‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 160 sur 332 · MARIE DE VALENCE · texte numérisé non relu

MARIE DE VALENCE

sreux dont j'ai parlé, vint me visiter dans mon »lit, me témoignant par là son déplaisir pour » toutes les peines qu'il m'avait causées: il était »accompagné de sa femme et de trois de ses » filles (1), les seules qu'il eût alors dans le pays.

» Ce trait me fit singulièrement admirer et adorer ‘lier,par le Pè-

» la providence de Drau, qui humilie, comme il lui » plait, et exalte les siens selon son bon plaisir (2). » Je dirai encore qu'un jour, m'en revenant au pe-

» tit pas, il prit tout-à-coup.à mon cheval un ca- },

» price qui le fit sauter du lieu où je marchais dans sun chemin fort bas qui était à côté; me voyant » ainsi en l'air, tout surpris de ce saut inopiné, je » me mis à crier : Ah! mon Dieu, mon amour! et » sur-le-champ mon cheval s'arrêta (3). »

Ce fut vers ce mème temps que M. Olier connut Marie Tessonnière, l'une des âmes les plus élevées

re Giry, partie de, ch, vu. Re.

marques historiques, p. 013,

(2) Mém. DD.

Union de M.

de son siècle, et qu'on a comparée à sainte Thé- Olieravee Ma- 1 ‘1 , “ . tedeVale rèse, pour l'éminence de ses dons. Cette sainte rie deValence.

veuve, appelée communément Marie de Valence, de la ville où elle résidait, s'était mise autrefois sous la conduite du Père Coton, Jésuite, pour se prémunir contre les illusions qu'elle redoutait souverainement ; et, depuis que ce guide sage et éclairé eut dissipé ses inquittudes, elle fit toujours de nouveaux progrès dans les voies de la perfec-

tion (4). Le cardinal de Btrulle, saint Vincent de 44) pie du Père Paul, et d'autres grands personnages de ce temps, Coton,par le Pè-

en avaient la plus haute estime: jusque là que saint François de Sales ne craignait pas de l'appekr une relique vivante *. Durant le cours de ses missions, M. Olier eut la pensée d'aller la visiter, et, dans ce dessein, il se rendit à Valence (5). Cette

sainte femme, alors âgée de plus de soixante ans, 205.

était sans cesse occupée des moyens de glorifier la trés-sainte Trinité : c'était là son attrait dominant, et comme sa grâce particulière. L'impression qui saisit M. Olier en la voyant, et les mouvements extraordinaires de religion qu'il ressentit, lui-firent

re d'Orléans, in- 4°1688, p.274,

* NOTE 6. p.

ne dit énae :

Do

(2) Ibid. t. v.

p. 388 et suiv.

(3) Esprit de M. Olier, t. 11, p. 263.

croire que Dieu le mettait lui-même en participation de la mème grâce. Dès ce moment et jusqu'à sa mort, il éprouva un desir ardent d'imprimer le respect et l'amour de l'adorable Trinité dans tous les cœurs; désir qui l'a porté à composer la belle prière du matin, par laquelle les ecclésiastiques du séminaire de Saint-Sulpice honorent tour à tour les trois divines personnes et se consacrent à elles (1).

Marie de Valence éprouva, de son côté, des impressions intérieures toutes semblables, et se sentit pénètrée de respect en la présence du serviteur de Dieu, comme si elle se fût approchce de sésus- Christ, cachè au très-saint Sacrement de l'autel

« Après la mort de Sœur Agnès, dit-il lui-même, » Notre Seigneur me donna la connaissance de Sœur » Marie de Valence, qui me témoigna tant d'ouver- »ture, que, depuis la mort du Père Coton, son » directeur, elle n'en a jamais tant témoigné à per- » sonne ; jusque là qu'elle voulut me découvrir » toutes les grâces qu'elle avait reçues depuis la » mort de son directeur, et m'apprendre celles » qu'elle avait mises par écrit de son vivant: elle a » pour moi une vraie charité de mère (2). » Le dessein de la Providence, en formant cette union entre eux, fut de donner à M. Olier un nouveau secours qui l'aidàt dans l'œuvre de sa sanctification, et de nouvelles lumières sur sa vocation future. L'une des dévotions de Marie de Valence était de prier chaque jour pour le clergé séculier. Elle demandait à Notre-Scigneur de remplir tous les prètres de piété, de science, de puretc d'intention, de zele, de détachement (3). en un mot de toutes les vertus apostoliques; et l'on est fondé à croire que, pour consoler sa servante, Diru lui fit connaître quelque chose du renouvellement qu'il allait opérer dans l'ordre sacerdotal. Au moins lui donna-t-il une vue surnaturelle de la destinée de M. Olier, comme ce dernier nous l'apprend. « Ce fut Marie de Valence,

»d » qi »C

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