EP
Lettres
MM. de
à la
Conférence de
St.-Lazare.
(2). Abelly, liv.
li, chap.1,—Collet,t.u, p. 352.
M.Olier sanctilie aussi les petits enfants.
et inspire le même zèle au clergé.
(D Vies de M. Olier, par #. de Bretonvil-tiers, 1.1, p.149, 1h46
(2) Mémoires aut. de M.Olier, ti, p. 134.
184 PARTIE I. LIVRE v. — 1036
laquelle il semblait que nous ne parlions pas, » nous servant d'un langage aussi grossier que » nous le faisions, après s'ètre acquittée chrétienne- » ment et exemplairement de son devoir, ne nous » a pu laisser partir qu'en fondant en larmes. Cinq » Huguenots ont abjuré leur hérésie en cette der- » nière mission, quatre desquels, qui nous fuyaient » auparavant, sont venus eux-mèmes nous y Cher- » cher; et cela, Messieurs, pour nous apprendre, » comme vous me l'avez souvent enseigné, que la » conversion des âmes est l'ouvrage de la grâce, » que nous y mettons souvent empèchement par » notre propre esprit, et que Dieu veut toujours » opérer, où dans le n‘ant, ou par le néant; c'est- » à-dire, en ceux et par ceux qui reconnaissent et » confessent leur inutilité et leur impuissance. » Une des fonctions de la mission, à laquelle M. Olier s'attachait de préférence, était l'instruction des enfants. On ne se lassait point d'admirer la charité ingénieuse avec laquelle il savait captiver leur attention, en leur expliquant les éléments de la doctrine chrétienne, ou en leur faisant goûter le lait de la piété. Après les pénibles travaux de la confession et de la prédication, c'était là un de ses délassements ordinaires : l'humilité avec laquelle il traitait les enfants, et le tendre amour qu'il leur témoignait, attiraient mille bénédictions sur son ministère. À le voir ainsi s'abaisser, on eût dit quil se mettait au-dessous du plus petit d'entre eux,et qu'il se serait estimé heureux d’avoir à exercer cette fonction toute sa vie (1). Pour leur rendre la mission utile, ainsi qu'aux autres fidèles, il les préparait, par des catéchismes et des exercices journaliers, à une communion génerale, cérémonie touchante qui tirait des larmes de tous les assistants. Elle tait précédée d’une autre non moins
à la main et le réciter lorsqu'ils vont au travail ou qu'ils en reviennent (2).
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attendrissante ; les enfants interpellés promettaient à haute voix d'observer le quatrième commandement : T'es père et mère honoreras, afin que tu vives longuement, et allaient ensuite en procession dans la paroisse avec l'ordre et le recueillement le plus religieux.
Non content de se livrer ainsi à l'instruction des petits enfants, M. Olier sut communiquer encore ce mème esprit de zèle aux ecclésiastiques de ces provinces. Jamais on n'y avait vu les curés plus assidus à catéchiser la jeunesse, et à prècher la doctrine chrétienne à leurs paroiïssiens. Un grand nombre de chanoines et de Prieurs se livrèrent, comme à l'envi, à cette fonction, prèchant et catéchisant dans les villes et les campagnes ; en sorte que les ouvriers apostoliques, en petit nombre dans la plupart des cantons avant l'arrivée de M. Olier, sy trouvèrent dès-lors en abondance, toujours prèts à partir au premier signal (1). «Je ne puis » mempècher de penser, dit--il lui-même, que ce » changement admirable ne soit l'effet des prières » de Sœur Agnès, cette sainte âme, qui a tant prié » DIEU pour apaiser sa colère, et convertir les peu- » ples de ces contrées. La pensée du Père de Con- »dren Ctait que bien souvent tout le fruit d’une » prédication avait été obtenu par les prières de la » plus pauvre petite femme qui soit dans l'église; »au lieu que le prédicateur, simple canal de la » grâce, n'a pour lui, dans son partage, que la pure » vanité. Dieu m'en préserve à tout jamais, et me » pardonne toute celle du passé. (2)! »
Pour fournir un aliment à la ferveur qu'il avait allumée dans les cœurs de ces ecclésiastiques, M. Olier porta les chanoines de l'église cathédrale et les ecclésiastiques du Puy à formèr une compagnie semblable à celle qui se réunissait à Saint-Lazare, et leur donna les mêmes règlements, avec quelques légères modifications. Il ne se sépara d'eux qu'après les avoir accoutumés à s'assembler toutes