PART. 164#2.—VAUGIRARD. M. DE BASSANCOURT
pagnie, M. de Bassancourt; dont nous avons déjà parlé, Après avoir ahandonné l'établissement de Chartres, il avait suivi M. Amelote dans la mission de Normandie , et, de retour à Paris, il s'empressa d'aller visiter ses amis à Vaugirard. Comme il était d'une humeur fort enjouée , il leur demanda avec sa gaieté ordinaire, ce qu’ils se proposaient donc d'entreprendre sur ce nouveau théâtre , et si c'était à Vaugirard qu'ils prétendaient réformer ie clergé de France. Cet entrelien sembla n'être d'abord qu'une agréable et innocente récréation, Mais dès qu'il eut entendu parler M. Olier, ne doutant plus que leur réunion ne fût l'ouvrage de Dieu, ilse sentit pressé de se joindre lui-même à eux, pour concourir de concert au même dessein. « Nous avions besoin de lui, dit » M. Olier, ou au moins nous le souhaitions fort : car nous » n'avons besoin que de Dieu, qui fera plutôt de nouvelles » créatures, que de laisser manquer son œuvre. Il nous sem- » hlait néanmoins impossible de le voir se réunir à nous, à » cause de ses liaisons avec un autre, que nous ne devions » pas recevoir dans notre compagnie, et dont il semblait qu'il » ne püt se séparer jamais. Lors donc qu'il fut venu pour » nous voir, notre maitre me fit parler avec tant d'eflicace, » qu’il fut contraint d'avouer que Dieu élail avec nous , et » qu'il se résolut de devenir Fun des nôtres. » M. de Bassancourt quittant en effet l'air a'enjouement qu'il avait pris d'abord : « Messieurs, leur dit-il, je suis convaincu que je trou- » verai plus sûrement Notre-Seigneur dans votre maison, » que dans celle de ma mère ; non, ce n'est pas au milieu de » leurs prochesque les ecclésiastiques peuvent recevoir son » esprit. Mon parti est donc pris de vous demander une cel- » lule , et de vivre avec vous. » Comme il apercevait un colombier à l'extrémité de la maison , où il savait que tout était rempli, il pria qu'on le laissät le maitre d’en faire son appartement. « Vous le prendrez comme il vous plaira , ajouta-t-il, » mais je vous déclare que jene retourne plus chez ma mére, » et, dès ce soir, je prétends que vous me donniez un lit dans
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