SUR LA SŒUR DE VAULDRAY
NOTE 7, p. 220. — M. Olicr écrivait fréquemment de
Clisson et de Nantes à la Sœur de Vauldray, et ne négligeait
rien pour la faire avancer dans la voie du renoncement, qui
est l'âme de la vie religieuse. Comme, dans les commence-
ments de sa conversion. elle avait quelque répugnance
à quitter son argenterie, il lui écrivit : « Ma très-chère fille,
» ne manquez pas tous les jours à mourir à votre sens ; car
» vous y êtes bien attachée; et si vous ne faites la guerre
» continuellement à ce cruel ennemi, vous serez toujours
» sensuelle, ct, enfin, accablée par lui. Vous me faites bien
» compassion quand vous me mandez la difficulté que vous
» avez à quitter l'argent et à embrasser la vileté de l'étain
» ou de tout autre métal; car l'amour est, hélas! bien petit
» dans votre cœur. Aujourd'hui j'ai dîné chez les révérends
» Pères Chartreux, où l'on m'a donné une cuillère d'étain
» assez noire, qui m'a fait ressouvenir de vous; mais je n'ai
» rien trouvé là de dégoûtant. Je prie Diru qu'il vous donne
» la force à vous surmonter; car ces vertus faibles et à demi
» établics lâchent souvent le pied, et tournent en arrière (2).» (2) Lettres au- Non content de donner aux Religicuses de la Régrippière tographes de M. des marques de cette ardente charité pour leur salut, Olier, p. 346, M. Olier l'étendit encore à quelques enfants, chargés, dans
les dehors du monastère, des soins les plus grossiers, et, particulièrement, à un petit garçon à qui était confiée la
garde de la basse-cour. Il avait eu occasion de connaître
cet enfant pendant qu'il était logé dans l'humble réduit où
nous l'avons vu se retirer. Par reconnaissance pour le bon
accueil qu'il en avait reçu, ou par un effet de son zèle pour
la jeunesse, qui le portait à avoir toujours des enfants au-
près de lui pour les former à la vertu cet aux lettres (3), il (3) Mémoires désira, durant son séjour en Bretagne, avoir celui dont nous aut.de M. Olier, parlons, ainsi qu'un autre, qu'il avait parcillement connu à t. 11, p. 261. la Régrippière. Peut-être voulait-il les confier à quelqu'un
des curés dépendants de ses bénéfices, dont l'un, qu'il
appelle la perle des pasteurs (4), établit, peu après, un (4) Mém. aut. Séminaire de jeunes enfants. Quoi qu'il en soit, il écrivait de M. Olier, 1. 1, familièrement à la Sœur de Vauldray : «Je vous supplie p. 179.
» de me faire la charité de m'envoyer le petit écuyer de la » noblesse de votre basse-cour, si sa fièvre l'a quitté; j'es- » père que cet enfant sera bien docile (5). » Cette fièvre était (5) Lettres ausans doute la maladie épidémique qui régnait alors dans tographes de M. le pays, Olier, p.245.
(3) Lettres aut.
de M. Olier, p.
349 et suiv.
NOTE 8, p. 221,— Le Père de Condren songeant toujours à la formation d'une société uniquement vouée au clergé: il ne fut pas d'avis que M, Olier dirigeât habituellement les Religieuses de la Régrippière, et voulut qu'il se contentit de leur écrire quelquefois dans l'année. Cette résolution était de nature à affliger beaucoup ces bonnes filles, surtout la Sœur de Vauldray, qui regardait les conseils de M, Olier comme un appui nécessaire à son salut. Pour la préparer à cette nouvelle et la consoler, M. Olicr lui écrivit la lettre suivante : « Quoique sainte Thérèse ait pleuré le dépa:! de » son directeur, sans que le Fils de Drmu le trouvât mauvus, » lui témoignant qu'on ne devait pas moins aux médecins » de l'âme qu'à celui du corps, dont on peut légitimement » regretter l'absence; toutefois, dans la partie supérieure » de son esprit, elle était satisfaite du bon plaisir de Drev, » ct s'accusait elle-même de ses larmes en se plaignant à » son Epoux. Faites-en de même, ma très-chère fille, et ne » doutez pas que cette pauvre créature, demeurant séparée » de vous, vous ne receviez davantage que si elle vous était » présente. JÉSus, votre époux, nc sera pas moins présent » à votre âme, il le sera mème bien davantage, puisqu'il » Ôte d'auprès de vous celui qui vous le représentait ct » suppléait à ses conseils. C'est à lui de combler maintenant » ce vide, et de vous récompenser de ce sacrifice avec » une abondance d'époux. Abandonnez-moi donc tout à » lui, demandez-lui qu'il me conduise où il voudra, qu'il » dispose de moi selon son bon plaisir, et protestez-lui que » votre volonté cest satisfaite de la sienne : que vous nc » voulez d'abord que lui, et ensuite en lui seul ce qui lui » plaira davantage. Je vous dis ceci pour vous porter à ne » vouloir rien que Jésus, et à vous mettre dans la disposition » où il veut voir ses épouses : ayez pour lui un amour pur, » aimant Jésus sans mélange des créatures, un amour ar- » dent qui vous porte vivement et fortement à faire pourlui » toutes vos actions sans lâcheté ni retardement, un amour » actuel, c'est-à-dire, renouvelant les actes de l'amour le » plus souvent que vous pourrez (3). »
Cette lettre ne fit pas sur l'esprit de la Sœur de Vauldray toute l'impression que M. Olicr aurait pu désirer; voyant que cette âme encore faible, et qui avait besoin de ménagecments, ne pouvait pas s'adresser sans de grandes répugnances aux directeurs qu'il lui avait assignés avant son départ de la Régrippière, il écrivit à la Mère de Bressand qui portait le plus vif intérêt à cette communauté : «Si » ma Sœur de Vauldray n'est pas disposée à s'adresser à » M. Basseline, M. de la Dauversière lui procurera, s'il est » possible, le R. P. Chauveau, jésuite... Je serais bien » aise que vous vissiez le R. Père lecteur des Capucins, s'il
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