‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 211 sur 332 · NE A SES RE · texte numérisé non relu

NE A SES RE

re fondalise, et à ts prêtres, sa propre \inente,. et si sublime resse de sa r la liaison a pas hors sacerdoce, sant.

le Bérulle, ls de Dre.

mème ence jour de sa eurt sur la qui doit le ine liaison rès-grande bondre à ce mœurs du es instru- 1s-mêmes.

ement que nstrument ni le meut.

risti adjuesseins du

Père de Bérulle, suscité de Dieu pour le renouvellement de l'esprit sacerdotal en France; et ce fut sur ce plan que le Père de Condren, son successeur, forma M. Olier et ses compagnons. « Dans ses con- »férences, dit M. du Ferrier, il nous abreuvait vaqua sapientiæ salutaris (1), s'appliquant à nous » donner les principes de l'esprit chrétien, et à nous sexpliquer. selon saint Paul, la nécessité de mourir sà nous-mêmes, pour ne plus vivre que de la vie sde Jsus-Cirisr. Comme je m'étais nourri des »maximes du siècle. je ne comprenais rien de ce quil nous disait, et ce ne fut qu'au bout de six s mois que je commençai à y voir un peu dejour(2). »

M. Olier avoue aussi qu'il avait peine à comprendre cette doctrine. tant elle lui paraissait devée (3); et ce fut pour lui en donner une connaissance parfaite. et le mettre réellement dans cet état de mort à soi-même et de vie nouvelle, que Dreu k fit passer par les peines extraordinaires et les humiliations accablantes dont nous allons faire le rcit. Elles l'instruisirent beaucoup plus que n'avaient fait jusqu'alors tous les docteurs et tous les livres, et lui fournirent mème, en grande partie, la doctrine renfermée dans ses ouvrages, dont le récit de ses peines est la clef nécessaire. et comme l'introduction.

Lorsque le Père de Condren l'associa à la compagnie dont nous avons parlé, M. Olier était en touré de l'estime et de la vénération universelles(4). Le bruit de ses travaux apostoliques(à), la sainteté de sa vie, le refus qu'il fit. sur ces entrefaites, de la wadjutorerie de Châlons, sa naissance même, qui smblait donner un nouveau lustre à ses vertus, lui avaient :ttiré une estime si grande. qu'elle était pour lui une sorte de martyre. Sans cesse il avait à combattre la vanité et toutes les saillies de l'orgueil, dont Dieu permettait qu'il sentit plus vivement alors les atteintes. « C'était là, ajoute-t-il, la ‘plus grande de mes afflictions, de me voir au

(1) Eccli. cap.

XV, v. 3.

(2) Mémoires de M.du Ferrier, Ms. de la Bibl.

N. p.40.-— Ms.

Ste -- Genevière, p. 44.

(3) Mémoires aut. de M.Olier, 1,

IT

M. Olier désire ardemment de vivre de la vie de JÉSUS-CHRIST,

() Mém. aut.

de M. Olier,t.1, p. 141.

Olier, par M. de Bretonvilliers,t.

iv, p. 318.

(1) Mémoires aut. de M. Olier, t.1,p. 142.

(2) Ibid.

(8) Ibid. t. 1, p. 141 et 142.

(4) Psaume 1, v. 11.

(5) Mém, aut.

de M. Olier, t. 1, p. 222 et alibi.

» milieu de mille filets, dont l'amour-propre et les » respects humains m'environnaient de toutes parts. » Je me souviens que, dans mes confessions, lors- » que j'en venais là, j'étais tout désolé, et tout » baigné de larmes. O mon Dieu! mille morts » plutôt que d'agir pour un autre que vous (1). La » première vue que Dieu me donna de l'impureté » de mes actions, ce fut dans une maladie que j'eus »en Auvergne, en 1637. Alors Notre -Seigneur » commença à m'ouvrir les yeux, et me fit connaître » que mes œuvres ne valaient rien, étant toutes » pleines d’'amour-propre. Je ne le croyais pas au- » paravant, mais depuis je le reconnus à la » satisfaction et au goût que j'y recherchais (9). » Dans la retraite que je fis, l'année suivante, je » connus la laideur de mon intérieur: je le voyais » comme le corps d'un serpent pourri, de la corrup- » tion duquel sortiraient mille bêtes impures, et » s'éleveraient quantité d'insectes venimeux. J'en- » tendais par là que de notre fonds naissent, à tout » moment, mille pensées importunes et grossières. » C'était, en effet, le sujet ordinaire de mes afflic- » tions; car me sentant attiré à l’union avec Drev, » et soupirant après la paix de l'âme, ces pensées » venaient à tout moment troubler cette douce » occupation (3). Souvent je me sentais porté à pro- » noncer ces paroles du prophète: Mon Dieu, créez ven moi un Cœur pur, et renouvelez mon esprit selon » la droiture du vôtre (4); et la Providence inspirait » à mes confesseurs de me donner pour pénitence »ces mêmes paroles à réciter (5). Immédiatement » avant mes grandes peines, je reçus dans l'esprit » l'idée de l'âme consommée en Dreu, et j'éprouvais » un puissant attrait pour aspirer à cet état. Me » promenant quelquefois seul dans le jardin après » nos repas, cette même idée me revenait à l'esprit, » tellement que, les yeux élevés au ciel, et tout bai- » gnés de larmes, je disais: Vie divine, vie divine!

» quand sera-ce donc que je ne vivrai que de Dieu?’

pre et les tes parts.

ons, lors- , et tout lle morts us (1). La ’impuretét que j'eus - Seigneur connaître int toutes is pas aunus à la rchais (2).

aivante, je e le voyais la corrupnpures, et eux. J'enent, à tout grossières.

mes afflicavec DrEv, es pensées tte douce orté à pro- Dieu, créez esprit selon e inspirait pénitence édiatement hns l'esprit "éprouvais état. Me rdin après à l'esprit, t tout baivie divine!

e de Dieu?

»Je trouvais cet état si beau, si admirable, que je »n'eûsse craint de souffrir quoi que ce püût être » pour y parvenir(1). M'en voyant éloigné par mes »défauts et mes vices, j'avais souvent demandé à » Dieu de me faire enfin pratiquer les vertussolides: » Mon DuEu, lui disais-je, faites-moi la grâce d'en- »trer pour un an ou deux dans quelque noviciat, » où je puisse être bien exercé dans la pratique des » vertus (2). Au mois de juillet 1638, dans la retraite »que je fis avant d'aller en Bretagne, je demandai »à DIEu, avec confiance, deux choses assez peu »préméditées, qui me venaient comme d'elles- » mêmes à l'esprit: la première, qu'il m'ôtât, par sa »bonté, les peines extérieures que je souffrais, »comme les procès et la persécution de diverses » personnes. Car ces peines du dehors étaient pour »moi un sujet continuel de déplaisirs et d'amer- »tume, tant à cause de ma profession, qui doit » m'éloigner des affaires, que de mnn peu d'intelli- »gence pour les démèêler, comr ssi de la perte »de temps qu'elles occasionn: …, et de la paix de » l'âme qu'elles interrompent, surtout dans les com- »mencements ; et je demandai à Dieu de changer »ces peines extérieures en des peines intérieures »qui me purifieraient davantage. La seconde de- »mande que je lui fis, fut d'ôter de l'esprit des »hommes la bonne estime qu'ils avaient conçue » de moi sans fondement, et de la leur donner aussi » mauvaise qu'elle avait été bonne jusqu'alors. Peu » de temps après il plut à Dreu de m'accorder l'un »et l'autre, par son infinie miséricorde ; je ne puis »assez l'en remercier, pour les grands biens que » mon âme en a ressentis (3)+.

+ Ceux qui n'ont jamais considéré la conduite de Dreu, à l'égard de quelques âmes choisies qu'il a voulu élever à une grande perfection (4), auront lieu d'être surpris, peutêtre même scandalisés du genre d'épreuves extraordinaires que nous allons décrire. Les autres n'y verront rien qu'ils

(1) Mémoires aut. de M. Olier, t. 1, p. 156 et

(2) Ibid. t. 1, p. 203.

(3) Ibid. t. 1, p.141. — Vie de M. Olier, par le P. Giry, part.

1,ch. x1.— Remarques historiques, t. ui, p.

518, 519, — Vie de M. Olier, par M. de Bretonvilliers, t. 1v, p. 378, 879 et

(4) Catéchisme

spirituel du P.

Surin, t. 1, 4°

n'aient déjà lu dans plusieurs bons auteurs; entre autres partie, ch. vi,

Du montre à M. Olier le besoin qu'il a deson secours pouragir dans l'ordre naturel,

(1) Préf. sur l'instruct. pastcrale de M, de Cambrai, sect.

xn, {. XXVII, p. 702.

(2) Ibid. p.

(2) Instruction sur les états d'Oraison, liv. x, ch. xvn, t. XXVN

(4) Pref. lb.

t. xx vu, p. 102.

(3) L'homme de Dieu en la personne du révérend Père Joseph Surin, par M. Boudon, t, 1. part. a, ch. x, p. 2217.

» Voulant donc me purifier des motifs de superbe » dont j'étais attaqué, il commença par me montrer » au doigt que notre corps n'était point en notre » disposition, et que nous ne pouvions vivre, sub- » sister, ni nous mouvoir que par lui, et par son » assistance. Ceci est difficile à concevoir, à moins » que Dieu lui-même ne nous l'apprenne, parce » que cette influence de Dieu en nous n'est point » sensible, et qu'il semble qu'il en soit de l’homme, » au sortir des mains de Dirt, comme de nos ou- » vrages, qui ne dépendent plus des ouvriers, une » fois sortis de leurs mains Or, la bonté divine me » le faisait souvent expérimenter, en retirant de » moi sensiblement cette vigueur du corps et » cette vertu qui le soutient, et qui procède de la » cause souveraine et universelle qui le conserve et » qui conserve toutes choses. Parfois, cette vertu » semblait se retirer de moi et des choses destinées » à mon usage, comme si je voyais retirer l'eau d'un

dans le Père Surin. que Bossuet appelle un homme consom mé dans la spiritualité(1). et dont il a approuvé le Catéchisme(®. Ce récit, fait par M. Olier. et étroitement lié à toute la suite de su vie, mettra d’ailleurs la vérité de ces sortes d'épreuves dans un plus grand jour, et en sera lui-même une nouvelle preuve contre l'excès de ceux qui se persuadent qu’elles sont imaginaires, ou en tout cas purement humaines, comme l'observe l'évêque de Meaux(3). Au reste, pour préparer l'esprit du lecteur. nous remarquerons que le Père Surin, incomparable en ce qu'il a écrit sur les épreuves, au jugement de ce ‘grand évêque (4), a passé par des états bien plus extraordinaires que ceux de M. Olier. « Il a été longtemps sans pou- » voir lire, dit M. Boudon, son historien, près de vingt ans »sans pouvoir écrire, sans pouvoir se vêtir ni se désha- »biller, étant, pour ce sujet, obligé de coucher tout vêtu. » Les viandes les plus excellentes étaient sans goût pour » lui, le vin lui semblait comme l'eau pure. [Il est demeuré » muct durant huit jours. sans pouvoir, dans ce temps-là. » se confesser que par signes; il fut réduit dans une telle » extrémité, qu'à peie avait-il l'usage de ses mains... jus- » que-là même que, pendant environ quinze ans, il ne pou- » vait pas regarder distinctement les choses (5). »

» uniq

» Ce » aux f aux » laiss:

» hébé

le superbe e montrer t en notre nivre, subet par son ir, à Moins nne, parce n'est point e l'homme, de nos ou- Lvriers, une & divine me retirant de u corps et -ocède de la conserve et cette vertu es destinées er l'eau d'un

homme consom e Catéchismel2.

à toute la suite rtes d'épreuves * une nouvelle nt qu’elles sont bs, comme l'obéparer l'esprit Rurin, 4nCOMpaugement de ce blus extraordimps sans pous de vingt ans r ni se désbaher tout vêtu.

ans goût pour 1 est demeuré s ce temps-là.

ans une telle

mains... jusans, il ne pour } »

»canal par le moyen d'une pompe, ou la liqueur »d'un vase avec un chalumeau. Du moins Dieu » paraissait retirer cette vertu, et y suppléer de »quelque autre manière : tellement que, après ces »soustractions apparentes, je ne savais plus com- »ment marcher; et comme je sentais qu'une cer- »taine vertu m'était retirée, si je venais à mettreun » pied devant l'autre, je ne savais pas quelle puis- »sance c'était, ni même comment me soutenir.

» J'étais toujours prêt à tomber, et semblable à ces » hommes pris de vin, qui ont des forces et qui ne »savent comment s'en servir. Je m'étonnais que »les autres subsistâässent avec tant d'assurance et » de fermeté, et qu'ils eûssent à leur disposition la » liberté et la conduite de leurs corps (1). Quelque- »fois je ressentais cette mème impuissance dans l'usage des choses les plus nécessaires à la vie; je »ne savais comment manger, j'en perdais quasi »l'habitude. J'admirais que les autres prissent leurs »repas avec facilité, et il me semblait que je donnais » ces aliments à un corps mort, sentant que la vertu »naturelle m'était soustraite (2). II me semblait aussi que mon âme n'était plus, ou au moins qu'elle ne faisait plus ses fonctions naturelles, et »demeurait comme privée de l'usage de toutes ses »puissances. Vous me donniez cette conviction, à »mon Dieu ! Ô mon cher Jésus! pour m'apprendre par nécessité à n'user de ces facultés que selon » votre bon plaisir, et à attendre un autre principe » d'action que celui qui m'avait conduit par le passé. » Vous vouliez m'apprendre que mon âme n'est pas ret ne devait plus être entre mes mains, maisentre »les vôtres, d mon Tout! qui en êtes le seul et » unique maître (5).

» Ce que la bonté de Dieu avait fait relativement *aux facultés corporelles, elle le fit aussi par rapport aux facultés spirituelles de mon âme, et cela me » laissa dans des langueurs, des stupidités et des »hébêtements, qui ne peuvent se comprendre que

(1) Mém. aut.

de M. Olier,t 1, p. 193. — Copie des Mém. aut, de M. Olier, t. 1, p.

Page 1