‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 214 sur 332 · Mémoires aut. de M · texte numérisé non relu

Mémoires aut. de M

Olier, t. 1, pag.

(3) Mém. aut.

de M. Olier, t.

— Copie des Mémoires aut. de M. Olier, t, 1, p. 346. -— Vie de M. Olier, par M. de Bretonxilliers, L. 1v, pag.

* NOTE 4, p.

978 PARTIE 1. LIVRE Vil. — 1640

» dirait avec mépris à un homme de néant, en re- » muant la main, et rejetant ainsi sa personne et » ses services : Allez, allez. Cette vue était pour moi » plus cruelle que la mort, ayant été accoutumé » depuis longtemps à être caressé, ou au moins » souffert par la bonté divine (1). O mon grand » Maître! tout m'était supportable dansces épreuves, » excepté les rebuts et les dédains qui venaient de » votre part. L'enfer et toutes ses peines ne sont » point si affligeants. Il n'y a rien de beau et de » doux sur la terre à une âme qui sait que vous ne » l'aimez pas; comme aussi une âme qui sait que » vous l’aimez, peut-elle souffrir quelque chose ? Je » me souviens des paroles ficheuses qui m'étaient » dites, des reproches intérieurs que DrEu mefaisait, » des songes qui m'ôtaient toute espèce de joie, le » jour et la nuit. Dieu, les anges, les Saints du ciel: » tout semblait être bandé contre moi (2). Une fois » je crus voir en songe Sœur Agnès, cette âme bien- » heureuse, qui m'aimait tant, et en qui j'avaistou- » jours eu tant de confiance; elle paraissait être à » la grille de son monastère, et, comme je me pré- » parais pour faire quelque entretien spirituel, elle » me rebuta et me dit: Vous êtes un orgueilleux, » vous ne prècherez pas. Dans un autre songe, il » me semblait que j'aidais M. Bourdoise à adminis- » trer les sacrements, et que Notre-Seigneur, me » montrant ce saint prêtre, me disait, pour me » reprocher mon orgueil: Il en est de son action à » la tienne, comme d'une-personne qui met dans » un tronc un quadruple, et d'une autre qui y met » une pièce de trois blancs. De plus, la sainte Vierge, » qui Ctait alors mon seul refuge, et par la faveur » de laquelle je pensais que je n'avais rien à craindre, » paraissait m'humilier extrèmement, et prendre » moins de complaisance dans mes services que » dans ceux des autres, particulièrement dans ceux » d'un garçon qui me préparait les ornements dans » une de ses chapelles où j'allais quelquefois(3)".

t,enresonne et pour moi coutumé u moins n grand preuves, naient de s ne sont au et de > VOUS ne | sait que chose ? Je m'étaient me faisait, de joie, le s du ciel:

Une fois âme bien- 'avais tousait être à e me préituel, elle gueilleux, songe, il adminisrneur, me pour me n action à met dans qui y met te Vierge, la faveur craindre, t prendre ices que ans ceux ents dans ois(3)".

» Je ne recevais de Notre-Seigneur que des té- » moignages de dédain et de colère; je n'osais me » présenter à lui, tant j'itaisintérieurement rebuté ; » à la fin, je n'avais point la hardiesse de me tenir »en sa présence, j'allais me cacher dans une cha- » pelle de Notre-Dame où je n'avais pas ces rebuts, » mais aussi je n'éprouvais aucune consolation, en » sorte que tout semblait être perdu pour moi(1}). (1) Vie de }. » Sans cesse dédaigné, lorsque je voulais m'élever no » à DIEU, je ne pouvais avoir de paix qu'en me cou- p. 405. » chant la face contre terre. et me prosternant inté- »rieurement devant lui. Je ne dormais presque » point pendant ces temps ; je me réveillais au mi- » lieu de la nuit, tout tremulant, dans la croyance » que j'étais déjà réprouvé. Il me semblait voir les » démons au pied de mon lit, qui voulaient m'en- » trainer en enfer; et une fois, entre autres, il me » paraissait que l'un d'eux me disait : Donn:-toi à » moi, et je te délivrerai de tes peines. Je me sou- » viens qu'en ce moment mon cœur demeura iné- » branlable comme un rocher par la volonté de » mon JÉSUS + (2). Le imalin semblait avoir alors (2) Mém. aut. » toute sorte de pouvoirs pour s'approcher de moi, de ALIAS »et se transformer en ange de lumière. Ce mal- -. Vie del. O- » heureux ne m'a jamais tenté alors de faire le mal; lier, par M. de RÉENDE : : \ Bretonrilliers , » mais il s'efforçait de me jeter dans des excès de 4 1v, p. 517. »bien, par exemple, dans les humiliations de sa » façon, parce qu'il voyait que tout de bon j'y tra- » vaillais (5). (3) Ibid. t. à, » Non content, d mon Dieu, des dédains et des P 198, 199. »rebuts que vous me faisiez alors endurer, un

+ Cette réflexion de M. Olier prouve manifestement que le désespoir apparent dont il parle, était une épreuve divine opérée pour sa parfaite sanctification. « Loin que le déses- » poir dont on paraît assiégé et tout rempli soit effectif, dit » Bossuct, si l'on sonde au vif les âmes que Dieu met dans input 10 »ces exercices, au milieu des ténèbres et de la désolation, ne jats d'orai- »on y trouvera un fonds de confiance inébranlable et inal- son, liv, x, t. » térable (4). » xxvit, p. 417.

(4) Rossuet,

Olier, par M. de Bretonvilliers , t. iv, pag. 408.

— Mém. aut. de A. Olier, t. 1, p. 248, 249,

M. Olier est méprisé de tout le monde,

(2) Mém. aut.

de M. Olier, 1.

* NOTE 5, p.

ETTA

» jour vous me dites dans le cœur un mot qui » m'effraya plus que le tonnerre; ce fut lorsqu'en » colère, et d'un ton de voix si terrible que j'en » demeurai tout tremblant, vous me fites entendre » cette parole: Vous êtes superbe. J'étais si hors de » moi-même, que, peu après étant allé me con- » fesser dans une église, je tremblais de tous mes » membres, je frissonnais de peur : tant j'étais transi » d’effroi, après cette foudroyante parole, quiaurait » rempli de terreur le cœur le plus inébranlable et » le plus audacieux du monde. Mon Dieu, que vous » êtes terrible dans vos colères! que vos justices » seront accablantes, si vos petites et légères me- » naces affligent et étonnent si étrangement! Je » pense que j'en aurais été inconsolable, si, après » cette alarme, ouvrant mon Gerson, je n'avais » trouvé ces paroles : Dreu parle à ses amis quelque- » fois en les rudoyant, quelquefois en les caressant, » comme à l'égard de ses Apôtres, lorsqu'il leur dit: » O stulti et tardi corde ad credendum(1)!

» À toutes ces peines intérieures, se joignaient » encore le rebut des gens de bien, le mépris uni- » versel de tout le monde, parents, amis, serviteurs, » grands et petits (2)*. Ce fut surtout vers la fin » des fêtes de Noël 1640, que je reçus plus d’affronts; » je fus alors la fable de tout Paris: le Roi, le car- » dinal de Richelieu, messeigneurs les évêques, » surtout M. le Chancelier, tous mes parents, » toutes les personnes de ma condition, commen- » cèrent à faire, sur mon refus de la coadjutorerie » de Châlons, des plaisanteries étranges: car un » autre ecclésiastique l'ayant acceptée, et l'évèque, » étant venu alors à mourir, celui-là en fut pourvu » par le Roi et fut fait évèque de cette église. La » compagnie à laquelle j'étais attaché, prévenue » alors contre moi, augmenta encore cette tempête; »et je vis s’accomplir pleinement la promesse que » mon bon Maitre m'avait faite, sur ma priere, » deux ans auparavant, de changer en mépris et en

> tesse

» gran » buai vété | »torer tion > d'eu) »lote, dait, ? pens.

» Paris tenta ‘quer nous > MmOonc me fa

mot qui lorsqu'en que j'en entendre i hors de me contous mes ais transi quiaurait anlable et , que vous s justices zères mement! Je , Si, après je n'avais s quelquecaressant, il leur dit:

joignaient épris uniserviteurs, ers la fin d'affronts:

Roi, le cars évêques, parents, commendjutorerie ès: car un t l'évèque, ut pourvu église. La prévenue

+ tempête; esse que

a prière, bpris et en

»humiliations l'estime qu'on faisait de ma personne, et les louanges qu'on me donnait partout(1). Il sôta de l'esprit de nos Messieurs toute l'estime * qu'ils avaient conçue de moi. Quoiqu'ils m'eûssent »vu dans une mission travailler avec ma liberté première, et qu'ils eûssent été témoins du succès que DIEU m'avait donné en touchant les cœurs »par sa miséricorde, ils prirent la résolution de »m'interdire tous les emplois extérieurs, prédications, conférences et autres, et ne me permirent de »confesser qu'en cas de nécessité absolue. Dans ‘mes humiliations, ils voyaient de grandes fai- » blesses d'esprit; ils demeuraient de plus en plus fermes dans leur croyance, et laissaient croire ‘aux autres tout ce qu'ils voulaient de plus désa- » vantageux, sans m'excuser. Outre ces faiblesses d'esprit. ils remarquaient quelquefois en moi, un » port et une contenance arrogante; et jugeant, à : de telles marques, que l'Esprit de Dieu ne pouvait résider en moi, ni se plaire à opérer par mon mirnistère, ils ne m'exposaient qu'avec peine, même à la confession * (2).

» D'ailleurs ils croyaient que mes grandes trisrtesses venaient de ce que je n'étais plus dans les »grandeurs du monde ni dans le faste. Ils attribuaient mon abattemenf à ce que je n'avais pas été porté par mon directeur à prendre la coadju- :torerie de Châlons, et s’imaginaient que monaffliction venait de ce que j'étais encore comme l'un d'eux. Le Supérieur de notre Compagnie, M. Ame- ‘lote, qui avait droit de me juger ainsi, me deman- »dait, de temps en temps, si je n'avais point la pensée de prendre un carrosse et une suite dans * Paris. Il voulait savoir si je n'avais point cidé à la ‘tentation. C'est qu'en effet, lorsqu'on n'éprouve que rebut dans le service de Dreu, le démon, pour ‘nous en retirer, propose alors les délices du *monde. Ne sachant pas pourquoi mon Supérieur me faisait ces questions, et formait sur moi de

(1) Mém. aut.

de M. Olier, 1.

1, p. 189. - Vie de M. Olier, par leP. Giry, 1" part., chap. xi, — Remarq. historiques, t. in, p. 520. — Année Dominicaine, ibid. p. 465.

— Vie de M. 0lier, par M. de Bretonvilliers , t. 1v, pag. 504,

* NOTE 6, p.

(2) Mém. t. 1, p. 200, 201. — Vie de M. Olier, par le P. Giry.

Ibid. — Vie de M. Olier, par M. de Bretonvildiers, t. 1v, pag.

Les confrères de M. Olier regardent ses peines comme un dépit d'orgueil,

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(1) Mém. aut.

de M. Olier, t.

-— Copie des Mtmotres aut. de M. Olier,t.u, p. 344, 349. — Vie de M. Olier, par M. de Bretonvilliers,t.1v, p. 509, 510,

(2) L'homme de Dieu, t. 1, part, 3, chap. x, p. 228,229, 230,

.» pareils, doutes, si éloignés de mes pensées et des » dispositions de pénitence et d'humiliation où la » bonté divine me tenait : Hélas! mon Père, lui ré. » pondaïis-je, j'en suis bien loin; je ne songe qu'à » trouver un trou pour y faire pénitence, voyant »yque mes misères sont insupportables à tout le » monde. Je croyais, en effet, qu'on voulait me » chasser de la Compagnie, et cette pensée était tou- » jours dans mon esprit (1).

» Notre-Seigneur m'ayant comme retiré son se- » cours ordinaire, le démon se jouait souvent de ma » faiblesse, pour me faire paraître impertinent au » service de Dieu, et ridicule devant le Supérieur +. » Je me souviens, en passant, d'un petit mot qui » me fut dit par ce dernier : Pour vous, allez-vous-en où »vous voudrez; nous n'avons que faire de vous. Déjà, » une autre fois, il m'avait dit quasi la même chose: » que je n'étais bon à rien, qu'il me conseillait de » quitter mes bénéfices et de m'en aller cacher dans

+ Boudon rapporte du P. Surin (2) des épreuves tout-àfait semblables à celles quiterminent ce récit: « Dans ces » humiliations, dit-il, le démon lui faisait faire malgré lui » quantité d'extravagances extérieures, qui donnaient juste » sujet de croire qu'il était fou ; et l'usage parfait de la raison » qui lui était demeuré, ne lui servait qu'à le rendre plus mi- » sérable, dans la connaissance qu'il lui donnait des mépris » et des rebuts que l'on avait pour lui... Il souffrait de toutes » parts, et de la terre et du ciel, et des hommes et des démons, »et des Saints et de Dieu même; il souffrait non-seulement » des personnes sans vertu ou d’une vertu commune, mais » des plus grands serviteurs de Dieu, qui ne connaissaient » pas son état, et le traitaient d'extravagant. Enfin, il écrit » que, durant ses peines, il semblait quetoutes les créa- » tures fussent armées contre lui, et que Dr fit des miracles » pour s'en servir à le tourmenter. La très-douce et très-mi- » séricordieuse Vierge, qui est l'asile et le refuge des plus » grands pécheurs, ne lui paraissait que dans une sainte » colère, avec des foudres pour le châtier; il ne voyait les » Saints que comme des personnes qui lui étaient justement » opposées; mais, par-dessus tout, il voyait encore Dieu qui » lui était contraire, et qui, après s'être servi de toutes les » créatures du ciel, de la terre et des enfers pour l'aflliger, » voulait le frapper de sa main. »

vuntr tant] >vais au CO) »désh jours toute le cœ pour Notre ‘pour pas CO je ne sintim que D plus Jer le pri ie tem comm DIEU. 4 cute et itrange plaisir esprit « mon sa al faut ‘monde ‘par qu itends s Je m smaban servit € voir qu m'oblig »bandon tion qu idélaisse pour m

nsées et des iliation où la Père, lui rée songe qu'à ence, voyant les à tout le

voulait me sée était tou-

retiré son se- Juvent de ma pertinent au Supérieur +.

Jetit mot qui [lex-vous-en où le vous. Déjà, même chose:

conseillait de r cacher dans

preuves tout-àcit: « Dans ces faire malgré lui donnaient juste fait de la raison rendre plus minait des mépris ffrait de toutes

5 et des démons, non-seulement ommune, mais e connaissaient Enfin, il écrit butes les créafit des miracles uce et très-micfuge des plus ns une sainte 1 ne voyait les ient justement core Dreu qui

i de toutes les pour l'afliger,

suntrou (1);et encore: qu'il craignait bien pour moi, tant j'étais faible. Je me souviens que je ne pouais m'offenser de cela, ni le trouver mauvais ; au contraire, voyant que j'étais la confusion et le ;déshonneur de toute la compagnie, et ayant toujours ce sentiment dgns mon cœur, je trouvais toutes ces paroles très-véritables. Aussi j'avais le cœur si net ct si plein dessentiments de charité

Olier, par le P.

Giry, ib. p. 520.

‘pour mon sup‘rieur, au moins par la bonté de

Notre-Seigneur, que tous les jours je priais Dreu ‘pour lui, et disais la Messe à son intention, non :pascomme pour un ennemi et un persécuteur ; car je ne pensais pas à cela, mais comme pour le plus sintime de mes amis, m'intéressant à tous les biens ique Dieu lui faisait comme aux miens propres, et plus mille fois. J'admirais ses lumières et ses dons; jen rendais grâces à Dieu de tout mon cœur, et le priais de les lui continuer. Il me semblait, en re temps-là, que je fusse comme une bête morte, comme une pauvre victime immolce à la gloire de Du. Je me souviens qu'étant beaucoup perséieuté et moqué par notre compagnie et par des itrangers de condition(2), je prenais un £rand plaisir à dire à Dieu, me mettant devant lui en isprit d’hostie: Ah! mon DrEu, que ceci serve à mon sacrifice ; il faut mettre en pièces la victime ; il fut retrancher de moi tout l'honneur de ce :monde. Ah ! mon amour, coupez et faites couper ipar qui il vous plaira tout l'honneur que je priitends sur la terre.

Je me souviens qu'en ces temps, tout le monde

mabandonnant, je cherchais quelqu'un qui me:

&rvit d'appui : malheureux que j'étais, de ne pas noir que Dieu m'ôtait tout secours humain, pour imobliger de ne m'appuyer que sur lui, et de m'abandonner à lui seul(3)! Car telle est la convic— ‘ion qu'ont produite depuis en moi tous ces délaissements. Un homme de talent se pr'sentant ‘pour me servir dans mes aflaires, je m'estimaïi

(2) Copie etc.

Ibid. t. nu, pag.

020, 321. — 4brégé du 1° cahier des Mém.

de M. Olier. — Vie de M. Olier, par M. de Bretonvilliers , t, iv, p. 600, 501, 202,

A, Olier ne trouve personne qui Île consols dans ses peines.

d)Hu 11, p lit

(1) HMém. aut.

de M, Olier, t.

Motif des humiliations de

M. Oliere

(2) Mém. de M. du Ferrier, p. 126.

(3; Récit de l'enfance du P; Amelote. Ms.

(4) Mém. aut.

de M. Olier, t.

Hu, p. 1395.

» heureux de ce secours, dans l'état où j'étais. Jeme » jetai entre ses bras, et m'appuyai sur lui pour » trouver quelque soulagement ; mais, ne cherchant » pas Dieu en lui, et n'ayant en lui qu'un appui » temporel et grossier, j'en fus aussitôt payé comme »je méritais de l'être: car, se servant contre moi » des faiblesses de mon esprit, et de l'état pitoyable » où j'étais, il se joua de moi, et brouilla davantage » mes affaires. Ce fut encore là une des marques » les plus visibles de la miséricorde de Dieu, qui » voulait que je füsse tout à lui, et n'usâsse de ses » créatures que dans une dépendance entière de sa » bonté, ayant plus de confiance en lui que dans » tout le reste (1). »

Tel est le tableau que M. Olier nous a tracé deses peines. Quelque rigoureuse que puisse paraître en apparence la conduite de Dieu sur son serviteur, l'on ne saurait s'empêcher d'y admirer l'ouvrage de sa bonté et de sa providence; puisque ces épreuves devaient servir, non-seulement à la sanctification personnelle de M. Olier, mais encore à préparer les voies à l'établissement du séminaire et de la Société de Saint-Sulpice, comme la suite le montrera. On a vu que lorsque les ecclésiastiques formés par le Père de Condren se réunirent en société, ils nommèrent pour chef M. Amelote(2); et ce choix, à le considérer selon la raison et la pru dence humaine, était sage et éclairé. Doué dés son enfance d’une facilité d'esprit et d’une pénétration peu commune, M. Amelote, déjà docteur en théo logie depuis l’âge de vingt-deux ans (3), possédai plus qu'aucun de ses confrères la doctrine du Pere de Condren(4); et comme chacun l'estimait ave raison pour sa vertu et pour sa science, il semblait réunir toutes les qualités qu'on pouvait désire dans unSupérieur. Mais ce n'était pas celui dont divine Providence avait fait choix; elle destinai M. Olier pour servir de pierre fondamentale à l'édi fice ; et, toutefois, elle ne permit pas que ces eccli

siasti dout semb Bien louv serai nées que C des a lopP

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ü j'étais. Jeme Sur lui pour s, ne cherchant i qu'un appui Ôt payé comme ant contre moi l'état pitoyable ailla davantage des marques e de Dieu, qui n'usâsse de ses ce entière de sa n lui que dans

18 a tracé deses isse paraitre en son serviteur, nirer l'ouvrage ; puisque ces ment à la sancmais encore à t du séminaire mme la suite le ecclésiastiques cunirent en s0- Amelote (2); et aison et la pru b, Doué dès son ne pénétration octeur en thèo s (3), possédai bctrine du Pere l'estimait ave

nce, il semblait

pouvait désire as celui dont ; elle destinail mentale à l'édi

que ces ecclé

sastiques le nommäâssent Supérieur, de peur, sans doute, que l'œuvre du séminaire, réservée à M. Olier, smblât être un dessein concerté par les hommes. Bien plus, afin que ce choix parût manifestement louvrage de sa puissance, lorsque le moment en grait venu, il tint son serviteur durant deux années dans cet état d’humiliation profonde, et voulut que celui qui devait être, incontinent après, le chef des autres, semblât être devenu alors le rebut et l'opprobre de tous (1).

Mais pour qu'il ne manquât à M. Olier aucun genre d'épreuves, Dieu, par une conduite qu'il tient assez ordinairement sur les grandes âmes (2), voulut qu'il fût entièrement privé des consolations que lui avait jusqu'alors données son directeur. Il permit donc que le Père de Condren entrât luimême dans les desseins secrets de sa providence, et se conduisit à l'extérieur comme s’il n'eût plus fit aucune estime de M. Olier (3), quoique, dans le fond, cet homme si éclairé regardât son état d'épreuves comme une faveur privilégiée, et une préparation aux grâces les plus insignes. « La bonté de Notre-Seigneur, dit M. Olier, voyant que j'avais

| sune très-grande ‘confiance dans le Père de Con-

»dren etque je m'appuyais beaucoup sur lui, peutrêtre trop, voulut me sevrer encore de cette consolation. Comme je savais que je devais être déta- »ché de tout appui des créatures, je me souviens »qué je lui dis un jour : Mon Père, vous me quitterez. Ce ne sera qu'à la mort, me répondit-il. Et »pourtant les rapports qu'on lui faisait de mes »déportements l'obligèrent à me délaisser, et à ne plus faire compte de moi (4).» Ce délaissement rapparent, l’une des plus grandes peines qu'une âme puisse souffrir (5), dura deux mois, c'est-à- »dire, jusqu'à la mort du Père de Condren, arrivée, »comme nous le dirons bientôt, le 7 janvier de » l'année suivante. »

Pendant tout ce temps, M. Olier, alors retiré à

Olier, par le Père Giry, part.

1", chap. 1x. — Remarques historiques, t. 1, p. 518.

Conduite du Père de Condren. Ses dernières paroles à M. Olier.

(2) M. Boudon, Vie du P.

Surin , 1826, t. 1, part. m, chap. x, p. 229,

Olier, par M.

de Bretonvilliers, t. 1v, p.

(4) Mém. aut.

de M. Olier, t.

1,p. 180; ft. n, p. 55.

(5) M. Boudon, tbid.

ur ras

* NOTE 7, p.

(1) Mém. aut.

de M. Olier, 1.

— Copie des Mémoires aut. de M. Olier, t. in, p.31, verso, — Abrégé du 9% cahier des Mémoires aut. de M.

Olier.

(2) Mém. aut.

t. 11, p. 30, 219; ui, p..

Saint-Maur avec ses compagnons, ne laissait pas, quoiqu'il n'en reçût aucun soulagement, de venir toujours le visiter selon sa coutume. Mais dans une visite qu'il lui fit à la fin du mois de décembre. et qui fut la dernière, il aurait pu comprendre ais: ment que, malgré cette froideur apparente, son sage directeur regardait ses peines comme une épreuve, uniquement ménagée pour le rendre capable de travailler un jour au rétablissement de la piété, et au renouvellement de l'esprit sacerdotal, Dans cette visite, le Père de Condren l'entretint fort de cet ange de l'Apocalypse auquel il l'avait exhorté autrefois d'avoir grande dévotion, et qui viendra sur la fin de l'Eglise, jetant du haut du ciel en terre le feu de l'autel, qu'il aura mis dans son encensoir. Il lui fit remarquer que la dévotion envers le très-saint Sacrement, l'Hostie de notre autel, est la dévotion propre des prêtres, et qu'il devait s'appliquer à la répandre partout. Ce quil ajouta ne fut pas moins remarquable, et montrait que DrEv, par toutes ses épreuves, avait voulu faire mourir M. Olier au vieil homme, pour le remplir ensuite de l'esprit de la vie de Jisus-Curisr, l'homme nouveau. « Or donc; continue M. Olir, » après m'avoir fort exhorté à faire honorer le très. » saint Sacrement, il me dit ces paroles qui me » furent bien ahères et utiles: Prenez l'enfant Jésus » pour votre directeur. Et il me dit cela sans queje » lui eusse fait connaître qu'en effet je m'abandon- » nais déjà à l'enfant Jésus pour me conduire. Cette » dévotion allait à continuer la vie et l'esprit de » mon directeur sur la terre; il se conduisait lui- » même selon les sentiments et les mœurs de l'en- » fant Jisus* (1). » C'était la pratique habituelle de M. Olier, depuis qu'il s'était vu comme prive de tout appui: dans les moments où ses peines lui donnaient quelque relàche, il s'adressait à l'enfant Jésus, qu'il avait pris pour modèle, et même, au défaut de tout autre, pour son unique condutteur (2).

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La p part, 6 sainte 1699 ; d'arder cerdota h paro:

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