, lorsqu'on leur fera voir ce ë » ses prière
» qu'elle a ordonné, ne disent pas : Ce n'est pas la coutume : » duchesse
» nous faisons autrement; que dirait-on? Cela n'est pas |
» duchesses » Châtre et » la voir; j » sait même » saintes , qi » che les vo
» aussi commode que nos usages ; le monde se rebutera ; » on se moquera de nous; cela ne durera pas; laissons » les choses comme nous les trouvons, ct comme nous » les avons trouvées; nous ne sommes pas plus sages que
ceux qui nous ont précédés. »
Les solitaires lui répondirent par cette lettre que M. du Ferrier nous à conservée : « Vous trouverez trois prêtres » comme vous les cherchez, si Vous venez ici; pourvu que » vous leur fassiez connaître les choses que la sainte Église » a réglées. L'usage, ni tout le reste n'empêchcra point » qu'elle ne soit fidèlement obéie avec le secours de la grôce » de Notre-Seigneur , que nous vous conjurons de lui de- » mandèr pour nous. — Il vint nous trouver au mois de fé- » vrier 1642, ajoute M. du Ferrier, et nous restämes les » plus grands amis du monde, parce qu’il nous vit disposés » à suivre toutes les règles de la discipline. Son zèle nous ins- » truisit et nous échauffa à l'égard de choses auxquelles nous » n'avions pas même fait réflexion. Sa fermeté surtout nous
» n'y à poin » n'aillent s’ » qui n'en :
» grand, pré » là consulte » ratoire, le » moiselle M.
» fondation « » qu'après av » ne l’a exéct » lumières, C » dray , susci
ISE,, ui avait a trèsoujours erdotal, retraite la lettre éles qui commie nde héce serait prôtres la croire dictés, ses COuvoir ce Jutume :
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