LUMIÈRES COMMUNIQUÉES A M, OLIER
concouri: à la formation de la comyagnie et du séminaire de Olier, » j'étais abandonné, délaissé et baffoué de tout le monde:
à Saint-Sulpice, @ Lorsque durant mes peines, dit M,
» lorsque chacun me regardait comme un homme qui avait » perdu l'esprit et un réprouvé, elle seule soutenait que je » H'étais point ce qu'on prétendait; elle et M, Picoté croyaient
» que jappartenais à Div, » Mais après la retraite de
M. Olier à Vaugirard, et lorsqu'elle vit que Div avait rendu à son serviteur ses anciens dons, et lui en avait môme com
na 15 manne Airvalla n'a4 as GC repos, qu'elle n'eût
muniqué de nouveaux, elle n'eut |
enfin détrompé, à son sujet, les anciens compagnons de ses missions. Elle alla trouver ces messieurs, les pria chacun de venir à Vaugirard pour conférer avec lui, les assurant qu'ils seraient eux-mêmes frappés de le voir et de l'entendre, « Et » ce futelle, dit M. Olier, qui acheva de les désabuser et de les » délivrer de leurs préventions contre moi. Cette sainte âme » travailla par ses prières, ses veilles, ses mortifications ctune » multitude de soins et d’autres peines, à nous rassembler » enfin à Vaugirard, nous qui étions de pauvres errants, de » pauvres aveugles, de pauvres brebis sans pasteur : et, éclai- » rée du dessein de Dieu sur nous, elle nous déclara sa vo- » lonté sainte dans les ouvertures que la Providence nous » offrait, »
Pressés, en effet, par cette grande servante de Dieu, et dfsirant connaître la vérité par eux-mêmes, plusieurs de ces ecclésiastiques , qui avaient él témoins des humilations ce M. Olier, se rendirent à Vaugirard, En le voyant, en l'entendant parler, ils ne pouvaient revenir de leur surprise, ni croire à un tei changement, Souvent ils l'avaient vu demeurer comme muet, lorsqu'il voulait exhorter les peuples tet depuis quelques jours sa langue était tellement délice, ilexpliquait les mystères de la foi avec un langage si sublime, il traitait les vérités de l'Evangile avectant de dignité, d'onction et de force, qu'ils ne le reconnaissaient plus. Au rapport du père de Saint-Vincent, Dominicain, ils se disaient les uns aux
ee. |
rs
A te 2 D be np vtt «
RSR Le «
ER eng 4
à nm
ne osier
440 1. panT, 1642,--LUMIÈRES COMMUNIQUÉES À M. OLIER,
autres : «O quel changement est celui-ci! le doigt de Dieu est
manifeste; jamais homme n’a mieux parlé de nos saints mystères ; » et ils demeuraient convaincus que l'esprit de
Dieu leur parlait par sa bouche, comme autrefois par celle du
père de Condren, Ceux surtout qui avaient jJoui plus long-
temps des entretiens de ce saint personnage, étaient étrange-
ment étonnés, croyant retrouver dans M. Olier ses lumières,
ses maximes, sa sagesse, ses vertus, enfin un autre [ui-môême,
se
Lu de nos messieurs, qui avait été neuf ou dix ans avec le ‘ét père de Condren et avee M. Amelote son disciple, dit M, ‘ler, fut vivement touché, ainsi que toute la compagnie, en nr'entendant parler ; jusque-l* qu'ilne puts'empêcher de me dire à moi-même, comme l'avait prédit cette sainte veuve, qu'il avait été étonné et extrèémement touché de la beauté, de la grandeur et de la sainteté des choses que j'avais dites, et qui étaient tout-à-fait les mêmes que celles que disait le père de Condren. Cela me confond quand j'y pense ; car je suis un pauvre aveugle si misérable, un ver de terre si chétif, que je m'étonne d'oser paraitre devant le monde, moi plongé si long-temps dans l'aveuglement le plus ténébreux, et l'objet de la risée et des mépris de tous ceux qui maintenant m'écoutent avec étonnement, et admirent mes paroles. Ils peuvent bien le faire ; car moimême j'en suis tout étonné, sachant bien mon ignorance et ma stupidité, et ayant été convaincu tant d'années, parla miséricorde de Diru, de mon propre aveuglement et de ma nullité entière. Je n'ai plus de difficultés sur rien ; je reçois, au contraire, de nouvelles lumières sur des vérités dont je n'avais jamais entendu parler, Elles sont si fondées et appuyées si solidement, que îes grands théologiens qui sont auprès de nous, en sont eux-mêmes élonunés, et ne peuvent s'empôcher d'aümirer comment ils ont pu les ignorer jusqu'alors, malgre toute leur science. Je vois maintenants'accomplir la promesse que m'avait faite le défunt père général que je serais un jour un des héritiers de son esprit ; je
EE
» ne puis » dire autr » expliqué » clarté di
» Depui » on enten » son en es » clairer les » tude üur:
» résurrect » vail pas f » qu'il n'us » de ce gra
Le succès encore pou C'était l'imp siter les soli
» admirable > pour la co » même que
» parole, pe » ler mainte:
» met en bot qu'on désii » fesser que > promesse ( » Tous mes i » miens : Or » nous avons » trois semai » de la comn D
nécessité q porte : c'ét et grand s me servir €
ER
DIEU Cst )s saints sprit de celle du is Jlongétrangeumières, i-môme, s avec Île disciple, la computs'emédit cette it touché hoses que que celles quand j'y e, un ver devant le lement le s de tous it, et adcar moignorance ‘es, parla et de ma je reçois, is dont je ‘es Ctapqui sont » peuvent orer jusnants'ac-
re géné-
sprit ; je
1642.—LUMIÈRES COMMUNIQUÉES À M. OLIER, 141 » ne puis pas en douter : toutes les choses que je lui ai out » dire autrefois, et qu'alors je ne pouvais concevoir, me sont » expliquées maintenant avec une nctieté qui surpasse la » clarté du soleil.
» Depuis la mort de ce grand homme que j'ai tant honoré, » On entend micux sa doctrine que de son vivant; et la rai— » son en est, qu'il a maintenant recu dans le ciel le don d’é- » clairer les esprits, ce qu'il n'avait pas avec tant de pléni- » tude durant sa vie, Notre-Seigncur, aprèt sa mort et sa » résurrection, fit dans l'esprit de ses disciples ce qu'il n'a- » vait pas fait dans le temps de linfirmité de la chair, lors— » qu'il n'usait pas de sa toute-puissance : de à .èn * en est-il » de ce grand serviteur de DtEu. »
Lesuccès inesptré du nouvel établissement pouvait passer encore pour une marque manifeste de l'approïation divine. C'était l'impression qu'éprouvaient tous cer : qui allaient visiter les solitaires de Vaugirard, « Voyant avec quel succès » admirable, écrivait M. Olier, les démarches de conséquence » pour la compagnie réussissent par mon ministère ; voyant » mème que celui de nos messieurs qui portait autrefois la » parole, pendant que je cdemeurais muet, ne veut plus par- » ler maintenant, partout où je me trouve, et que Dieu me » met en bouche la force et la grâce pour persuader tout ce » qu'on désire, ils sont tout étonnés, et comme forcés de con- » fesser que Dieu est ici. Je vois s’accomplir chaque jour la » promesse que Notre-Seigneur m'a faite dans ma retraite. » Tous mes intérêts sont les tiens, et tous tes intérêts sont les » miens : Omnia mea lua sunt, et tua mea sunt. Sitot que » nous avons le désir d’une chose, elle nous arrive. Il y a » trois semaines qu'étant assemblés pour conférer des besoins » de la communauté, au moment même où je parlais de la » nécessité que j'avais d’un homme d'affaires, on frappe à la » porte : c'était un homme très-intelligent dans les affaires, » et grand serviteur de Dieu, qui venait s'offrir à moi pour » me servir en tout ce que je pourrais désirer. Et il est à re-