‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 226 sur 332 · RAP.DE M. ROUSSEAU AVEC LES DISC, DU P.DE COND · texte numérisé non relu

RAP.DE M. ROUSSEAU AVEC LES DISC, DU P.DE COND

Quant aux ecclésiastiques destinés pour accomplir ces œuvres, Dieu ne les lui fit connaître que peu à peu, et comme par degrés : M. Picoté fut le premier avec qui elle eut quelque relation spiritulle. Travaillé de peines intérieures, qui le poursuivaient jour et nuit, depuis son voyage à Loudun, ls'en ouvrit à l'un de ses amis, M. Laisné de la Marguerie,conseiller d'Etat, qui, étant devenu veuf, avait reçu les saints Ordres. Mais M. Laisné, ne se jugea pas capable de le soulager, et l'adressa à Marie Rousseau, qui en effet obtint par ses prières qu'il it délivré de ses peines. Dans l'intervalle de leurs missions, les compagnons de M. Picoté étant venus à Paris, selon leur coutume, il les luiamena (1) sans utre dessein que de leur procurer occasion de sédifier auprès d'une personne de grande vertu ; et de son côté elle ne leur dit rien alors, ni dans lkurs visites subséquentes, qui püt leur donner à soupçonner les desseins de Dieu sur eux. Cà n'était pas le moment de le faire, puisque M. Olier, l'instrument principal de ces œuvres, se troutaitalors au plus fort de ses épreuves, tout à faitinapable de s'occuper d'affaires extérieures,et regardé même, ainsi qu'il a été dit, comme inutile à la Compagnie et le rebut de tous. Il parait que ses épreuves itaient, dans ces occasions, l’un des sujets de leurs entretiens avec elle. « Lorsque durant mes peines, srapporte-t-il lui même, j'étais abandonné, délaissé, et bafoué de tout le monde : lorsque chacun me regardait comme un homme qui avait perdu l'esprit, et un réprouvé : elle seule sou- ‘tenait que je n'étais pas ce qu'on prétendait ; elle et M. Picoté croyaient que j'appartenais à » Dieu (2). »

Dans l'ignorance où ils étaient donc alors des desseins de Dieu sur eux, ces ecclésiastiques savaient d'autre projet arrêté, que d'accomplir, quand ils en trouveraient l'occasion, l'ordre que le Père de Condren leur avait donné, d'établir un

XXTII.

Premiers rapports de Marie Rousseau avec les disciples du P.

de Condren.

(1) Mémoires p'rticuliers,ann'es 1640, 1641.

(2) Mémoires autogr. de M.

Olier, À. 1, D.

M. Olier éprouve un peu de relàche dans ses peines.

(1) Mémoires de M.du Ferrier, p. 137.

(2) Vie manuscrite de M, Bourdoise, in-4° p,.

bit,

(3) Mémoires aut. de M. Olier, ti, p. 121.

(4) Copie des Mémoires aut.

de M. Olier, t.

(5) Notice historique sur la sonnerie deChartres, par l'abbé Pie, 1840,p. 14.

séminaire. Ne voyant point encore d'ouverture à l'exécution de ce dessein, ils retournèrent dans le diocèse de Chartres (1), et s'arrêtèrent d'abord au Loreau, puis à Epernon, pour y vaquer à l'oraison et à l'instruction du peuple (2). Ce fut alors que M. Olier eut un peu de relâche dans ses peines, dont il ne fut néanmoins délivré que vers la fin del: même année, et encore ce changement ne s'opérat-il que peu à peu. « Après dix-huit mois ou » davantage, dit-il, Dieu commença à me laisser la » liberté de m'élever de temps en temps à lui : ce » qui, jusqu'alors, m'avait été interdit. Je ne rece- » vais aucun rafraichissement dans mes peines, » sinon lorsque je pouvais réciter mon chapelet, ou » faire quelque pèlerinage en l'honneur de la très- » sainte Vierge (3). » L'église cathédrale de Chartres fut le lieu où, selon ses expressions, il commença à respirer intérieurement, et à reprendre au dehors la gaieté qu'il faisait paraître avant ses peines. Toute la Compagnie fut étonnée de ce changement, sans en connaître la véritable caus

qu'il eût été en effet difficile de soupçonner. Or

vu que les peines de M. Olier avaient eu pour principe la crainte où il était sans cesse d'agir par orgueil, et elles commencerent à être dissipées à l'occasion d'une lumière très-vive qu'il eut sur l'énormité mème de ce vice. «Elle m'apprit, dit-il » que la superbe dérobait à Dieu son honneur et sa » gloire ; que c'était un larcin sacrilèége, puisqu'elle » allait arracher sur les autels de Dieu ce qu'il aime » et chérit davantage. Cette première lumière com- » mença à me délivrer de mes peines (4). Je me » souviens ici, prosterné à vos pieds, à mon Div, » d'une autre grande grâce que vous me fites » éprouver l'année passée, au ‘our de la petite Fète- » Dieu. M'éveillant le matin, une heure ou deux » plus tôt qu'il ne fallait se lever, c'était dans Char- » tres, et entendant ce doux bruit et ce célèbre rt- » sonnement des cloches (5) de Notre-Dame, vous

) qu’ » sait » ler d » crét » cult » Cond > arri > cond » baie

To:

uverture à ent dans le d'abord au à l'oraison lors que M.

ines, dont la fin de ne s'opérait mois ou me laisser la ps à lui : ce . Je ne recemes peines, chapelet, ou ir de la trèsale de Charons, il comreprendre au tre avant ses tonnte de ce ritable caus çonner: On eu pour prind'agir par Orsipées à l'occat sur l'énorpprit; dit-il, honneur et sa re, puisqu'elle ce qu'il aime lumière com- :s (4). Je me à mon DIEL.

ous me fîtes la petite Fètebure ou deux ait dans Charce célèbre rè- -Dame, vous

M. OLIER ÉPROUVE UN PEU DE RELACHE SOb

» me faisiez voir en esprit la grande gloire qu'on » vous rendait partout en ce jour-là, et les grandes » louanges que vous offrait votre Fils, cette sainte » Hostie, par tout le monde. Car il vous loue dans » le saint Sacrement comme dans le ciel, y étant »tout-à-fait le même; et cela remplissait mon » esprit d'une grande joie. Mais ce qui y mettait le »comble, c'était que mon propre cœur semblait » avoir part à tout cela ; qu'il louait Dreu partout, » et était répandu partout. Plût à Dreu que cela fût » comme je le sentais; ce sentiment me faisait ré— » pandre des larmes, et cette heure passa avec une » grande vitesse. (1).

» À la fin de mes peines (car durant mes peines » même, j'étais universellement orphelin), j'expéri- » mentai l'amour et la charité de Père, que Dieu »avait mise pour moi dans l'âme de mon confes- » seur, M. Picoté. J'étais porté à me confier en lui, » ce que je fis alors sans réserve, et en reçus des »secours très-puissants dans ma conduite, soit » pour le corps, ou pour les biens, soit aussi pour » l'esprit. J'en bénis Dieu de tout mon cœur. Je » dois beaucoup à Notre-Seigneur en la personne » de cet homme, qui a beaucoup de son esprit, et à » qui il se plaît de se communiquer. Il me semble » que Dieu me parle par sa bouche, comme il par- » lait à son peuple par celle de Moïse. Il m'a sou- » vent dit des choses si conformes aux dispositions » intérieures que le bon Dieu mettait en moi, sans » qu'il le sût, qu'il fallait avoir son esprit, qui seul » sait les secrets des cœurs, pour me pouvoir par- » ler de la sorte. Il avait tellement l'esprit de dis- »crétion pour moi, qu'il ne faisait point de diffi- »culté de me détourner du travail, et de me » conduire à la campagne, pour me délasser. Et il »arrivait que d’autres qui n'étaient point sous sa » conduite, voulant s'opiniâtrer à l'ouvrage, en tom- »baient malades à la mort. Que la bonté de Dreu

Tom. 1. 20

(1) Copie des Mémoires autographes de M.

Olier, t. 1, p.

; » soit bénie à tout jamais des soins particuliers NU PM » qu'elle prend de moi. Elle ne conduirait pas avec W. Olier, tm, » plus de providence et de plus grands soins l'âme

p. 260. » la plus chère du monde (1). »

rticuliers t pas avec oins l'âme

Page 1