‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 94 sur 235 · PART, 4642, —SUCCÈS DE L'ÉTABLISSEMENT DE VAUG · texte numérisé non relu

PART, 4642, —SUCCÈS DE L'ÉTABLISSEMENT DE VAUG

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marq'ier, qu'encore que depuis long-temps j'eusse besoin de cet homme, il ne n'était pourtant jamais arrivé qne ce jour-là d'en parler, J'avouc que jamais, en ma vie, je ne fus ni plus confus, ni plus surpris de la bonté de Dieu que dans ce moment : ce qui me fit verser des larmes, et me porta à n'antantir devant cette divine bonté, Il me suflit de souhaiter quelque chose, et elle nous arrive aussitot, sans que je le demande, Je vois bien maintenantse réaliser la vue dont je fus favorisé dans ma retraite : lorsque Dre le Père m'apparut, nous portant dans ses bras comme de petits enfants, et qu'il me faisait prononcer ces paroles de l'Écriture : Qui regis Esrail, intende, qui deducis velul ovem Joseph ; paroles qu'il a en effet justifiées avec tant de bonté, que jamais pére au monde, quel qu'il puisse ètre, ne saurait secourir ses enfants, ni leur prêcer la main avec une plus tendre sollicitude. I supplée à nos besoins avec d'autant plus d'abondance, que sa sagesse, sa puissance et son amour surpassent toutes nos judustries. Depuis qu'il m'a enseigné ce divin abandon, tout a travaillé pour moi; etil semble qu'il craigne mèmeque queluue chose ne me manque, tant il est prévenantà mon égard ! Les services que les hommes mic rendent maintenant, ne leur sont jamais à charge. Toujours ils sont accompagnés d'une grande charité, etils me sont prodigués avec la satisfaction de tous. Ceux quiautrefois paraissaientètre pus retenus à mon égard, m'offrent d'eux-môûômes toutes les commodités qui me sont nécessaires. La bonté de Dieu me préparait d'une manière rachée à cette conduite, lorsqu'elle retirait de moi tout le monde, et me soustrayait tout appui, voulant m'obliger parlà à ne me confier qu'en fui seul, »

Cinq ou six jours après l'arrivée de ces Messieurs à Vaugi-

rard, M. Copin, curè du lieu et docteur de Navarre, les pria de prendre le soin de sa cure, jusqu'à son retour de Paris, où il croyait ne demeurer que quinze jours : ils l'acceptèrents mais il resta neuf mois sans revenir. Cette circons-

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1642.—SUCCÈS DE L'ÉTABLISSEMENT DE VAUGIPARD. 143 tance leur donna bientôt sujet d'adorer la honté de Dire, qui voulut les faire passer par cet emploi, pour les instruire des devoirs des curés et des vicaires, et leur donner le moyen d'exercer les ecclésiastiques qu'ils ne tardérent pas à recevoir. Us n'admirèrent pas moins les attentions de cette paternelle providence à leur procurer aussi le logement nécessaire à leur communauté, y avait tout près de l'église une assez grande maison, avec un jardin spacieux, entouré de murailles vou vellement construites. Avant appris que celui qui la tenait à louage n'y venait jainais, ils lui proposérent de les subroger à sa place. Il s'en défendit, etles oblixea de l'habiter toute mouhlée, les priant seulement de permettre qu'il y vint quelquelois pour dire son chapelet dans les allées du jardin. Cette maison appartenait à A, de Rochefort, homme de grande piété, et qui demeurait dans le diocèse d'Auch. Comme elle elle était trés-propre au dessein des nouveaux solitaires, ils lui rent proposer de la leur vendre. H répondit d'abord qu'il n'y consentirait pas, et qu'il les priait de l'aceepter en don, Mais voyant que ces Messieurs refusaient absolument son présent, il voulut alors la leu vendre, uniquement pour les en faire jouir. Car il leur céda, pour la somme de deux mille éeus, cette maison, en y joiznant encore une métairie dont les dé pendances seules valaient autant; enfin lorsqu'ils en comntèrent le prix, il refusa de le prendre; et comme son intention était de leur donner cette somme en mourant, illes pria de la garder sans intcrèt.

Le cardinal de Richelieu eut bientot aporisle but du nouvel établissement, et les noms de ces ecclésiastiques, dont il con vaissait le méritect la naissence. Dans les entretiens qu'ilavait eus avec le père de Condren, quelques années auparavant, pour savoir de lui quels étaient les suiets les plus dignes de l'épiscopat, cet homme de Dieu, conime où l'a déjà vu, lui en avait nommé quelques-uns , en ajoutant qu'il en connaissait d’autres très-capables, dont il n'osait lui faire mention, Notre-Scigneur voulant se servir d'eux pour un grand dessein.

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144 1, panT, 1642,— OFFRE DU CARDINAL DE MICHELIET,

Dès que la nouvelle de l'établissement forméà Vaugirard parvint aux oreilles de ce ministre, iljugea aussitôt, par sa grande pénétration, que ces ecclésiastiques étaient ceux dont le père de Condren lui avait parlé, sans vouloir les désigner personnellement ; etcomme il méditait alors Pétablissement d'un sé. minaire d'évèques, il résolut de les avoir auprès de lui , afin de s'en servir pour former cette maison, et les placer dans la suite selon ses vues, Dans ce dessein, il donna ordre à la du chesse d'Aiguillon, sa nièce, d'aller les trouver de sa part; de leur témoigner l'estime qu'il faisait de leur mérite, d'ajouter qu'il était extrêmement édifié de leur retraite, mais qu'il voulait être pour quelque chose dans leur établissement, et que sachant combien ils étaient mal logés, il leur offrait son chateau de Ruel pour y faire leurs exercices, dans la solitude, et avec une entièreliberté, promettant d'appuyer leurs desceins de tout son crédit, et même delautorité du Roi, qui leur était assurée, Une proposition aussi généreuse était digne de la religion du cardinal et de sa grandeur d'âme, Elle fut recue de M. Olier et de ses compagnons avec autant de reconnaissance que de respect. Mais ne voulant reconnaître que Di£u pou: appui et pour fondateur, ils priérent la duchesse d’Aiguillon de représenter au cardinal qu'ils étaient venus se fixer à Vangirard pour y vivre dans la solitude, qu'il leur serait bien difficile de suivre leur attrait dans la maison et dans la compagnie d’un premier ministre, et qu'ils suppliaient très-humblement Son Eminence , avec toutes les instances dont ils étaient capables, de les laisser dans le lieu qu'ils occupaient, précisément parce qu'il était pauvre et caché.

Ceite réponse, loin d'offenser le cardinal ne fit qu'augmenter son estime et sa vénération pour ces ecclésiastiques, et surtout pour M. Olier. Elle leur attira même l'admiration de toute la cour, et engagea plusieurs jeunes ecclésiastiques de mérite à se joindre à eux , pour se former aux vertus apostoliques. M. Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin , alors âgé de vingt-deux ans, et qui fut nommé, deux ans après , à la

coadjutorer lus, abbé çus à Vaugi un sujet du Il connaissa girard, alla ter à M, de ( lui inspira { rard , et dès instamment tevent, mor M. de Caml vinrent peu « Nous d » être utile, » bon plaisi » manifestés » reltournan:

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14642. — M, DE QUAYLUS ET AUTRES, 145 coadjutorerie de Sens, et M. Gabriel de Thubières de Quaylus, abbé du Loc-Dieu, furent les premiers séminaristes re çus à Vaugirard, L'exemple de M, de Gondrin y attira bientôt un sujet du plus haut mérite, M, Antoine Raguier de Poussé, Il connaissait particulièrement M. de Gondrin, qui, de Vaugirard , allait le visiter à Paris. Tout ce qu'il entendit raconter à M, de Gondrin, des lumières et de la sainteté de M, Olier, lui inspira {e désir de le connaitre ; il vint en effet à Vaugirard , et dès qu'il eut parlé à l'homme de Dieu , il lui demanda instamment d'être reçu au nombre de ses disciples, M, Hurtevent, mort supérieur du séminaire de Saint-Irénte de Lyon, M. de Cambiac, frère de M. du Ferrier, et plusieurs autres ; vinrent peu après grossir la communauté naissante,

« Nous désirions , dit M, Oler, une personne qui devait » tre utile, et était même nécessaire à ia Compagnie, d'après le » bon plaisir et l'ordre du grand Dieu, qui m'avaient été » manifestés, C'était un très-habile théologien. Il arriva que, » retournant de Paris avec M, de Foix, nous le renconträmes » qui revenait de la maison, où il était allé pour nous voir. » Alors je m'éloignai un peu , pour laisser la parole à M. de » Foix, mon supérieur, ne me jugeant pas digne de parler » avec ce théologien, dont la capacité et la science me sur— » passent extrêmement. Mais M. de Foix me pressa , et me » força de m'approcher et de lui parler. Alors, par obéissance » et contre mon gré, je commence à parler petit à petit, ou » plutôt je : abandonne à l'esprit de mon maitre, pour qu'il » me fasse parler selon son bon plaisir. Il me mit dans l'es— » prit des choses si bonnes, si saintes et si fortes, que cet » homme en fut extraordinairement touché. Et c'est ainsi » qu'il a attiré dans notre compagnie ce docteur qui enseigne » la philosophie et la théologie depuis nombre d'années, et » que, pour suivre l’ordre que Dieu nous avait donné, nous désirions beauceup d'y recevoir. »

Vers le même temps , la bonté de Dieu attira par les mêmes

moyens un ecclésiastique qui ne fut pas moins utile à la com-

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