Vie du méme, par le P
Giry, partie 1°°, Chap. xu. — Remarques historiques, t. 111, p.
Dissolution de la société de Chartres.
M. Olier et deux autres se réunissent à Vaugirard,
(4) Mém. de H. du Ferrier, p. 153,
» Alors ce bon et adorable Maître me découvrit le » sens de ces paroles de saint Jean : Tout ce que j'ai » est à vous, et tout ce que vous avez est à moi(l); » comme s'il eût voulu me dire : que maintenant » je pouvais être assuré, qu'il regarderait tous mes » intérêts comme les siens, puisque je n'éprouvais » de désir que pour procurer sa gloire (2). I1 me » marquait encore par là l'union de cœur et la liai- » son qui devait être entre nous. Car lorsque je lui » demandais abondance d'amour pour ceux qui » serviraient à son dessein , et que je le priais pour » tous nos Messieurs, qui avaient commencé le sé- » minaire à Chartres; sur l'heure, il me fit connaître » qu'il y en avait plusieurs parmi eux qui n'étaient » pas appelés à ce nouvel emploi, et que la Provi- » dence voulait s'en servir ailleurs. Il me fut même » dit : Pour un tel, je veux m'en servir à autre » chose. C’est celui à qui Dieu faisait connaître mes » misères, à qui moi-mème je les découvrais, et » qui, pour lors, avec raison me jugeait inutile. Or, » il est à remarquer que celui-là, qui est sage ad- » mirablement, ne laissait pas d'empêcher la sim- » plicité, l'union et l'ouverture de cœur que nous » devions pratiquer ensemble, et que depuis nous » avons pratiquée. Et cela s'est trouvé si vrai, que » de lui mème il s'est retiré, pour aller ailleurs où » il fait de grands fruits (3). » .M. Olier parle ici de M. Amelote, que DrEu appelait en effet à une autre œuvre, comme nous dirons dans la suite.
Cependant la petite troupe des compagnons de M. Olier avait déjà quitté Chartres, et presque tous s'étaient retirés à Paris, où chacun vivait séparément (4). Découragés par le mauvais succès de la première tentative, et ne voyant pas d'apparence qu'une seconde hasardée dans un village fût plus heureuse, ils revenaient à l'avis de préférer l'œuvre des missions dont le fruit leur paraissait certain. Lorsque M. Olier fût sorti de sa retraite, ils s'efforcèrent de l'attirer à leur sentiment ; mais les
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assurances que Dieu venait de lui donner, assurances qu'il voyait si conformes aux pressantes sollicitations de M. Picoté, son confesseur, et aux prédictions que lui avait faites autrefois la Mère Agnès, Marie de Valence, le Père Ignace, Carme déchaussé (1) et d'autres grandes âmes , ne lui permirent pas de douter que le moment de travailler enfin à l'œuvre des séminaires ne fût arrivé. Au lieu de se laisser ébranler par les discours de ses confrères, il essaya de relever leur courage, par tous les motifs que sa confiance en Dieu pouvait lui fournir, sans leur découvrir toutefois les faveurs
dont il venait de le combler. « Étant sorti de ma
» retraite, dit-il, et étant venu joindre nos Mes- » sieurs, tous découragés d'avoir vu échouer l'entre- » prise du séminaire de Chartres, je ne pus m'em- » pêcher de les exhorter puissamment à ce nou » veau dessein; et de leur dire que nous n'avions » qu'à commencer avec confiance, et que Dieu, par » sa bonté, nous porterait entre ses bras comme de » petits enfants (2). « Mais les associés de M. Olier n'étant point encore entièrement revenus de l'opinion si désavantageuse qu'ils avaient conçue de lui pendant ses épreuves, ne purent prendre confiance en ses discours. Tous, à l'exception de M de Foixet de M. du Ferrier, se retirèrent, et renoncèrent à former entre eux une société comme auparavant. M. Amelote regardant aussi cette conjoncture comme une occasion naturelle pour effectuer la s‘paration qu'il méditait déjà à Chartres, se retira de son côté, et alla avec quelques-uns de ces Messieurs et d'autres ecclésiastiques en Normandie, pour y prêcher une grande mission * (3).
Sans différer davantage, M. Olier disposa toutes choses pour commencer au plus tôt l'établissement de Vaugirard, et y mit tant de diligence, que la maison se trouva prête dès les premiers jours de janvier 1649 (4). + Avant d'y entrer, il voulut faire
+ M. Olier se retira ainsi à Vaugirard avec ses deux pre-
(1\ Mém. auta-
graphes de M.
Olier, 1, n, p.
(2) Copie des Mém. aut. de M, Olier,t.1,p.