SÉMINAIRE DE VAUG, MAMIE ROUSSEAU
les régies ecclésiastiques, Nous admirions la conduite de Dieu sur lui, dans cette rudesse qui lui était naturelle ; mais nous tâchions d'en user avec un peu plus de civilité, »
La personne du monde qui contribua le plus à l'établis-
sement de leur société, fut sans contredit Marie de Gournay,
veuve David Rousseau, la môme que nous avons déjà nom
mée, et qu'il est convenable de faire connaitre ici, « Quoi-
que cette pauvre femme, dit M. Olier, soit d'une basse naissance, et d'une condition qu'on a presque honte de nommer , elle est toutefois ?» conseil et la lumière des per— sonnes de Paris les plus illustres par leur extraction , et des âmes les plus élevées en vertus et en grâce. Les princesses elles-mêmes ont recours à ses conseils , et recommandent à ses prières leurs affaires les plus importantes, Madame la duchesse d'Orléans , madame la princesse de Condé, les duchesses d’Aiguillon , et d'Elbeuf, la maréchale de la Châtre et plusieurs autres dames se tiennent heureuses de la voir ; J'ai vu une dame de pareille condition, qui n'osait même s'approcher d'elle. Je ne connais point d'âmes saintes, qui ne s'estiment heureuses d'apprendre de sa bouche les voies qu’elles doivent suivre pour aller à Dieu 5 il n'y a point d'hommes apostoliques , de missionnaires, qui n'aillent s'iustruire auprès d'elle; et je n'en vois pas un qui n’en sorte extrèémerment édifié. Le pére Eudes, ce grand, prédicateur , la merveille de notre siècle, est venu là consulter souvent ; le père de Condren , général de FOratoire, l'avait vue et consultée pour lui-même. Mademoiselle Mance, que Dieu à suscitée pour aller aider à la fondation de l'église du Canada , n'a entrepris ce dessein , qu'après avoir reçu l'approbation de cette sainte femme, et ne l’a exécuté que par ses conseils, et par déférence à ses lumières. C’est elle qui conseille et qui dirige M. du Coudray , suscité visiblement de Dieu pour les missions du Le-
138 1. PART. 16#2.—SÈM, VE VAUG, MARIE ROUSSEAU, » vaut, et pour la défense de l'Eglise contre les Turcs : elle
l'avertit de tout ce qu'il doit faire, et tout s'avance par ses avis avee un succès merveilleux, C'est elle encore qui ser de guide à Fhomme que Dieu a choisi pour l'établissement de Fégiise du Canada, la. le Royer de la Dauversière ; quoique ce grand serviteur de Dieu soit trés-éclairé dans los choses qui concernent sa inission , il regarde comme une grace signalée de conserver avec cile , et de recevoir ses
conseils sur Îes affaires les plus importantes de ce pars.
Ainsi en est-il de doin Jacques , Chartreux , comparable par son zcie à Elie, et qui ose bien attaquer les plus puissants du siècle , pour leur reprocüer en face leurs vices et leur orgueil ; il se tient heureux de lui exposer ses desseins , et les poursuit avec une nouvelle ardeur , que cette sainte fenime a le pouvoir d’exciter ou de modérer par ses paroles. Un conseiller d'Etat suit en tout ses conseils pour la cause de Dieu, et par ses avis il a procuré de grands biens à l'Eglise. C'est à la persuasion de cette sainte femme, que M. le Chancelier travaille avec tani de zèle à l'extirpation de lhértsie, au soutien de l'Eglise, et la gloire de la religion. Je passe sous silence non-seulement beaucoup d'ecciésiastiques de la condition du père de Condren, et du père Eudes , mais des personnes de tout état; je parle des plus considérables de Paris : je les connais et je les vois, mais leur réputation m'empèche de les npmimer. Quand on voit ces serviteurs de Dieu et ces hommes apostoiiques, que Di£u Gonne maintenant à l'Eglise de France, venir consulter cette sainte àme et se faire comme un devoir de suivre ses avis , on croirait voir la très-sainte Vierge qui gouvernait autrefois l'Eglise, et conduisait tous les apotres après l'Ascension du Sauveur. »
Cette sainte veuve, qui depuis long-temps demandait à Dirt
la réforme du clergé de France, et le renouvellement du fau-
bourg Saint-Germain, était aussi destinée, par la Providence,
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